Notes de Prod. : Le coeur des hommes 2

    en DVD le 11 Juin 2008

Entretien avec Marc Lavoine

Vous souvenez-vous de la première fois où Marc Esposito vous a parlé de l’éventualité d’une suite au Cœur des hommes ?
Marc Lavoine - Il m’en a parlé tout de suite ! Avant même d’avoir tourné le premier ! Comme il parlait déjà du 3 sur le tournage du 2... Marc a une capacité à écrire, à travailler qui m’impressionne. C’est un fou : en quatre ans, il a fait Le Coeur Des Hommes, Toute La Beauté Du Monde, Le Coeur Des Hommes 2, il pense déjà au 3, il a écrit une pièce qu’il veut mettre en scène, il prépare Cendrillon... C’est une force de la nature !

Vous avait-il parlé de ce qui allait arriver à Alex, votre personnage de mari volage, avant de vous faire lire le scénario ?
M.L. - Je savais qu’Alex allait se faire gauler ! J’ai des copains qui sont un peu comme Alex, certains sont plus habiles que d’autres, mais ils finissent tous par se prendre les pieds dans le tapis et par se faire gauler. C’est ce qui va le sauver, Alex. Sinon il allait se perdre en culpabilité, en secrets inavouables, un peu mal- sains... Il se cachait déjà de ses copains. Vivre comme ça, c’est un enfer pour un type comme lui, aussi candide, aussi sympathique. Parce qu’il est quand même sympathique ! Je pense que les gens avaient envie aussi qu’il se fasse prendre. C’est ce qui pouvait lui arriver de mieux. D’avoir été piégé, ça va le faire grandir. La question, c’est «Est-ce qu’on croit que les gens changent ou pas ?» Moi, je crois qu’on peut changer. La force du scénario, c’est comment Alex se fait prendre et surtout comment il réagit. Il est à la fois naïf comme un enfant et fort comme un adulte, au point d’être persuadé qu’il va reconquérir sa femme. Pour lui, c’est une impossibilité physique et mentale que leur relation s’arrête. Il est sûr qu’il va la faire changer d’avis. C’est pour cela que la scène avec ma fille et la dernière scène avec Catherine [Wilkening] me faisaient très peur. Il ne fallait pas qu’on puisse mettre en doute une seule seconde à la fois à quel point Alex est blessé, ni à quel point il est sincère, et que c’est pour cela qu’il est convaincant...

Et avez-vous été surpris par l’évolution des autres personnages ?
M.L. - Surtout par celle de Manu, le personnage de Jean-Pierre [Darroussin]. Déjà dans le premier, il commençait comme un boucher limite beauf et il terminait comme un play boy ! Là, il se prend encore plus de beauté, de charisme... J’aime bien l’interrogation sur l’âge qu’il y a en filigrane dans le personnage de Gérard [Darmon], ses rapports avec sa toute jeune fille et avec la plus grande aussi, avec son ex, avec Ludmila [Mikaël], et ce soupçon d’inquiétude qu’il a à propos de Zoé [Félix]... Il y a quelque chose de tendre chez lui qui était moins présent dans le premier. Et l’histoire de Bernard [Campan] et Valérie [Kaprisky] est vraiment inattendue...

Vous connaissiez Alex pour l’avoir déjà incarné. Aviez-vous du coup le sentiment d’être en avance sur l’auteur et sur l’histoire du Cœur des hommes 2 ?
M.L. - Non, parce que je ne savais pas ce qui allait nous arriver. Nous sommes les personnages, mais disons que si l’on était dans la vraie vie, Marc Esposito serait le destin. Lui, il écrit l’histoire, il nous fait avoir des accidents... S’il veut, l’ascenseur peut tomber en panne. C’est lui qui décide de nous.

Vous avez eu du plaisir à retrouver Alex ?
M.L. - C’est très rare, c’est extraordinaire de retrouver un personnage. Mais d’abord il y avait le plaisir de retrouver Marc - c’est le troisième film que je fais avec lui... Et puis il y avait le plaisir de retrouver toute la bande... Justement, entre les deux Cœur des hommes, vous avez retrouvé Marc Esposito pour Toute La Beauté Du Monde dont vous étiez le héros.

En quoi était-il différent ?
M.L. - Il était différent sur Toute La Beauté Du Monde parce qu’il avait plus de soucis. Dans un film comme ça de voyages, de paysages, la météo était très importante. Et puis, à cause aussi des problèmes de matériel. À Paris, une voiture travelling qui tombe en panne ou une steadycam qui ne marche pas bien ça se règle en deux minutes. À Bali, c’est plus qu’un souci ! À Paris, s’il pleut, on tourne à l’intérieur. À Bali, on peut passer des heures bloqués dans une rizière à attendre que les nuages passent ! Marc partageait donc beaucoup son attention entre la pression artistique qu’il nous mettait et les pépins techniques qu’il subissait. Alors que sur Le Coeur Des Hommes, il est vraiment dans la comédie, dans le jeu, au plus près de ses acteurs. Mais Marc pour moi, ce n’est pas juste le cinéma. On se voit beaucoup en dehors, on fait des chansons ensemble. Il y a une relation créative permanente. Dans le travail, c’est quelqu’un de très constructif, qui est toujours en train d’essayer de trouver la solution s’il y a un problème. C’est très précieux. C’est vraiment quelqu’un qui m’aide à me construire.

En quoi diriez-vous qu’il a changé Le Coeur Des Hommes 1 et le 2 ?
M.L. - Je ne trouve pas qu’il ait beaucoup changé. Je crois surtout qu’il s’est trouvé. Marc a eu plusieurs vies et je pense que, dans le cinéma, il s’est trouvé.

Et vos partenaires, vous les avez revus entre les deux Cœur des hommes ?
M.L. - Celui que j’ai le plus vu, c’est Gérard avec qui je suis ami depuis longtemps. Jean-pierre Darroussin, je l’ai beaucoup vu bien sûr lorsqu’on tournait Toute La Beauté Du Monde mais sinon c’est quelqu’un qui travaille beaucoup, qui se promène beaucoup, c’est un vrai saltimbanque, il est tout le temps sur la route. En plus, dans cette période, il a réalisé son premier film Le Pressentiment. Bernard Campan a lui aussi fait son film La Face Cachée. Donc il ne restait plus que Gérard ! Il est comme moi plus parisien, on joue au poker avec des amis communs, on est voisins, c’est le parrain de mon fils... On est vraiment très proches.

La différence entre le 1 et le 2, c’est que vous vous connaissiez tous très bien. Est-ce que ça a modifié votre manière de travailler ensemble ?
M.L. - Ça pouvait aussi être une difficulté. On s’est dit : «Attention, on se connaît trop, ne nous laissons pas aller !...» Moi j’aurais plutôt tendance à penser : «Si ça me fait marrer, c’est suffisant.» Alors que non, On n’est pas obligé de s’amuser, de prendre du plaisir en tournant. Même si c’est mieux ! En même temps, on en a pris vraiment beaucoup !

Ce qu’il faut surtout, c’est que les spectateurs en aient quand ils vous regardent. C’est valable pour Marc Esposito, qui de fait est votre premier spectateur ?
M.L. - Je crois que sur le tournage du Cœur des hommes, il y a un spectacle dans le spectacle : Marc s’installe et il vous regarde. Ce qui m’oblige du coup à le surprendre, à aller chercher en moi des choses que mon pote ne connaît pas. Ça relève la barre. Marc, c’est quelqu’un de très drôle, de très pétillant, et très enthousiaste et il communique beaucoup sur un plateau. Pascal Caubère, le directeur de la photo, met lui aussi une vie extraordinaire sur le plateau. En plus, l’équipe technique étant composée à égalité de femmes et d’hommes, ça donnait une ambiance très famille. C’est vrai que par rapport au premier, nous, les quatre, on a sans doute davantage bossé entre nous, hors plateau, sans Marc, dans nos caravanes. J’en ai profité pour voir comment ils se préparaient. Gérard, je savais déjà, parce que j’ai fait un autre film avec lui, L’homme De La Riviera, de Neil Jordan. Bernard, c’est quelqu’un qui n’arrête pas de penser, de questionner. Et Darroussin, alors qu’on a l’impression que c’est une Rolls, eh bien il bosse dur lui aussi. Ça a été génial de regarder comment ces mecs-là travaillent ! Mon souci à moi était surtout de ne pas avoir de problèmes avec le texte une fois sur le plateau. De tout maîtriser avant. Ce n’est pas toujours facile pour moi, mais cette fois-ci j’y suis arrivé. J’ai fait beaucoup de progrès, Marc pourra en témoigner !

Vous avez aussi retrouvé Catherine Wilkening...
M.L. - Sur le premier, il fallait construire quelque chose. Le travail était peut-être plus haché. On avait très bien réussi, je crois, la scène du lit. Eh bien, sur le 2, j’ai le sentiment qu’on a continué sur la lancée de cette scène. Je la trouve incroyable, Catherine, très belle, avec un sens dramatique rare. Et dans la scène où elle leur met des baffes, elle est géniale ! D’ailleurs, je trouve toutes les filles vraiment bien. Sans doute parce qu’elles sont plus présentes dans le scénario.

En quoi diriez-vous que Le Coeur Des Hommes 2 est différent du premier film ?
M.L. - Je dirais qu’on a gagné en émotion, en profondeur. Et puis, le film est mieux fini. Pascal Caubère a fait un grand bond en avant depuis le premier. Je trouve les filles plus belles que dans le premier. Revoyez-le, vous constaterez. Là elles sont plus belles en plus d’être toutes extraordinaires.

On sent à la manière dont les gens en parlent qu’il y a un vrai lien affectif entre le public et Le Coeur Des Hommes qui dépasse même son succès. Il y a donc forcément une attente pour le 2. Vous avez le trac ?
M.L. - J’ai peur. Je crois que les autres n’y pensent pas mais moi, j’ai peur. En même temps, je ne leur ai pas posé la question... Ni à Marc d’ailleurs ! Et je n’oserai jamais ! Marc dit : «Ceux qui n’ont pas aimé le premier, je m’en fous, ce que je veux c’est que ceux qui ont aimé le premier aiment le deuxième.» C’est une façon de voir les choses. Moi j’ai peur. J’ai toujours peur d’une trop grosse attente...

Comment expliquez-vous le succès du 1 ?
M.L. - Je pense que c’était un film sincère et puis ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu d’histoire de bandes comme on en voyait chez Sautet ou Yves Robert. Je crois que c’est une tradition française de faire un film de potes qui soit en même temps : l’amour, la vie, l’amour... Je crois que le lien qui nous unit, Jean- Pierre, Bernard, Gérard, et moi, avec Marc bien sûr, l’harmonie et la rigueur qu’il y a entre nous, explique également une partie du succès. Les gens sentent qu’on fait ce métier pour de bonnes raisons et qu’en plus, on est ensemble là pour faire quelque chose de bien : Le Coeur Des Hommes n’est ni un film malsain, ni un film méchant. Il ne porte pas un regard sarcastique sur la nature humaine. On a mis plein de choses dans ce premier film qui font que Le Coeur Des Hommes est une maison dans laquelle aujourd’hui tout le monde a envie de retourner.

Justement, Le cœur des hommes 3, vous y pensez ?
M.L. - Je verrais bien le 3 débuter avec une fête de lancement du dictionnaire sportif sur lequel on travaille dans le 2... En tout cas, j’aimerais bien savoir ce qui va se passer pour le personnage de Jean-pierre Darroussin...

Entretien avec Marc Esposito

Petite demande amicale à mes anciens confrères journalistes

Depuis un an, toutes les personnes que je rencontre me parlent du Coeur Des Hommes et de sa suite. Mais dès que j’ouvre la bouche, on me coupe systématiquement : «Non, non, ne me raconte(z) rien !» J’espère que vos articles respecteront cette envie de ceux qui ont aimé le premier Coeur Des Hommes de découvrir sur grand écran ce qui arrive à nos quatre amis, qu’ils ne dévoileront pas les ressorts dramatiques de cette suite. Mille mercis d’avance. M.E.

Entretien avec Bernard Campan

Vous souvenez-vous de la première fois où Marc Esposito vous a parlé de l’éventualité d’une suite du Coeur Des Hommes ?
Bernard Campan - C’était pendant le tournage du premier. Je me souviens de Marc disant : «S’il y a un 2, Alex [le personnage de Marc Lavoine] va se faire gauler !». L’expression dans le 2 revenait régulièrement dans la conversation, un peu comme un gimmick. Moi, par superstition, je n’aimais pas trop ça : évoquer une suite supposait que le premier film marche. Or on était en pleine fabrication... Mais ça aussi, c’est l’enthousiasme indéracinable de Marc Esposito !

Entretien avec Gérard Darmon

Vous souvenez-vous de la première fois où Marc Esposito vous a parlé d’une suite du Cœur des Hommes ?
Gérard Darmon - Je pense qu’on a commencé à en parler avec Marc sur le ton de la plaisanterie en plein milieu de l’écriture du premier. Quand il coupait une scène qu’il avait écrite, il me disait «On va la garder pour le 2 !» Mais ce n’est qu’après la sortie du Cœur des Hommes que c’est devenu un vrai projet.

Entretien avec Jean-Pierre Darroussin

Vous souvenez-vous de la première fois où Marc Esposito vous a parlé de l’éventualité d’une suite du Coeur des hommes ?
Jean-pierre Darroussin - J’ai l’impression que dans la tête de Marc ça a toujours un peu existé. Je ne peux pas dire qu’il m’en ait parlé dès la première rencontre, mais en tous cas sur le tournage du premier Coeur des hommes, il a toujours fait allusion à ce qui pourrait se passer dans le 2. Je sais aussi qu’il avait plein de séquences en magasin pour un 2 et éventuellement même pour un 3... Il avait dans l’idée de faire un triptyque. Mais pour que ce soit un projet concret, il fallait attendre les résultats du 1.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 162 360 entrées
  • Cumul IDF : 411 650 entrées

  • 1ère semaine France : 580 779 entrées
  • Cumul France : 1 823 019 entrées