Qu'est-ce qui a déclenché ton projet de film Le Bal Des Chattes Sauvages ?
Je connaissais déjà depuis 30 ans Liva Tresch qui a photographié le milieu homosexuel de Zurich dans les années 50 et 60. Comme j'étais au chômage il y a cinq ans, j'avais beaucoup de temps pour réfléchir - et j'ai téléphoné à Liva, pour savoir comment elle allait et lui proposer un article ou une petite exposition autour de ses photos… Elle m'a dit qu'elle était en train de jeter ses archives. Parce que - comme elle me disait - c'était devenu une galerie de morts, les gens (surtout les hommes) étaient morts depuis. Alors j'ai réalisé que les femmes n'ont pas tellement conscience de l'importance de leur vie et de leurs souvenirs, surtout les femmes lesbiennes qui ont vécu longtemps en cachette. J'ai commencé des recherches et je me suis rendu compte qu'en Suisse, il n'existe presque rien sur les femmes qui aimaient les femmes, à part un petit livre sur les associations de femmes dans les années 30. J'ai commencé à mener des enquêtes, d'abord dans le milieu artistique de Berne où vivait la célèbre artiste surréaliste Meret Oppenheim (qui aimait aussi les femmes). Avec mes premières recherches, j'ai contacté la productrice
Valerie Fischer à Zurich. Elle s'est alors montrée courageuse et m'a aidé à monter un dossier pour un film documentaire.