Notes de Prod. : Le couperet

    en DVD le 26 Septembre 2005

Les personnages

BRUNO (José Garcia)
La petite quarantaine, homme de devoir et de fidélité, il est doué pour des tas de choses sauf pour le meurtre en série. Pour mener à bien son plan il doit forcer sa nature et son talent. Il a tout fait pour devenir l’un des meilleurs – sinon le meilleur – dans le domaine de la pâte à papier. Il en est fier et ne peut envisager un changement de cap pour repartir dans une autre direction. Il fait donc appel à son sens de l’analyse et de la logique, du management pour concevoir puis réaliser un plan qui doit lui permettre de reconquérir un poste à sa mesure. Comme tout ce qu’il entreprend il mène cette guerre privée avec constance et application, sans haine mais sans faiblesse. Il élimine ses concurrents potentiels par devoir, nécessité et pragmatisme sauvant ainsi son couple et sa vie de famille. Triomphant il ne gardera au fond de lui qu’une secrète terreur mais se gardera d’y penser consacrant ses forces à satisfaire toujours davantage la direction d’ARCADIA et leurs actionnaires. Comme toute carrière celle de serial killer exige un minimum de chances. Bruno n’en manque pas et ce sont les manifestations de cette chance qui le persuadent qu’il est sur la bonne voie. Bruno a le sens du contact humain et c’est tout naturellement que chacune de ses victimes le choisit comme confident. Comme nous sommes dans un conte moderne, Bruno le méchant, mais sympa au demeurant, regagne le cœur de sa belle et grimpe sur le trône qu’il s’était promis de conquérir.

MARLENE (Karin Viard)
Brave petit cheval, ex mère au foyer, la presque quarantaine resplendissante bien qu’elle ne fasse rien pour être belle, elle l’est naturellement. Elle ne se sait pas attirante et va le découvrir comme par hasard. Le chômage prolongé de Bruno la pousse à se réaliser : elle travaille, fait des économies sur les dépenses du ménage, régente désormais la vie économique de la famille. Parallèlement elle se découvre soudain seule et délaissée et trouve du réconfort dans les bras d’un voisin attentionné, chômeur lui aussi mais réalisera à temps combien elle tient à Bruno. Elle fera tout pour sauver leur couple. Le seul personnage positif et franc dans ce bataillon d’instables chroniques.

MACHEFER (Olivier Gourmet)
L’ogre des contes de fée, grande gueule et sans doute cœur d’or. Il aime faire peur aux petits enfants. Hélas il ne voit guère les siens, il a plusieurs pensions alimentaires à honorer. Heureusement il a un poste stable et gratifiant. Sa dernière épouse l’a quitté sous le prétexte qu’il accordait plus d’attention à ARCADIA et à la pâte à papier qu’à elle-même. Depuis, toujours entre deux vins, il règne sur ARCADIA. Il est populaire comme Henri IV avant Ravaillac. Spontanément il adopte Bruno comme disciple et confident avant de lui laisser, à son corps défendant, son trône et sa couronne.

HUTCHINSON (Ulrich Tukur)
La cinquantaine bien portée, surtout garnie d’une moumoute et revêtue d’un costume rayé ultra chic. Si la façade tient encore et fait illusion, l’intérieur est dévasté par cinq ans de voie de garage. Lui aussi sa femme l’a quitté. Paranoïaque, mythomane il ne se supporte pas comme vendeur en confection et invente des stratagèmes bidons pour retrouver un poste dans le papier. Doté d’un désespoir ravageur, comme tous les paranos il a de vrais ennemis et très peu de vrais amis. D’instinct il choisit Bruno comme confident – ce qui lui sauve momentanément la vie. Il finira par se pendre, devenant ainsi aux yeux de la police un coupable idéal : le vrai serial killer aliéné, dépressif et sans mobile cohérent.

BARNET (Yvon BACQ)
Un homme sociable, solide, compétent. Il résiste aux fêlures, il semble accepter sa condition de serveur sans renoncer au papier pour autant. On ne sait rien de sa vie de famille, il est intuitif et passionné, il adopte immédiatement Bruno comme un égal, presque un frère. Il a le sens de la solidarité et du combat, même s’il déraille un peu dans les virages. Il effraie Bruno, le brise, il est l’accident émotif qui risque de faire échouer celui qui se veut insensible. Il incarne pour Bruno l’ami qu’il aurait aimé avoir. En lui passant sur le corps Bruno s’écrase lui-même, mais c’est pour la bonne cause, la seule bonne cause qui vaille, la sienne.