Le coeur des hommes 2
Genre : Comedie - Durée : 1H55 mn
Sortie en salles le 24 Octobre 2007 - en VOD/DVD le 11 Juin 2008
Presse
Spectateurs

Entretien avec Marc Esposito

Petite demande amicale à mes anciens confrères journalistes

Depuis un an, toutes les personnes que je rencontre me parlent du Coeur Des Hommes et de sa suite. Mais dès que j’ouvre la bouche, on me coupe systématiquement : «Non, non, ne me raconte(z) rien !» J’espère que vos articles respecteront cette envie de ceux qui ont aimé le premier Coeur Des Hommes de découvrir sur grand écran ce qui arrive à nos quatre amis, qu’ils ne dévoileront pas les ressorts dramatiques de cette suite. Mille mercis d’avance. M.E.



Quand avez-vous eu, pour la toute première fois, l’idée de faire une suite du Coeur Des Hommes ?
M.E. - Quand j’en étais à la page 3 du scénario du 1 ! Autrement dit, tout de suite ! J’ai eu immédiatement le sentiment en racontant l’histoire de ces quatre personnages qu’un seul film ne suffirait pas. Lorsque j’ai donné la première version du scénario à lire à mon producteur , je lui ai dit en riant que si ça marchait, on pourrait en faire deux ou trois, et même une série télé. Il faut dire que j’étais en train de regarder toutes les saisons de Friends. Ça a dû jouer. Même au niveau de l’écriture. C’est comme si j’avais voulu, sans forcément en être conscient, trouver une sorte d’équivalent cinéma, et adulte. C’est drôle d’ailleurs comme à la sortie du 1, beaucoup de gens ont évoqué les films de Sautet ou d’Yves Robert, et jamais Friends...


Peut-être parce que dans Friends les filles sont aussi importantes que les garçons alors que là tout tourne autour des hommes...
M.E. - C’est vrai. Enfin il y a bien d’autres différences... J’avais donc envie du 2 avant le tournage du 1. Et encore plus après ! On avait tous très envie de se retrouver, on en avait parlé. Comme Toute La Beauté Du Monde a été repoussé, je me suis retrouvé avec du temps, j’ai commencé à écrire le 2. C’est venu très vite.

Saviez-vous déjà de quelle manière allaient évoluer les personnages ?
M.E. - Oui. Je savais dès le début qu’Alex [] se ferait gauler de cette façon-là, par le patron de Nanou [] qui mettrait un détective privé sur le coup, je ne voulais pas que ce soit elle qui le découvre. Je savais que Jeff [] et Elsa [] seraient encore ensemble. Je voulais qu’ils soient le couple sans problème du film, alors que tout le monde pensait que, forcément un «vieux» avec une jeune, ça ne pouvait pas durer. Je savais qu’Antoine [] ne serait plus avec Lili [] parce que ce retour lui avait été un peu imposé et que ça ne pouvait pas bien se recoller. Je savais que si je faisais le 2, je trouverai une idée pour que ait une histoire avec lui. Et dès que j’ai rencontré , la compagne de Jean-Pierre [Darroussin], j’ai eu envie qu’elle ait une histoire avec lui dans le 2... Tout était très précis dans ma tête !

Sauf qu’entre temps, les personnages avaient été incarnés par des acteurs qui s’étaient appropriés ces personnages. Cela a-t-il infléchi votre manière d’écrire ?
M.E. - Beaucoup, oui. Dans la première version, je pouvais échanger plein de répliques entre les personnages. Là, comme j’avais en tête le visage, la voix des acteurs et la référence du 1 que j’ai beaucoup vu, c’était plus dur. Quand, par exemple, au fil des dialogues j’écrivais «Antoine», c’était la tête de qui arrivait, la phrase qui me venait ne pouvait donc pas être la même que celle qui me serait venue si j’avais écrit «Jeff» ! J’ai quand même avancé assez facilement, d’autant qu’ils n’ont pas des manières très différentes de parler. Et puis, je savais aussi ce qu’ils aimaient et ce qu’ils faisaient le mieux. Donc, avant d’attaquer le tournage de Toute La Beauté Du Monde, j’ai écrit les 30 premières pages de la deuxième version pour voir s’ils étaient d’accord sur le canevas que je leur proposais. Les quatre ont dit oui. C’était parti ! Ensuite, comme à mon habitude, j’ai fait beaucoup de versions.

Et qu’est-ce qui était plus difficile par rapport au premier ?
M.E. - Rien. Le plus dur pour moi, c’est toujours de choisir. Parce que j’écris beaucoup. C’est toujours trop long. Il faut donc ensuite que je raccourcisse, que je rééquilibre... D’ailleurs je pense que c’est l’un des points où j’ai le plus vu les progrès que j’ai faits. Dans le 1, beaucoup de scènes ont sauté au montage. Alors que là, il y en a eu très peu. Le scénario était beaucoup plus verrouillé.

On a le sentiment que le rôle des femmes et des enfants s’est étoffé par rapport au 1...
M.E. - Sans doute. Les enfants, c’est sûr. Et comme j’avais aussi le désir de reprendre absolument tous les acteurs, même des petits rôles - je suis très superstitieux et je me disais qu’après tout, on ne savait pas lequel nous avait porté chance ! - il fallait bien qu’ils aient des choses à faire ! Et puis, je savais qu’à partir du moment où le 2 se faisait, ça allait être, pour tous les jeunes acteurs, une vraie déception s’ils n’en étaient pas. Ils pouvaient même le prendre comme une sanction. Je ne voulais pas ça, donc j’ai réfléchi à ce qui pouvait bien leur arriver. En même temps, c’était tellement bien en place dans ma tête que ça s’est fait facilement.

Aucun des quatre héros n’a été surpris de l’histoire que vous leur aviez inventée ?
M.E. - Non, mais je le leur avais dit au fur et à mesure. Celui qui a peut-être le plus évolué en cours d’écriture, c’est Jeff. Il y avait plus de moments où il râlait, son personnage était trop juste «un mec que ça embête de vieillir» J’ai bien vu quand on en a discuté avec Gérard que, même s’il était emballé par l’ensemble, cette idée-là ne lui plaisait pas beaucoup, et il avait raison.

Mais par exemple, n’avez-vous pas hésité à faire tomber amoureux Manu () d’une autre femme au risque de décevoir le public ?
M.E. - Non, parce que, dans ma tête, quand j’ai écrit et tourné le 1, j’étais sûr que dans le 2, Manu ne serait plus avec Juliette. C’était quand même un couple improbable. Sauf que Florence [Thomassin] a su rendre Juliette indispensable... Et comme, en même temps, j’avais fait la connaissance de Valérie [Stroh] qui était souvent avec nous, et que je trouve bonne actrice, j’avais envie qu’elle fasse partie de la bande mais je ne la voyais pas embrasser un autre garçon que Jean-Pierre ! Du coup, ce canevas-là s’est imposé et il me permettait en plus d’être en opposition avec celui du personnage de . Il y en a une qui quitte tout tout de suite, et l’autre qui ne quitte personne... Je savais que cette évolution du personnage de Manu surprendrait les gens et même que, probablement, ils ne vont pas aimer ça au début, mais j’espère que l’histoire et les acteurs vont inverser ce sentiment et qu’à la fin, ils les aimeront toutes les deux !

Et qu’est-ce qui vous a fait penser à ?
M.E. - J’étais proche d’elle dans ses années de gloire, je me disais que cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vue et je trouvais ça dommage, car c’est une très bonne actrice. J’aimais bien l’idée qu’il y ait une tête nouvelle dans ce deuxième épisode, mais que ce soit quelqu’un qui ait un background et qu’on soit content de revoir. C’est un plus, je trouve, que ce soit elle.

De la même manière que les quatre acteurs ont infléchi l’écriture, est-ce que les actrices ont inspiré certaines scènes ? Auriez-vous par exemple écrit la scène des gifles si vous n’aviez pas su que c’était qui allait la jouer ?
M.E. - Je crois que oui, mais en même temps, je savais qu’elle prendrait beaucoup de plaisir à la jouer ! Et qu’elle serait formidable. Parce qu’il y a chez elle une authenticité, une sincérité qui fait que toutes ses réactions paraissent évidentes...

Avant le tournage, avez-vous regardé tous ensemble, au moins avec les quatre hommes, Le Coeur Des Hommes 1 ?
M.E. - Non. Moi, je l’ai beaucoup, beaucoup regardé et j’ai conseillé à tous d’en faire autant. Je ne suis pas sûr qu’ils l’aient fait ! Je parierais même le contraire ! (rires) Mais on a d’abord fait des lectures, les quatre garçons et moi, pendant lesquelles on a lu tout le scénario, chacun faisant les autres personnages à tour de rôle. Et après, j’ai fait des lectures couple par couple, où là on n’a lu que les scènes de couple.

En quoi diriez-vous que les rapports des quatre acteurs entre eux étaient différents du 1 ?
M.E. - Ils sont devenus amis. Je dirais même que, pendant le temps du tournage, ils étaient plus amis entre eux, chacun avec chacun des trois autres, qu’avec moi. Et c’est normal puisqu’ils passaient énormément de temps ensemble. Ca n’avait rien à voir avec le 1 où c’est moi qui étais leur point commun. Là, ils n’avaient plus besoin de moi pour servir de lien. C’est magique que ça ait marché comme ça entre eux. Et je trouve émouvant la manière dont chacun vient me dire : «Ah il m’a touché Gérard hier quand il a fait...». Comme chacun d’eux est ressenti comme mon pote par les autres, chacun veut me montrer qu’il aime les autres, avec aussi le côté : «Il est bien, ton pote !» Ça ne peut que me réjouir et me toucher.

Et le fait d’avoir tourné Toute La Beauté Du Monde entre les deux, «seulement» avec , et n’a rien changé à cet équilibre ?
M.E. - Non. Il y avait, à cause du rapport de Marc avec Bali, une évidence que ce soit lui qui joue Franck... J’aimerais bien d’ailleurs retravailler séparément avec chacun d’eux mais il faut trouver les bonnes idées...

Et vous, en quoi, étiez-vous différent sur le plateau ?
M.E. - Je crois que je maîtrisais mieux mon truc. Je pense que sur le plateau j’étais plus metteur en scène et moins leur ami que sur le premier. J’étais plus méthodique et très proche de l’équipe. J’ai un principe : je ne veux pas qu’on discute de la mise en scène devant les acteurs, je ne veux pas qu’on leur transmette nos angoisses, nos doutes et nos questions. On ne les appelle donc sur le plateau que quand les caméras sont en place, quand on a fait la lumière, quand on a organisé les mouvements, quand je sais exactement ce que je veux faire. Si bien que cette fois, ils sont souvent arrivés les quatre sur le plateau où je les attendais, alors que sur le 1, on arrivait ensemble sur le plateau où l’équipe nous attendait.

Comment définiriez-vous vos principes de mise en scène ?
M.E. - Ce sont toujours les mêmes. J’aime les plans-séquences filmés à deux ou trois caméras, souvent fixes. Mon obsession, c’est la simplicité. C’est étonnant d’ailleurs que ce que j’aime dans les films des autres, de Sautet ou de Blier par exemple, comme les différences de grosseurs de plan dans les champs-contre- champs, ou les longs travellings avant, je ne les aime pas dans les miens ! J’aime qu’on reste avec les mêmes tailles d’objectifs. J’aime aussi que ça ne bouge pas quand les acteurs ne bougent pas et que la caméra bouge avec les acteurs quand ils bougent. J’ai donc essayé sur ce film-là qu’il y ait plus de scènes en mouvement. Je sais maintenant ce que j’aime et je pense en plus que c’est la signature du Coeur Des Hommes : je cherche à enlever du cinéma, je veux que les gens oublient que c’est du cinéma, que ça ait l’air le plus vrai possible. Comme s’il s’agissait de capter un truc qui se passe vraiment, le plus discrètement et le plus fidèlement possible. Dans ce Coeur 2, il y a 36 scènes, soit environ un tiers du total, qui ne sont constituées que d’un seul plan-séquence. C’est un ratio à la Bergman, pas celui d’une comédie populaire !

Sur ce film, vous avez disposé, pour la première fois, de trois caméras...
M.E. - ... Et sur le prochain, j’espère bien en avoir parfois quatre ou cinq ! Quand on a plusieurs caméras, tous les acteurs jouent ensemble, ils sont toujours sur le coup. Ils adorent ça, parce qu’ils jouent la scène en entier, à chaque fois. En plus, comme on les a tous ensemble, tous les raccords sont possibles. Ça renforce le côté captation dont je parlais. Le gros changement, entre le 1 et le 2, c’est que j’ai fait un découpage écrit. Tous les plans à tourner sont écrits très précisément, avec tout ce que ça implique pour tout le monde, à tous les postes. Et c’est épinglé à la feuille de service. Et plus je peux le donner à l’avance, et mieux c’est pour tout le monde. Ça n’empêche pas bien sûr de rajouter ou d’enlever des plans au dernier moment, ou... de tout changer si soudain on a une meilleure idée. Mais au moins, il y a une proposition, une base de discussion. Tout le monde sait où on va.

Comment définiriez-vous la lumière que vous vouliez ?
M.E. - J’ai demandé à Pascal Caubère que la lumière soit au moins aussi chaude et aussi réaliste que sur le 1. Je voulais que les deux films aient l’air d’être comme les deux parties d’un même film. Et, comme pour le 1, j’ai fait attention à mettre beaucoup de couleurs à l’intérieur du cadre, et à faire beaucoup de gros plans.

C’était la même équipe que pour le Coeur 1 ?
M.E. - Oui, à 80 %, au moins. J’y tenais beaucoup. C’est une équipe jeune et enthousiaste, qui n’appelle pas la Ligue des Droits de l’homme si on dépasse de dix minutes ! J’aime travailler dans la bonne humeur, avec des gens contents d’être là, qui n’ont pas tout vu, tout connu. Pascal Caubère, au-delà de son talent et de sa rapidité, est un compagnon de travail formidable parce qu’il ne se prend pas au sérieux tout en travaillant très sérieusement. Il déconne, rit à mes blagues, nous sommes très complices. Je pourrais dire la même chose de tous mes partenaires de travail que je retrouvais pour la deuxième ou troisième fois : son, déco, scripte, assistants, maquilleuses, monteurs, mixeuse... Tous passionnés, compétents et souriants. Les trois qualités sont, à mes yeux, aussi indispensables.

Pour la première fois, vous êtes cité au générique, associé à , sous la mention «Produit par». Pourquoi ? Qu’est-ce que cela signifie ?
M.E. - Sur mes deux films précédents, je m’étais très mal entendu avec les directeurs de production. Après ces deux expériences malheureuses, je tenais à avoir mon mot à dire sur toutes les décisions dites «de production» (salaires, heures sup, matériel, logistique), à pouvoir tout valider en amont, pour ne pas avoir de problèmes en aval. Sur Le Coeur Des Hommes 2, j’étais donc coproducteur exécutif : j’étais le représentant de sur le plateau, et le directeur de production, Claude Parnet, était un vrai compagnon de travail, et non plus un rouage inutile entre la production et moi. Pour la première fois, il n’y a eu aucun problème d’aucune sorte, ça m’a fait des vacances. Sur ce film, nous avons trouvé, Pierre et moi, une bonne façon de fonctionner. Ce Coeur 2 est notre troisième film ensemble, le quatrième est en route, j’aime beaucoup notre parcours commun. J’ai traversé mes dix-sept ans de presse-cinéma en binôme avec mon ami Jean-Pierre Lavoignat, je ne suis pas étonné de me retrouver dans une comparable avec , qui est mon unique producteur depuis près de dix ans déjà : avant Le Coeur Des Hommes, nous avons travaillé sur un projet que j’avais écrit, que je ne devais pas réaliser, et qui n’a pas abouti. Nous avons ramé ensemble, nous avons gagné ensemble, nous sommes devenus amis.

On sent qu’il y a un vrai lien affectif entre le public et Le Coeur Des Hommes. Comment l’expliquez-vous et est-ce que cette attente qu’il y a pour le 2 a fait peser sur vous une certaine pression ou, au contraire, est-ce que ça vous a stimulé ?
M.E. - Stimulé, ça c’est sûr ! Ça m’a porté, même ! J’ai toujours pensé que c’était l’alchimie des quatre qui était le secret du miracle. À partir du moment où je reprenais les mêmes personnages avec les mêmes acteurs, il n’y avait pas trahison et donc pas de raison que cette alchimie-là ne fonctionne plus auprès du public. Mais bon, tout ça est très irrationnel. Il n’y a pas exactement les mêmes ingrédients que dans le 1. Le film pratique un écart plus grand entre la comédie et l’émotion, il y a des scènes qui sont drôles mais moins réalistes, le film est à la fois plus grave et plus sentimental... On verra bien. Ce qui me rassure, c’est lorsque je pense à ce que nous a dit à Nantes pendant la tournée un spectateur qui devait avoir 22/23 ans : «Avant de voir le film, franchement je n’étais pas impatient d’avoir votre âge, eh bien maintenant ça me tarde !», ça veut dire que le film parle à différentes générations. Les héros sont ressentis par les jeunes spectateurs comme une projection de ce qu’ils pourront devenir, ou comme sont leurs pères - et du coup, ils regardent leurs pères différemment...

Sur le premier Coeur Des Hommes, vous étiez un journaliste, l’ex-directeur de Première et le créateur de Studio, passé à la réalisation. Avez-vous aujourd’hui le sentiment d’avoir trouvé votre place comme metteur en scène ?
M.E. - Pas vraiment ! Je me dis souvent que je pourrais juste écrire, sans avoir à prendre en charge tout le film, le tournage, le montage, la post-production, et que ça me satisferait pleinement... À la fois le tournage est un vrai moment de bonheur et un passage obligé pour lequel je me fais un peu violence. Un bonheur, parce que je retrouve pendant deux mois ce que j’aime dans le côté bande, dans le côté mec qui entraîne - d’autant que, là, il y avait beaucoup de gens très jeunes, et c’était très agréable de sentir cette complicité entre eux et moi. En plus, avec les acteurs, il y a le plaisir de retrouver des amis très chers. Mais d’un autre côté, il y a le travail proprement dit, tout ce qu’il faut faire sur un tournage, et qui n’est pas tout à fait ma tasse de thé. J’adore le travail du montage, le travail de l’écriture, mais le travail du tournage, c’est quand même très mystérieux, ça dépend de tellement de choses qui vous échappent, on a peur de se tromper, c’est stressant. En plus, sur le plateau, je retrouve tout ce que je n’aimais pas à Studio, c’est-à- dire le fait d’être le patron. Quand vous écrivez, vous n’êtes le patron de personne sauf de vous-même. Vous ne donnez d’ordre à personne, personne ne vous en donne, c’est ce qui me rend le plus heureux. Mais je sais aussi qu’il y a encore quelques films que j’ai envie de réaliser moi-même. Déjà, Cendrillon qui vient d’entrer en pré-production...

Et puis, Le Coeur Des Hommes 3...
M.E. - Pour l’instant, il a moins de chances de se faire que le 2 n’en avait ! En effet, l’une des raisons qui m’ont donné envie de réaliser le 2, c’est que je me sentais capable de faire mieux que le 1. Là, pour l’instant en tout cas, je me dis que ce sera plus difficile de progresser d’un épisode à l’autre. D’ailleurs, il est souvent arrivé, dans l’histoire du cinéma, qu’un n°2 soit aussi réussi, voire plus, qu’un n°1 (La Vérité Si Je Mens !, Star Wars, Le Parrain...), mais les n° 3 sont toujours en-dessous. La deuxième raison, et la plus importante, c’est que, pour certains personnages, je ne sais absolument pas dans quelle direction me diriger. Juste pour prendre le cas d’Alex : s’il reste fidèle, on va me dire que ce n’est pas très crédible ; et s’il trompe à nouveau sa femme, ça voudra dire qu’on ne peut pas changer, et je n’ai pas envie de dire ça, parce que je pense l’inverse ! Manu, non plus, je n’ai pas envie qu’on sache ce qu’il fera quand Karine va revenir, si elle revient... Tout ça, ce sont de gros freins, alors que pour écrire le 2, je n’avais que des accélérateurs ! Une chose est sûre : je ne le ferai que si je trouve une solution pour que les quatre achèvent la trilogie amis, et heureux. Sans que ce soit Walt Disney ! On verra bien. Sortons d’abord celui-ci...

Entretien avec Bernard Campan

Vous souvenez-vous de la première fois où vous a parlé de l’éventualité d’une suite du Coeur Des Hommes ?
- C’était pendant le tournage du premier. Je me souviens de Marc disant : «S’il y a un 2, Alex [le personnage de ] va se faire gauler !». L’expression dans le 2 revenait régulièrement dans la conversation, un peu comme un gimmick. Moi, par superstition, je n’aimais pas trop ça : évoquer une suite supposait que le premier film marche. Or on était en pleine fabrication... Mais ça aussi, c’est l’enthousiasme indéracinable de !

Entretien avec Gérard Darmon

Vous souvenez-vous de la première fois où vous a parlé d’une suite du Cœur des Hommes ?
- Je pense qu’on a commencé à en parler avec Marc sur le ton de la plaisanterie en plein milieu de l’écriture du premier. Quand il coupait une scène qu’il avait écrite, il me disait «On va la garder pour le 2 !» Mais ce n’est qu’après la sortie du Cœur des Hommes que c’est devenu un vrai projet.

Entretien avec Jean-Pierre Darroussin

Vous souvenez-vous de la première fois où vous a parlé de l’éventualité d’une suite du Coeur des hommes ?
- J’ai l’impression que dans la tête de Marc ça a toujours un peu existé. Je ne peux pas dire qu’il m’en ait parlé dès la première rencontre, mais en tous cas sur le tournage du premier Coeur des hommes, il a toujours fait allusion à ce qui pourrait se passer dans le 2. Je sais aussi qu’il avait plein de séquences en magasin pour un 2 et éventuellement même pour un 3... Il avait dans l’idée de faire un triptyque. Mais pour que ce soit un projet concret, il fallait attendre les résultats du 1.

Entretien avec Marc Lavoine

Vous souvenez-vous de la première fois où vous a parlé de l’éventualité d’une suite au Cœur des hommes ?
- Il m’en a parlé tout de suite ! Avant même d’avoir tourné le premier ! Comme il parlait déjà du 3 sur le tournage du 2... Marc a une capacité à écrire, à travailler qui m’impressionne. C’est un fou : en quatre ans, il a fait Le Coeur Des Hommes, Toute La Beauté Du Monde, Le Coeur Des Hommes 2, il pense déjà au 3, il a écrit une pièce qu’il veut mettre en scène, il prépare Cendrillon... C’est une force de la nature !
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