Notes de Prod. : Le dernier roi d'Ecosse

    en DVD le 29 Août 2007

Les faits derrière la fiction

Le Dernier Roi D'Ecosse est une fiction, mais derrière le thriller, la véritable histoire de l’Ouganda sous le régime d’Idi Amin Dada est présente. Le temps a été compressé et des personnages imaginaires comme celui de Nicholas Garrigan ont été ajoutés, mais nombre des terribles événements dépeints dans le film se sont réellement produits. Bref résumé de la vie d’Amin Dada et de l’histoire de l’Ouganda lorsqu’il était au pouvoir.

1925 : Idi Awo-Ongo Ongoo vient au monde dans la tribu Kakwa près de Koboko, dans le nord-ouest de l’Ouganda. Son père est fermier et sa mère herboriste – certains ont prétendu qu’elle était sorcière. Années 30 : Après la séparation de ses parents, Idi est élevé par sa mère. Il reçoit une éducation scolaire rudimentaire, et développe de grandes qualités athlétiques. Il se convertit à l’Islam et change de nom : il devient Amin Dada.

1946 : Jeune homme, Amin Dada rejoint les fusiliers royaux, un régiment de l’armée coloniale britannique qui est alors en charge de l’Ouganda. Deux ans plus tard, il est promu caporal. En 1958, il dirige une section.

1951 : Amin Dada devient célèbre en tant que champion de boxe de l’Ouganda catégorie poids mi-lourds. Il conservera le titre 9 ans durant.

1952 : Amin Dada sert dans l’armée britannique pendant la violente révolte Mau Mau au Kenya. Les officiers le décrivent comme un « meneur d’hommes né ».

1961 : Promu au grade de lieutenant, Amin Dada devient l’un des deux seuls Ougandais de souche à avoir ce niveau de responsabilité au sein de l’armée britannique.

1962 : Les troupes placées sous le commandement d’Amin Dada sont accusées d’avoir commis un massacre impliquant la torture et d’autres actes odieux (dont celui d’avoir brûlé vifs des gens) dans la région kenyane de Turkana. Les autorités lui épargnent cependant la cour martiale. La Grande-Bretagne accorde son indépendance à l’Ouganda le 9 octobre. Le pays est alors dirigé par le Premier Ministre Milton Obote.
Amin Dada effectue son premier voyage en Israël pour suivre un entraînement de parachutiste.

1964 : Amin Dada est promu Commandant adjoint de l’Armée de Terre et de l’Armée de l’Air d’Ouganda.

1966 : A la suite de nombreux scandales financiers qui le visent, Milton Obote suspend la constitution ougandaise, fait arrêter la moitié de son cabinet et s’autoproclame Président à vie. Pendant ce temps, Amin s’impose comme un héros national pendant la bataille de Mengo Hill, une attaque victorieuse sur le roi des Buganda, la tribu dominante du pays. Par la suite, il prétendra avoir été victorieux parce que les balles ne pouvaient pas l’atteindre.

1969 : Après avoir échappé de peu à plusieurs tentatives d’assassinat, Obote retire à Idi Amin Dada son poste de commandement des forces armées.

1971 : Soutenu par les Britanniques, Amin Dada renverse Obote et le pays fête ce que beaucoup espèrent être le début d’une ère nouvelle. Amin Dada s’autoproclame Président et obtient un soutien massif de la population. Il promet beaucoup de choses, notamment l’abolition de la police secrète, la libération de tous les prisonniers politiques, la réforme de l’économie et l’instauration d’élections libres. La réaction internationale est positive. Six semaines après sa prise de pouvoir, une bombe explose à la prison Makindye à Kampala, tuant 32 officiers de l’armée entassés dans une cellule. A la fin de
sa première année de règne, on estime qu’Amin Dada a tué les 2/3 de l’ancienne armée ougandaise. Il met en place des escadrons de la mort dans le cadre d’un « Bureau de recherches nationales » et autorise l’assassinat et l’exécution – habituellement par décapitation – de ceux qui restent loyaux à Obote.

1972 : Amin Dada fait expulser du pays toute la population asiatique – il veut que l’Ouganda « soit un pays de Noirs ». Plus de 50 000 familles indiennes et pakistanaises ont trois mois pour évacuer le pays. La campagne d’Amin Dada contre ses supposés adversaires bat son plein. Des centaines de milliers de personnes sont enlevées et tuées. Parmi elles, non seulement ses propres ministres parlementaires et des officiels du gouvernement, mais aussi des juges, des membres du clergé, des professeurs,
des journalistes, des hommes d’affaires et beaucoup de citoyens ordinaires. La Grande-Bretagne et Israël commencent à retirer leur soutien à Amin Dada. Il se tourne vers Muammar Kadhafi en Libye et vers l’Union soviétique.

1973 : Les Etats-Unis ferment leur ambassade en Ouganda.

1974 : Le corps de Kay Amin, deuxième épouse d’Idi Amin Dada, est retrouvé démembré dans le coffre d’une voiture appartenant à son amant, un médecin ougandais. Le mystère de ce crime atroce ne sera jamais élucidé. 1975 : Amin Dada, toujours très populaire dans toute l’Afrique, est élu Président de l’Organisation de l’Unité Africaine (OAU).

1976 : Un avion d’Air France transportant de nombreux Israéliens vers Paris est détourné par des terroristes pro-Palestiniens et atterrit à l’aéroport d’Entebbe après qu’Amin leur a offert asile. Amin Dada s’implique personnellement dans les négociations concernant les otages, mais il est surpris le 4 juillet par l’arrivée de commandos israéliens qui envahissent l’aéroport et réussissent leur raid, libérant la plupart des passagers. Deux otages sont tués durant cette opération, et l’un est laissé aux mains des terroristes : la grand-mère israélo-britannique Dora Bloch, qui sera exécutée par la suite. La Grande-Bretagne rompt toute relation diplomatique avec l’Ouganda.

1978 : La situation en Ouganda se détériore encore, l’inflation augmente, les rébellions armées éclatent et les tentatives de coup d’Etat se multiplient. Pour détourner l’attention des problèmes intérieurs, Amin Dada lance une attaque contre la Tanzanie voisine.

1979 : Les forces tanzaniennes victorieuses prennent Kampala et Amin Dada fuit vers la Lybie, emmenant avec lui quatre épouses, 30 maîtresses et au moins 20 de ses enfants. Il se rend ensuite brièvement en Irak avant de s’installer à Jeddah, en Arabie Saoudite, pour le reste de sa vie.

1980 : Milton Obote revient au pouvoir, mais son régime est aussi violent que celui d’Amin Dada. Des conflits armés éclatent dans tout le nord du pays, coûtant des milliers et des milliers de vies, et entraînant une guerre civile qui dure encore de nos jours.

1986 : Yoweri Museveni, ancien opposant à Amin Dada exilé dans les années 70, devient Président d’Ouganda et entame la reconstruction d’un pays dévasté. 1989 : Idi Amin Dada fait une dernière tentative pour revenir en Ouganda, mais, arrêté à Kinshasa au Zaïre, il est expulsé vers l’Arabie Saoudite.

2003 : Idi Amin meurt d’une défaillance rénale en Arabie Saoudite.

2006 : Les progrès économiques en Ouganda conduisent à des améliorations, particulièrement dans l’éducation et le combat contre le Sida. Cependant, la rébellion violente née au début des années 80 se poursuit dans le nord du pays, provoquant attaques, enlèvements, et graves crises humanitaires.

L'innocence et la noirceur

Le Dernier Roi D'Ecosse est un thriller qui mélange les faits et la fiction pour représenter l’Ouganda sous la dictature du général Idi Amin Dada, à travers deux portraits : celui d’un leader charismatique mais psychopathe qui a ravagé son pays et tué un demi-million de personnes, et celui d’un jeune médecin fictif, témoin de l’Histoire, qui trouve finalement le courage de se révolter.

Un homme d'extrêmes et de contradictions

Aux yeux de l’Histoire, Idi Amin Dada a rejoint Hitler, Staline, Mao, Pol Pot et Saddam Hussein parmi les rangs des dictateurs qui ne connaissent pas de limites humaines. Autoproclamé « Président à vie » de l’Ouganda, Idi Amin Dada a été autant adulé qu’haï durant ses huit années au pouvoir dans les années 70. Après avoir promis à son pays un avenir brillant et à son peuple le pouvoir politique, il a été responsable de la mort d’un demi-million de personnes. Le Dernier Roi D'Ecosse montre le charisme et la folie névrotique de cet homme à travers les yeux d’un jeune médecin imaginaire.

Piégé dans un cauchemar

Pour jouer Nicholas Garrigan, le personnage fictif du jeune médecin qui aime s’amuser et n’a aucune idée de ce qui l’attend alors qu’il devient le médecin personnel d’Amin Dada, producteurs et cinéaste ont choisi James Mcavoy. Le personnage original de Garrigan inventé par Giles Foden pour son roman lui a été inspiré par plusieurs occidentaux dont un ancien soldat britannique devenu un des conseillers très écoutés d’Idi Amin Dada. Par ailleurs, ce dernier a effectivement eu un médecin écossais.

Deux femmes en Ouganda

Avant de rencontrer Idi Amin Dada, Nicholas Garrigan a une liaison avec l’épouse esseulée d’un médecin, Sarah. Gillian Anderson incarne ici un personnage radicalement différent de celui qui a fait d’elle une star dans la série « X-Files ». Sarah est la femme calme et blasée d’un homme dont la gentillesse et la bonne éducation font qu’il lui est difficile d’affronter ses propres désirs inassouvis.

Tourner en Ouganda

Tout au long du film, le consultant ougandais Charles Mulekwa, un dramaturge qui a également travaillé aux Etats-Unis et connaît bien les deux cultures, a collaboré étroitement avec les acteurs pour qu’ils s’immergent mieux encore dans la culture ougandaise et la langue.

Les cicatrices du passé

Idi Amin Dada a quitté l’Ouganda en 1979 pour s’exiler en Arabie Saoudite où il est décédé en 2003. Kevin Macdonald s’est d’abord inquiété des réactions qu’allait susciter le projet : il craignait d’attiser des émotions ou de réveiller de cruels souvenirs. Mais à son premier voyage en Ouganda, il s’est rendu compte que les gens avaient très envie de parler : ils voulaient partager leur histoire et dire au monde ce qui s’était produit dans leur pays.

Entretien avec Forest Whitaker

Qu’avez-vous ressenti en voyant le film terminé ?
Une impression vraiment intense... et le sentiment que nous avions réussi à capter quelque chose. J’ai vu le film trois fois, et je trouve qu’il est très puissant.

Le réalisateur cherchait apparemment une certaine ambiguïté dans le personnage d’Amin Dada...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 48 869 entrées
  • Cumul IDF : 192 701 entrées

  • 1ère semaine France : 92 000 entrées
  • Cumul France : 358 247 entrées