Notes de Prod. : Layer cake

    en DVD le 25 Janvier 2006
NIVEAU UN

Matthew Vaughn, le réalisateur, explique : « Le titre de ce film, Layer Cake, fait référence à un gâteau fait de plusieurs couches différentes. C'est une métaphore des différents niveaux de la société britannique, dans le secteur criminel comme dans les autres. Vous naissez au pied du gâteau, vous en prenez plein la tête toute votre vie. Peu à peu, vous pouvez monter, de couche en couche, pour passer à des étages où la vie est moins lourde. Le but reste d'atteindre le sommet, vous vivez alors dans un nuage de crème au-dessus des autres. »
Il poursuit : « Le film montre à quel point la drogue est partout : qui que vous soyez, quoi que vous fassiez, vous n'êtes jamais loin de la drogue, d'un consommateur ou d'un revendeur impliqué avec des criminels. »
Matthew Vaughn a rencontré le scénariste de LAYER CAKE, J. J. Connolly, dans un train alors qu'il se rendait en Belgique. Il raconte : « J'étais parti assister au match de foot Angleterre contre Allemagne pendant l'Euro 2000. J'étais assis à côté d'un type. On a commencé à parler. Je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie, il m'a répondu qu'il écrivait. »
De retour en Angleterre, Matthew Vaughn s'est procuré un exemplaire du livre de Connolly. « Je l'ai trouvé brillant et passionnant, je l'ai lu d'une traite. Après, j'ai revu John et je lui ai dit : « Tu sais, on ne peut pas laisser quelqu'un d'autre faire un film de ton livre, c'est trop génial. »
J. J. Connolly explique : « L'idée de mon livre m'est venue en voyant tant de gens se tromper sur la nature des criminels. Considérer les businessmen du crime comme des idiots, penser que les criminels ne sont pas intelligents, c'est la première erreur et la plus importante de toutes.
« J'ai écrit une nouvelle dont le héros n'avait pas de nom, et la nouvelle s'est étoffée jusqu'à devenir un livre, « Layer Cake ». Quand j'ai commencé à parler du sujet autour de moi, les gens se sont mis à me raconter des choses, à me confier leurs expériences, me confirmant ainsi que j'étais dans le vrai.
« J'ai commencé par un scénario de 400 pages, une transcription plus ou moins complète du livre, assez longue pour faire un film de sept heures ! Le processus a été long et laborieux, mais à partir de ces 400 pages, Matt, les producteurs Dave Reid et Adam Bohling et moi-même avons pu « sculpter » le scénario que nous voulions. »
Le scénariste précise : « Je ne cherchais pas à ce que le film transcrive le livre dans les moindres détails. C'est une adaptation. Je pense que si un écrivain n'accepte pas de voir son œuvre modifiée en changeant de média, alors il vaut mieux qu'il refuse tout de suite d'en vendre les droits ! »
Le producteur Dave Reid précise : « Il y a une grande différence entre le livre et le scénario. Nous avons beaucoup enlevé, condensé et aggloméré des choses. Pour nous, il était important d'adopter une approche différente des deux précédents films que nous avions faits ensemble, ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE et SNATCH. »

NIVEAU DEUX

Trouver l'acteur idéal était une étape d'autant plus difficile que le héros n'a ni nom, ni parcours sur lequel s'appuyer.
Adam Bohling explique : « On n'apprend jamais son nom. Nous l'avons baptisé XXXX parce que c'est ainsi qu'il était désigné dans le scénario. Il dirige une agence de location - c'est sa couverture - il doit donc fréquenter les belles maisons, se tenir au courant des bonnes affaires et beaucoup se déplacer. C'est un type anonyme mais on se sent attiré par lui. Il est intelligent, il a du charisme, et à la fin du film, on ne réalise pas vraiment que son nom n'a jamais été mentionné. »
Matthew Vaughn ajoute : « C'est un personnage difficile à jouer pour un acteur. XXXX est comme un joueur de poker. Peu importe ce qui se passe autour de lui, on ne sait jamais ce qu'il pense, ce qui signifie qu'il fallait un acteur excellent et très subtil pour le jouer. »
J. J. Connolly ajoute : « Beaucoup de bons acteurs voulaient le rôle, mais quand le nom de Daniel Craig a été mentionné, ça a été l'étincelle. Nous voulions un personnage à l'opposé du type boute en train, qui plaisante et essaie de se la jouer cool pendant tout le film. Il fallait un acteur prêt à plonger au cœur des émotions, au plus profond des sentiments, sans garde-fou. C'est un film sur les dilemmes et sur le fait qu'il faut parfois prendre des décisions difficiles. »
Daniel Craig est connu pour ses rôles dans des films britanniques plébiscités comme SYLVIA ou THE MOTHER et pour ses seconds rôles remarqués dans les blocksbusters de Hollywood tels LES SENTIERS DE LA PERDITION ou LARA CROFT, TOMB RAIDER. Il a apporté à son rôle le juste mélange de charisme et d'esprit.
Matthew Vaughn raconte : « Quand j'ai rencontré Daniel, ce qu'il voulait faire dans ce film correspondait exactement à ce que je recherchais, et ses réserves sur sa capacité à interpréter le rôle étaient les mêmes que les miennes quant à la réalisation. Je n'avais pas envie de faire un autre ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE ni un autre SNATCH, je voulais un film qui, même s'il est dans la même veine, soit complètement différent, et Daniel était de mon avis. »
J. J. Connolly observe : « Daniel a joué le héros comme un de ces personnages des films de Clint Eastwood. Pas de nom, pas de passé, pas d'indice sur l'endroit d'où il vient. Cela lui a demandé beaucoup de courage, parce qu'un acteur cherche en général à en savoir le plus possible sur son personnage. Daniel l'a joué sans s'encombrer de tout cela. »
Daniel Craig explique : « Le héros m'est apparu comme un type ordinaire faisant un job pas ordinaire du tout. La vieille perception des criminels et des trafiquants de drogue a fait son temps, cela ne correspond plus du tout à la manière dont marche le business de la drogue aujourd'hui. Ces gens font du commerce de la même manière que les autres. Ils ressemblent à des courtiers en bourse. Ils parlent de la même façon. Il se trouve que leur marchandise est de la cocaïne, mais aux yeux de mon personnage, ce n'est pas pire que de vendre des actions à la City. »

NIVEAU TROIS

Les extérieurs de LAYER CAKE ont été tournés en Hollande et à Londres. Les intérieurs ont été filmés aux studios de Twickenham.
Adam Bohling commente : « Le tournage a été dense - six semaines et demie en extérieurs, trois et demie en studio. Dans chaque domaine, que ce soit la photo aérienne ou les prises de vues en extérieurs, nous avons repoussé nos limites, parce que nous connaissions l'équipe technique et savions que c'était possible d'obtenir quelque chose de vraiment géant. Nous savions qu'ils en étaient capables. »
Daniel Craig n'éprouvait aucune crainte à l'idée de travailler avec un réalisateur débutant comme Matthew. « Il n'y a eu aucun problème, raconte-t-il. Matthew était avide d'apprendre et il s'est entouré des meilleurs techniciens, d'une équipe formidable et de très bons acteurs qui savaient ce qu'ils faisaient. C'est le signe d'un bon réalisateur. C'est un don pour un metteur en scène de savoir s'entourer, déléguer et de laisser les gens essayer des choses. Matthew fait cela à la perfection, je suppose en partie parce qu'il est aussi un excellent producteur. »
Matthew Vaughn confie : « Daniel et moi avons eu quelques difficultés le premier jour. J'avais beaucoup observé Guy Ritchie quand il dirigeait ses acteurs, et Guy est extrêmement précis et exigeant sur la manière dont ils doivent dire leurs répliques, à un point tel qu'il leur dit quand faire des pauses, à quel rythme parler… Daniel m'a dit mes quatre vérités, et je pense que c'était normal. C'est mon seul faux pas. »
Daniel Craig raconte : « Après, ça a marché à la perfection. Matthew me demandait ce qu'il souhaitait sans être trop directif. Il n'est pas orgueilleux. Il me posait des questions et si je le voyais faire des erreurs avec un acteur, j'allais le lui dire. Il était friand de ça. Il n'avait aucun ego là-dessus. »
Matthew Vaughn confie : « Il n'y a rien de tel que de travailler avec les gens qu'on connaît bien. Quand vous faites un film, vous passez énormément de temps avec l'équipe, ce sont des heures intensives, éprouvantes, et quand je peux, je préfère m'entourer d'amis. Ben Davis, le directeur de la photo, était un nouveau dans mon cercle, mais il a fait un travail fabuleux. Je peux dire sans me tromper que c'est l'un des meilleurs directeurs de la photo d'Angleterre.
« Il m'a beaucoup aidé. D'autres directeurs de la photo à sa place m'auraient jeté de la poudre aux yeux. Pas lui. Quand je lui posais une question, il répondait de manière à ce que je puisse comprendre, et si j'avais une idée un peu bizarre, il faisait ce que je lui demandais, sans rien remettre en question. Travailler avec lui a été une joie. Il travaille dur et il a beaucoup de talent. »

NIVEAU QUATRE

Le tournage s'est déroulé dans des lieux aussi différents qu'un gratte-ciel de Canary Wharf ou les rives de la Tamise, mais les plus grandes difficultés se sont présentées en studio.
Adam Bohling raconte : « Nous étions heureux d'arriver en studio parce que nous pensions que ce serait plus simple que les prises de vues en extérieurs, mais quand nous nous sommes retrouvés dans les studios, nous avons dû affronter les températures les plus élevées qu'ait connues l'Angleterre, sur un plateau sans air conditionné… Les maquilleurs ont vécu un enfer pendant plusieurs jours. »

En deux semaines de temps, LAYER CAKE a été filmé sur 20 décors différents.
« Le directeur artistique de Twickenham a fait un boulot fantastique, souligne Adam Bohling. Nous avions des décors qui montaient et qui descendaient. Nous avions trois équipes en même temps, c'était à s'arracher les cheveux. Colm courait d'un plateau à l'autre pour essayer de finir tout à temps. »
Dave Reid raconte : « Même dans les scènes où il ne fallait qu'un petit décor, nous avons décidé de tout construire, pour donner au chef décorateur et au directeur de la photo un contrôle absolu. Nous préférions cela plutôt que de leur désigner un lieu de tournage existant sur lequel il y aurait forcément eu des contraintes, comme de devoir absolument conserver le papier peint d'origine ou ce genre de chose. De telles restrictions peuvent être limitatives et très frustrantes pour des directeurs photo et des décorateurs.
« Ils devaient être libres de créer l'intégralité de l'univers visuel. Kave Quinn, qui a créé les décor de TRAINSPOTTING et de UNE VIE MOINS ORDINAIRE, a commencé à travailler dessus très en amont. »
J. J. Connolly précise : « J'aime beaucoup le style visuel du film. Ça a l'air grand et coûteux ! Londres devient un autre personnage, avec ses coins et recoins, les quartiers aisés et la misère, les hôtels chics et les chantiers de construction navale, le squat de Kings Cross et la bibliothèque privée, le night-club branché et le café crasseux, le trottoir et les appartements de luxe… Les contrastes n'ont jamais été aussi loin. »

Après cette première expérience de réalisation, Matthew Vaughn cherche déjà un nouveau projet de film. « J'ai très envie de réaliser à nouveau ! confie-t-il. Je continuerai à produire, mais pas comme je le faisais avant. Je monterai le projet, je trouverai le financement, le scénario, j'engagerai un réalisateur… mais je veux garder de l'énergie pour réaliser ! »
Daniel Craig conclut : « C'est sûr, Matthew Vaughn a pris goût à la réalisation ! »