Au début du tournage, l’équipe installa ses quartiers dans la petite ville côtière d’Illulissat (iceberg), où seraient tournées les scènes du village de Katara et Sokka. Le site n’était accessible que par des avions petits porteurs, et la température était en permanence glaciale, mais la beauté de ses paysages justifiait tous les sacrifices.
«Il nous sembla que le début du film devait être comme le début d’un grand voyage», dit
Sam Mercer. «Nous sommes allés au Groenland parce que c’est un monde unique, avec ses icebergs, ses étendues d’eau, ses glaciers et son magnifique ciel bleu.»
«Lorsqu’ils tournent dans un tel lieu, les acteurs sont confrontés à la Nature, et leur jeu s’en ressent», ajoute
Frank Marshall, qui avait déjà tourné sur place. «Leurs réactions ne peuvent qu’être authentiques dans ces conditions extrêmes.»
Les 9 premiers jours de tournage du
Dernier maître de l’air se déroulèrent à Illulissat. L’équipe exploita pleinement le potentiel du site en captant un maximum de paysages environnants. Le décor principal – le village de la Tribu de l’Eau – fut érigé aux abords de la Disco Bay et de ses immenses icebergs. Sa construction commença deux mois avant le début des prises de vues et mobilisa 150 techniciens venus des États-Unis, du Danemark et du Groenland. «Aucun de nous n’avait jamais travaillé dans des conditions aussi dures», se souvient Messina. «Les pinceaux des peintres gelaient en quelques secondes avant qu’ils puissent s’en servir!»
Le village dénombre onze igloos en fibre de verre, fabriqués à Philadelphie et assemblés sur place avant d’être décorés de peaux d’ours, filets, poteries et matériel de pêche. Les autochtones fournirent en outre leurs vieux kayaks à l’équipe.
La région est sous la protection de l’UNESCO qui a édicté certaines règles pour la préservation de cet environnement classé au Patrimoine Mondial. Il est, par exemple, interdit de creuser des fondations allant jusqu’au sol, et les structures devaient être simplement arrimées à la couche de glace.
Avant l’arrivée de l’équipe, Tele-Post Greenland avait installé une connexion Internet haut débit via un câble sous-marin, ce qui permit d’envoyer les rushes à un labo de développement de Copenhague, puis de les visionner dans les confortables bureaux de production installés à l’Hôtel Arctic.
Le froid intense obligea à prendre quantité de précautions. Les comédiens furent équipés de plusieurs couches de sous-vêtements en soie, et leurs costumes doublés en «polaire». Les chaussures furent également dotées d’un isolant spécial.
Durant cette phase, l’équipe de
Pablo Helman réalisa de nombreuses vues d’icebergs qui feraient ultérieurement office de transparences. Une équipe aérienne filma aussi en hélicoptère les vastes paysages couverts de glace, qui ne seront peut-être bientôt plus qu’un souvenir. «Cette contrée ne ressemblera plus jamais à celle que nous avons filmée car elle change chaque jour», rappelle Shyamalan. «J’espère que nous avons su capter sa beauté sans pareille.» Et le réalisateur de conclure : «
Le Dernier maître de l’air a été pensé comme un divertissement estival, mais il aborde aussi des problèmes sérieux comme la domination d’une race sur une autre et notre rapport au monde – toutes choses dont parlent mes films précédents. J’ai beaucoup appris sur ce projet, en tant que réalisateur, mais aussi en tant qu’être humain, du fait qu’il m’a fallu renoncer à tout contrôler de façon maniaque, accepter de déléguer bien plus qu’à l’habitude et redevenir un peu un étudiant.
Ce film est le premier volet d’une trilogie, car Aang doit encore apprendre à maîtriser les autres éléments : l’Eau, la Terre et finalement le Feu avant d’accéder à la sérénité. C’est donc un voyage qui commence, et je pense qu’il mérite d’être entrepris.»