Notes de Prod. : Le Concile de Pierre

    en DVD le 16 Mai 2007

Entretien avec Monica Belluci

Découverte du rôle

" Grâce àGuillaume Nicloux. Il a appelé mon agent pour me rencontrer. J’étais très contente car j’aimais beaucoup ses précédents films. Mais pour dire la vérité, Le Concile De Pierre n’est pas un projet auquel j’ai dit oui tout de suite. Ça me faisait peur (…) Tout d’abord l’ampleur du projet. C’est la première fois qu’un film de genre à gros budget, adaptation d’un best-seller de Jean-christophe Grangé, avec un enjeu à la fois économique et populaire, repose sur mes seules épaules. A cela vient s’ajouter qu’il s’agit d’une histoire au propos très risqué parce qu’il touche à un fantastique qui, s’il n’est pas bien filmé, imagé, peut décevoir (…).

Le rôle, et la confiance en Guillaume, c’est un cinéaste, c’est aussi un auteur. On reconnaît la particularité de son cinéma à chacun de ses plans. A partir du moment où j’ai accepté, j’ai suivi Guillaume sans rétention avec une vraie inconscience, une perte de contrôle totale. Je l’ai laissé faire ce qu’il voulait de moi, de mon image, de ma manière de jouer.

Guillaume Nicloux est quelqu’un qui est très dans la retenue. Et il l’applique dans sa façon de diriger. Par exemple, mon personnage a un amour fou, l’amour d’une mère, pour l’enfant qu’elle a adopté, mais ce n’est pas quelqu’un qui le manifeste de façon exagérée, extravertie. Pour cela, Guillaume m’a demandé de gommer mon identité italienne. Il ne me voulait ni expansive, ni apparemment “mamma” généreuse ou extrême. Quand je devais dire bonsoir à mon fils en l’embrassant, je ne devais pas le manger de baisers. Parfois, cela me manquait de ne pas avoir plus de contact avec l’enfant, j’ai suggéré à Guillaume de me laisser jouer avec lui, pour que l’on voie à l’écran notre complicité, mais il a refusé. Il m’a répondu: “on n’a pas besoin de ça pour savoir et sentir que ton personnage aime son fils. Elle est prête à mourir pour lui, qu’est-ce que tu veux de plus ? Si tu montres trop ouvertement que tu l’aimes, c’est comme si tu savais déjà que tu allais le perdre. (…) "

Le rôle

" J’ai toujours eu en moi un instinct maternel très fort, mais le fait d’être mère a poussé encore plus loin cet instinct et m’a servie évidemment pour ce film. Je sais mieux ce qu’est l’amour pour un enfant, je n’ai même pas besoin d’y penser. C’est pourquoi partir tourner en Mongolie a été une découverte douloureuse car même si c’est un pays magnifique, c’était aussi la première fois que je laissais ma fille pendant trois semaines. J’étais coupée en deux, ça m’a sûrement troublée pour travailler, et en même temps je n’ai pas eu à chercher dans quel état psychologique se trouvait alors mon personnage à la recherche de son fils. C’était mon état d’âme naturel. "

Apparence physique

" Guillaume me voulait avec des cheveux courts et plus clairs. On a créé aussi un autre regard, jusqu’à présent j’avais plutôt incarné des personnages au regard “allongé”, des personnages qui savent parfaitement ce qu’ils sont et ce qu’est le monde autour d’eux. Ici mon regard est“rond”, innocent, perdu. Il fallait enfin me rendre plus invisible, plus fragile, c’est pourquoi il n’y a pratiquement pas de maquillage, la lumière est très travaillée de sorte que l’on puisse voir sur mon visage les bons stigmates au bon moment, et les robes sont plus proches de celles de Mary Poppins que celles d’une veuve noire.

Et tout ça pour obtenir un aspect féminin fragile, mais pas du tout ouvertement sensuel ou sexuel, ni exubérant. On doit immédiatement sentir que quelque chose ne va pas chez cette femme, même au début quand tout semble aller normalement. Cet aspect physique presque banal de l’héroïne, mêlé à l’atmosphère en apparence très quotidienne et pourtant étouffante du début du film, c’est ce qui est beau et troublant. Du coup sans qu’elle sache pourquoi, son regard et son sourire sont plutôt tristes. Tout a priori a l’air normal, mais de façon sous-jacente et diffuse quelque chose de sombre, de dangereux s’échappe de tout ce qui l’entoure, et compose son univers. Pour dégager toutes ces sensations, la recherche des costumes a été très précise, ma silhouette devait être celle d’une femme élégante sans être dans la démonstration. (…) "

Notes de tournage...

Le 20 mai 2005 - Monica Bellucci, l'héroïne de Jean-christophe Grangé
Ce devait être Sophie Marceau. Ce sera une autre jolie brune, Monica Bellucci. Maman comblée depuis septembre dernier, l'actrice italienne, femme de Vincent Cassel, tiendra le rôle principal dans l'adaptation cinématographique du roman de Jean-christophe Grangé, « LE CONCILE DE PIERRE ».

Entretien avec Guillaume Nicloux (réalisateur et scénariste)

Origine du projet

(…) " J’ai lu le roman et comme je ne suis pas quelqu’un qui rationalise, ni qui met du temps à se décider, j’ai rapidement accepté. J’ai senti que je tenais là l’opportunité de raconter et de m’engager dans une aventure inédite. J’étais à la fois impatient d’explorer un genre qui m’était étranger, celui du thriller fantastique et du divertissement. Un film où il faut montrer les choses et les faire ressentir de façon efficace afin que le spectateur soit concentré uniquement sur l’histoire du film, sur son enjeu qui est très simple : une femme part au bout du monde pour sauver son enfant entraîné dans un complot surnaturel.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 31 322 entrées
  • Cumul IDF : 46 453 entrées

  • 1ère semaine France : 133 365 entrées
  • Cumul France : 203 051 entrées