Le film démarre dans l’atmosphère feutrée d’une Angleterre victorienne reconstituée aux aiguilles de l’horloge près. A un background on ne peut plus British, le réalisateur oppose une audace encore plus délectable dans l’évocation plutôt crue de la vie privée de son personnage.
Parfum d’homosexualité, addiction à la cocaïne, et pire, une réputation visiblement usurpée, légende fabriquée de toutes pièces :
Sherlock Holmes n’a plus rien du détective triomphant, lui qui, malgré ses dons de fins stratège, se révèle plus manipulé que manipulateur.
Il faut dire que
Billy Wilder n’a jamais cherché à carasser le public dans le sens du poil. Rien que la connotation lesbienne d’
Assurance Sur La Mort a choqué à l’époque.
Comment le cinéaste a-t-il osé secouer ainsi un mythe de la littérature ? Peut-être l’audace de celui qui n’a plus rien à perdre. Ses derniers films,
Embrasse Moi, Idiot et
La Grande Combine ont été des flops. Or,
Billy Wilder sait que deux échecs successifs valent un arrêt de mort à Hollywood. Il se réfugie en Grande-Bretagne et déterre, avec son compère habituel le scénariste
I.a.l. Diamond, un vieux projet jamais réalisé – tout cela expliquant le parfum morbide qui saupoudre le film.
Cette manière d’insérer des éléments aussi incongrus et décalés dans l’existence intime du célébrissime détective anglais n’est ainsi qu’une manière de préserver la modernité du mythe…