Steven Spielberg l’appelait assez justement « le Shakespeare des temps modernes ». cette très fidèle transposition de
McBeth de Shakespeare dans le Japon médiéval se révèle une véritable splendeur artistique. Kurosawa réussit pourtant à être tout à la fois fidèle et très libre par rapport à la pièce de Shakespeare. Nipponisation oblige, il change ainsi l’époque (du 11ème au 14ème siècle), les noms et les lieux et se sert surtout des codes très reconnaissables du théâtre Nô, qui surlignent encore le climat obsessionnel du film, à la limite du fantastique.
A la fois fidèle à la lettre et profondément Japonais, ce
Château de l’araignée illustre la force d’inspiration d’un réalisateur majeur de l’histoire du cinéma. Kurosawa mit cependant plus d’un an pour réaliser ce film, pour lequel il fit construire un château sur les pentes du mont Fuji. La critique le jugea pourtant trop grand-guignolesque à l’époque, et le film fut un échec. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. Une trentaine d’années plus tard,
Akira Kurosawa transposera cette fois
Le roi Lear, autre fameuse pièce de Shakespeare, au temps des samouraïs, avec
Ran.