Sur le tournage du Bruit des glaçons22 septembre 2009 - Dujardin chez Blier
Si Jean Dujardin a déjà largement réussi à faire ses preuves en tant qu’acteur, jouant à merveille des rôles aussi hétéroclites que Brice de Nice, Loulou, Oss 117 ou Octave dans 99 F, il va bientôt marquer une nouvelle étape dans sa belle carrière : Arte France Cinéma vient d’annoncer le lancement de quatre nouveaux projets de coproduction, parmi lesquels Le Bruit Des Glaçons, un film réalisé par Bertrand Blier avec, dans le rôle-titre, Jean Dujardin.
Celui que l’on attend avec impatience dans Lucky Luke en salles le 21 Octobre incarnera un écrivain alcoolique qui reçoit la visite de son cancer, incarné par Albert Dupontel. Le Bruit des glaçons : Note d'intention« J’ai une note d’intention valable pour tous mes films : faire rire, faire peur, vous emmener dans des coins sombres, faire « hou » dans la nuque des filles, parler de choses très graves en adoptant le point de vue du cancre, celui qui ne comprend rien à la vie, là c’est un écrivain qui Entretien avec le réalisateur du Bruit des glaçons, Bertrand BlierEncore un film « risqué » …
Je ne sais pas faire autrement. A quoi sert-il de faire des films si on ne prend pas de risques ? Autant changer de métier, non ?
Il n’est pourtant pas si courant de traiter du tabou du cancer sans pincettes…
Je crois avoir fait beaucoup de films plus risqués que le Bruit des glaçons. L’idée en est simple. Parler du cancer aujourd’hui, c’est une conversation qu’on a tous, car on y est tous confronté. La seule chose à faire, c’est de se battre et de bien se soigner, je le dis à tous mes copains, fort de mon expérience. Il y a très peu de cancers qu’on ne puisse soigner si on les prend à temps. Je suis très optimiste sur les questions d’espérance de vie, il suffit de regarder les statistiques. Entretien avec Jean Dujardin, à propos du Bruit des glaçonsVous attendiez-vous à la proposition de Bertrand pour ce rôle ?
Il a d’abord voulu me rencontrer, me renifler pour savoir qui j’étais. Moi, ça n’est pas mon truc d’aller voir un metteur en scène pour lui dire : je veux travailler avec vous. Si quelqu’un a besoin de vous, il vient vous voir. On a tout de suite compris qu’on avait des choses à faire ensemble, sans très bien savoir ni quand ni comment. Ce qui m’a décidé, ce sont les vingt pages qu’il m’a donné à lire. Ca lui ressemblait, c’était singulier et absurde, angoissant et émouvant, très gonflé en un mot. Lui-même y croyait très fort, il sentait qu’il tenait quelque chose de neuf. Peut-être bien un film d’amour et d’espoir, plutôt qu’une comédie grinçante sur le cancer qui pourrait ne pas être drôle du tout. Vous imaginez la bande-annonce : « Vous avez 60 piges, vous avez le cancer, ce film est pour vous ! » Moyen, comme accroche. En fait, Bertrand casse les conventions du cinéma comme un vieux sale gosse. Il est là pour déranger, mais avec élégance. Entretien avec Albert Dupontel, à propos du Bruit des glaçonsLe cinéma de Bertrand Blier vous est-il familier ?
Blier est un des rares cinéastes français qui m’ait donné l’envie de faire des films. Car il est au carrefour de la poésie, la poésie du cinéma, et d’une certaine efficacité comique. On pourrait dire qu’il est un David Lynch français, mais en plus drôle ! Je pense avoir vu à peu près tous ses films, je connais même les dialogues de certains d’entre eux par cœur. Je garde par exemple un souvenir ému de Buffet froid, Tenue de soirée, Trop belle pour toi ou Merci la vie. Tant d’invention me fascine et m’impressionne, comme me fascinent et m’impressionnent les frères Coen ou Terry Gilliam. Il me semble que le Bruit des glaçons est le meilleur scénario de Bertrand depuis longtemps. Il a retrouvé avec ce film ce qui est au cœur de son cinéma, un imaginaire en fusion et, mine de rien, le sens de la fable métaphysique. Aux films narratifs, comme les Valseuses ou Préparez vos mouchoirs, ont succédé des œuvres plus abstraites et plus risquées qui ne caressent pas dans le sens du poil. Il est difficile de rester sincère quand le succès vous rattrape. Lui, a continué à se renouveler. Ne pas le faire, c’est piétiner. Cet homme-là ne fait pas du sur-place. Entretien avec Anne Alvaro, à propos du Bruit des glaçonsQuel rapport aviez-vous avec Bertrand avant ce tournage ?
Il se trouve que ce n’est pas la première fois qu’il veut travailler avec moi. Il m’avait proposé précédemment deux scénarios qu’il n’a pas tournés. J’ai lu le Bruit des glaçons comme une nouvelle, c’était un pur régal. Bertrand n’avait pas écrit le rôle de Louisa pour moi, mais je l’ai reconnue néanmoins comme un personnage qui venait à moi à point nommé. C’est une impression qu’on n’éprouve pas très souvent, qui vous porte et vous emporte. Je l’ai tout de suite beaucoup aimée, cette Louisa dont Bertrand m’a à la fois très bien et très peu parlé. L’image de la mère, l’image de l’amante. La bonté et la douleur de quelqu’un qui ne s’extériorise pas. Ensuite pour des questions de dates, j’ai eu très peur de ne pas pouvoir faire le film, et je l’aurais affreusement mal vécu. Mais, une parenthèse de théâtre a rendu la chose possible. |
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