Rencontre avec Sharon StoneVous devez vous voir proposer beaucoup de rôles. En quoi celui-ci différait-il des autres ?
J’ai vraiment aimé le scénario que m’avait fait parvenir mon agent français, David Vatinet, je l’ai trouvé très divertissant. l’histoire est formidable et se passe tout autour du monde, dans des régions que le cinéma n’explore pas souvent, ce qui donne au film un large spectre d’atmosphères, d’ambiances visuelles. J’ai beaucoup aimé travailler avec Jérôme Salle, c’est un vrai leader. il possède un véritable regard et sa vision des choses est remarquable. il a su fédérer autour de lui une équipe extraordinaire.
Comment décririez-vous votre personnage, la procureure Diane Francken ?
C’est un personnage amusant à jouer. elle s’investit intensément afin de résoudre les problèmes qui se présentent à elle. D’un autre côté, elle s’intéresse énormément aux hommes, au point d’en être parfois distraite !
Comment avez-vous préparé votre rôle avec Jérôme Salle ?
Je n’avais pas travaillé depuis un moment. J’ai élevé mes enfants, et consacré beaucoup de temps à la lutte contre le SIDA. Jérôme Salle m’a aidée à retrouver ma confiance en moi en tant qu’actrice, ma gestuelle… il a su se montrer à la fois gentil, prévenant, drôle, mais aussi faire preuve de beaucoup de sérieux et d’une énorme capacité de travail. J’ai beaucoup d’admiration pour lui.
Lorsque, au début du film, on vous voit en robe blanche vous asseoir sur un bureau, et croiser et décroiser les jambes, on ne peut s’empêcher d’y voir un clin d’œil à Basic Instinct… Ce que confirme d’ailleurs Jérôme Salle.
A chaque fois que je croise les jambes, c’est l’affolement général. Je n’y peux rien. J’ai simplement envie de dire une chose : hé, les gars, vous allez vous en remettre un jour ???
Jérôme Salle dit que vous jouez beaucoup avec votre image…
Chaque acteur se sert de son corps, de son esprit. après tant d’années passées sur les plateaux et à l’écran, je sais ce qui, chez moi, peut provoquer certains effets. alors bien sûr, j’en joue pour interpréter un rôle, mais je dois aussi y faire attention. certaines choses sont profondément ancrées dans l’esprit des gens…
Comment se sont passées les choses avec Tomer Sisley ?
Tomer est vraiment drôle. il est très disponible, charmant et ouvert. il parle plusieurs langues couramment, se montre très généreux de son temps et serviable. J’ai adoré le temps passé avec lui.
Et avec Laurent Terzieff ?
C’est un grand acteur. J’ai été extrêmement honorée de travailler avec lui ; c’était un véritable gentleman. il travaillait si dur, et avec une telle force et une telle intensité ! Nous avons tous adoré l’avoir avec nous sur le plateau.
Avez-vous senti une différence de sensibilité culturelle entre Jérôme Salle et les précédents réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé ?
Chaque réalisateur, chaque créateur a sa propre vision, et l’exprime à sa manière. Leur pays d’origine, leur enfance, leurs expériences de vie… tout a une influence. Bien sûr, je ne parlais pas la même langue que tout le monde, et cela pouvait être aussi amusant que frustrant. cela nous a rapprochés, et nous a rendus plus créatifs. J’adore venir travailler sur un plateau où l’on peut entendre parler plusieurs langues. J’avais un faible pour nos pauses déjeuners, j’avais l’impression d’un grand repas de famille. Nous mangions tous ensemble, et cela nous a soudés. La somme de toutes nos différences peut donner naissance à un grand succès. c’est, je pense, ce que nous avons réussi à faire avec ce film. Je suis vraiment honorée d’avoir pu y participer. et j’insiste : si les choses se sont si bien passées, c’est aussi parce que nous avons eu un formidable réalisateur, qui a su tirer le meilleur de chacun de nous avec un solide sens de l’humour et des priorités. Sur le tournage de Largo Winch 230 novembre 2009 - Largo Winch 2 : la machine est lancée
L’annonce avait été faite avant la sortie de Largo Winch, mais avec le succès de ce dernier, l’attente n’a fait qu’augmenter, d’autant qu’aucune précision n’avait été apportée. Maintenant, on peut le formuler plus officiellement : la suite des aventures du jeune milliardaire aventurier est bel et bien en préparation. Plus de détails ? Il suffisait de demander… Une Nouvelle AventureLorsque Largo Winch sort dans nos salles, le 17 décembre 2008, Largo Winch 2 est déjà en
gestation. « c’est Nathalie Gastaldo, la productrice, qui a lancé l’idée d’un deuxième film, explique Jérôme Salle. Julien Rappeneau et moi en avons parlé, commencé à imaginer une histoire qui nous a plu, et surtout nous avons trouvé l’envie. Écrire un film, c’est un long processus. l’envie est primordiale. Mais c’est après le tournage et surtout après la sortie du premier Largo Winch qu’on a écrit la majorité de Largo Winch 2. » « lorsque la question s’est posée, j’ai relu les albums, poursuit Julien Rappeneau. Nous avions la volonté de bâtir un scénario qui s’inspirerait de l’univers de Largo Winch, mais qui serait une histoire originale. Notamment, parce qu’en tant que spectateur, j’aime être surpris par l’adaptation d’une œuvre que je connais, être confronté à une histoire différente. Ça participe à mon plaisir de spectateur, et c’est ce que Jérôme et moi avions envie d’offrir. le tout est de rester fidèle à l’esprit, au rythme et au ton de la bande-dessinée et du premier film. » La Réussite à tout Prix ? Pour écrire le scénario de ce deuxième Largo Winch, le duo s’appuie sur deux albums de
la saga Largo Winch : La Forteresse de Makiling et L’Heure du tigre, tous deux se déroulant en Birmanie. « Mais nous nous en sommes éloignés petit à petit, et il en reste très peu de choses », confie Jérôme Salle, avant de poursuivre : « De toute façon, je trouvais plus intéressant d’écrire une histoire originale. » Julien Rappeneau justifie le choix de ces albums : « Dans la série de BD, il est évoqué que largo a vécu un temps en asie, à l’époque où il était une sorte de routard. Dans les rencontres qu’il avait pu faire à ce moment-là quelque chose stimulait notre imaginaire. et puis, cette région est intéressante d’un point de vue géopolitique. les ;compromissions ou les liens que des grands groupes peuvent entretenir avec des régimes dictatoriaux, comme celui au pouvoir en Birmanie, est un thème que nous voulions aborder. Dès le départ, on a imaginé que largo puisse avoir affaire à quelque chose liée à ce que son père aurait pu faire dans le passé. une "mauvaise action". Pour ensuite s’intéresser à la manière dont largo va se positionner par rapport à ça. » car si Largo Winch se veut un pur film d’aventure, il n’en manque pas moins de thèmes forts. celui du déracinement, des relations père-fils, mais aussi de la réussite et de ce qu’elle implique. « c’est la question du film » poursuit Julien Rappeneau : « Peut-on réussir dans le monde des affaires sans être forcément mouillé dans des choses plus ou moins répréhensibles, voire même moralement condamnables ? largo, au début, décide de vendre le groupe parce qu’il pense qu’il a mieux à faire de cette fortune. » Même sentiment pour Jérôme Salle. « De la même manière que James Bond est un héros issu de la guerre froide, largo Winch est le produit du capitalisme triomphant. Donc en lui-même, le personnage recèle cette question morale. Peut-on diriger des centaines de milliers de personnes sans se comporter de manière immorale, sans faire le Mal à un moment donné ? c’est une vraie question. Dans le film, elle est posée par rapport au père, qui est le bâtisseur de cet empire… Le TournageComme dans Largo Winch premier du nom, Tomer Sisley incarne l’héritier du groupe W. Jérôme Salle leur trouve de nombreux points communs « Dans certains traits de caractère, dans certains doutes… il a une forme de fragilité. Ça procure à Tomer de vraies bases sur lesquelles s’appuyer pour jouer ce personnage. » en outre, le comédien a évolué. « en tant qu’être humain, notamment », note le réalisateur. « il a eu un enfant, il a gagné en maturité et je pense aussi qu’il a moins de choses à prouver. Dans le premier, il y avait un manque de légitimité difficile à vivre pour lui. Donc il devait en permanence prouver à l’équipe, au spectateur et à lui-même qu’il avait le droit de jouer largo. Plus maintenant. ce qui lui donne donc une plus grande confiance en lui – dans le bon sens du terme – et une plus grande liberté. en plus, le personnage, tel qu’il est écrit dans cette suite, lui donne un peu plus de possibilités de jeu. » Pour autant, son comportement sur le plateau ne s’en trouve pas changé. « il a toujours été parfait, il adore être là, même quand il ne tourne pas, témoigne Jérôme Salle. Parfois, c’est même moi qui ai du le mettre en dehors du plateau car il déconcentrait les gens ! » Un Tournage très physiqueL’aventure a donc commencé le 18 janvier 2010 à Mae Hong son, au nord de la Thaïlande. Avec d’entrée une scène de cascade pour Tomer Sisley. l’une des nombreuses séquences de bravoure qui ponctuent le film, et qui lui confèrent cette dynamique et cet aspect ludique souhaité par Jérôme Salle. car sous sa direction, largo Winch va tout vivre : chute libre, course-poursuite, bagarre… rien ne lui sera épargné. Pas plus qu’à Tomer Sisley, qui effectue lui-même l’intégralité de ses cascades. Chute libre comprise. si le comédien est un sportif aguerri, cinq mois de tournage intensifs nécessitent un minimum – ou plutôt un maximum – de préparation physique. « la préparation physique a été violente pour moi, se souvient l’interprète de largo Winch. car le lendemain du dernier jour de tournage du premier film, j’ai eu un accident de ski et il a fallu relancer la machine. avant de pouvoir refaire des cascades, j’ai donc du beaucoup m’entraîner. environ 4 à 5 fois par semaine, avec beaucoup de musculation et d’autres sports, comme du grappling (forme de lutte, Ndlr), par exemple. surtout pour bouger et transpirer. chaque séance durait entre 2 et 3 heures. Depuis un certain nombre d’années, je pratique le sport à un bon niveau, et je sais donc à peu près ce qu’il faut faire. Le MusiqueComme pour le premier Largo Winch, Jérôme Salle a fait appel à Alexandre Desplat pour composer la musique. « il y a eu une évolution sur la musique en termes d’action, explique Jérôme Salle. Le film en comporte plus, donc il génère une musique qui est plus ample. Je pense d’ailleurs que son écriture, sans doute à force de travailler sur des gros films américains, a pris de l’ampleur, de la puissance et de la précision depuis le premier Largo Winch. et on a ajouté de l’émotion, aussi. Notamment un nouveau très beau thème qu’on utilise souvent dans le film et qui illustre l’histoire d’amour. » concrètement, cela se manifeste par l’utilisation pour certains motifs d’instruments asiatiques. a commencer par une petite flûte dont Alexandre Desplat, expert de cet instrument, a lui-même joué. Rencontre avec Tomer SisleyComment se sont passées les retrouvailles avec Largo Winch ?
Le premier Largo Winch a été un cadeau du ciel. Quelque chose de rare dans une carrière d’acteur. Deux ans et demi se sont écoulés entre les deux tournages, pendant lesquels je n’ai rien fait. J’ai juste terminé la tournée de stand-up que j’avais décalé pour pouvoir faire Largo Winch. On m’a proposé beaucoup de scénarios, mais aucun projet ne m’a fait vibrer. résultat : mon premier tournage après Largo Winch, c’est… Largo Winch 2 ! J’en attendais donc beaucoup. et je n’ai pas été déçu. J’avais énormément envie de faire mieux. J’étais très critique envers le premier film, même si je le trouve très réussi ; mais, un peu à l’image de Jérôme, il y a plein de choses pour lesquelles je me suis dit « Ça, j’aurais pu le faire autrement. » J’étais donc impatient de pouvoir faire ce deuxième film. |
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