Notes de Prod. : Le Feu Sous La Peau

    en DVD le 27 Février 2008

Notes de la Production

L’Histoire

Productrice de La Leçon De Piano de Jane Campion, de Lantana, de The Last Days Of Chez Nous et de Love Serenade, Jan Chapman a assuré la production exécutive du Feu sous la peau. Après Somersault de Cate Shortland, plusieurs fois primé, c’est la deuxième fois qu’elle assure la production exécutive d’un film.

Le film est né à partir d’une idée de Leah Churchill-brown. Cette dernière est réputée comme l’une des meilleures productrices australiennes de spots publicitaires et de clips vidéos, ainsi que de documentaires nommés aux Oscars comme Nicaragua: No Pasaran et Chile: Hasta Cuando. Souhaitant se tourner vers le long métrage, elle a développé un scénario de polar avec un journaliste, mais le projet n’a pas abouti. C’est alors qu’elle a découvert qu’Alice Bell, qui travaillait à ses côtés comme régisseuse depuis six ans, s’était mise à écrire son propre scénario.

«Je suis devenue obnubilée par le conflit entre l’inné et l’acquis. Est-ce que le mal existe ou ne peut-il s’agir que d’un crime passionnel ? Alice a commencé à jeter des idées sur le papier et, au bout d’un an de travail acharné chez moi, la nuit, et de week- ends entiers à visionner des milliers de films, nous tenions notre scénario.»

En amont de ce travail d’écriture, Leah Churchill-brown fit part de ses idées au réalisateur et producteur australien Robert Connolly qui l’avait tant soutenue sur un autre projet. Son usage du terme “coquin” pour parler du projet encouragea Leah et Alice à rester constamment à la lisière de la comédie et du drame et à créer l’une des protagonistes les plus originales du cinéma australien – Katrina Skinner.


Au cours de l’écriture, Alice se dit qu’un événement s’étant produit dans le passé de Katrina devait permettre d’expliquer son comportement répréhensible. Mais elle fit finalement marche arrière, afin que le scénario reste original et inattendu :

«Le film, tout comme Katrina, ne cherche pas à trouver des excuses pour tel ou tel personnage. Il semble que, si l’on devait s’en tenir aux codes scénaristiques traditionnels, il faille fournir des explications – par exemple, expliquer ce que le père de Katrina a fait subir à sa fille –, mais je voulais que notre scénario ne ressemble à aucun autre, et qu’il n’apparaisse pas comme proprement formaté.
Je voulais que le public quitte la salle en se disant, «ça alors, elle a réussi à s’en tirer !» : c’est pour cela que j’ai délibérément développé des intrigues secondaires et des personnages qui se disputent, car la meilleure chose qui puisse m’arriver, en tant que scénariste, c’est que les gens discutent entre eux et se posent des questions en quittant la salle de cinéma. A-t-elle souffert de maltraitance ? Qui est le père de Bailee ? Que s’est-il passé entre Andretti et Katrina ? C’est comme ça que les commérages se propagent dans les petites villes. Je souhaite que les spectateurs se forgent leur propre point de vue sur ce qui s’est vraiment passé à Golden Grove...»

Le tournage du film se déroula au moment même où le cyclone Katrina s’abattit sur la Nouvelle-Orléans et, une fois encore, comédiens et techniciens saluèrent la protagoniste comme une «force de la nature.»

«Pour y parvenir, il m’a fallu inventer un personnage qui est sans doute mon double chez qui on aurait éliminé toutes les limites, tous les repères, qu’on se fixe en grandissant. C’est en empruntant des traits de caractère de plusieurs criminels, et en me débarrassant des limites imposées par la société et de tout scrupule quant aux conséquences de ses actes, que j’ai construit le personnage de Katrina,» explique Alice. «Une fois que je tenais mon personnage, je l’ai lâché dans une banlieue résidentielle et je lui ai imaginé un enfant – parce que je trouvais que cela tranchait de manière intéressante avec ce qu’elle s’apprêtait à faire dans le film – et Katrina a alors existé. C’est un personnage qui ne recule devant rien.»

«Katrina m’a toujours fait penser à un ouragan. C’est facile d’évoquer les actes abominables que commet Katrina, mais ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle est exceptionnelle. La voir vous glace les sangs, mais c’est le genre de personne qu’on aime fréquenter parce que, sans elle, la vie est franchement terne. Elle est pleine de vitalité. Elle ne mène sans doute pas sa vie comme tout le monde, mais elle s’amuse beaucoup plus. Elle a beaucoup d’humour. Elle dit des choses que personne d’autre qu’elle n’oserait dire, et c’est pour cela qu’elle est aussi drôle.»
«Le film vous emporte dans un tourbillon de folie, d’énergie, et de cruauté, mais c’est surtout l’histoire d’un personnage sans limites, et je pense que les gens adorent voir ce type de personnages : on a ainsi un peu le sentiment de vivre des choses interdites par procuration,» précise Jan.
Le réalisateur Paul Goldman a signé deux longs métrages Australian Rules et The Night We Called It A Day, et s’est fait connaître pour ses clips vidéos et ses spots publicitaires. Il collaborait étroitement avec Leah et Alice depuis plusieurs années lorsque Alice lui présenta un tout premier jet du scénario.

Paul collabora au scénario avec Alice pendant un an, en apportant son point de vue et ses idées à l’intrigue : «Je crois que Alice et Leah ont compris à demi-mot que j’aurais souhaité que l’atmosphère générale du film soit beaucoup plus sombre, mais Alice voulait au contraire conserver la dimension de comédie du film. Tous les conflits d’ordre artistique que nous avons eus pendant les deux ans et demi de développement sont nés de ma détermination à ancrer le film dans une réalité affective et psychologique. J’aime bien les histoires sombres... j’aime l’envers du décor...»

«Je ne voulais pas que le film verse dans la farce. Il y a de nombreuses scènes d’humour noir dans le film, et l’humour y est un élément fondamental, mais il fallait qu’on reste toujours sur le fil : je n’aurais pas voulu que le film adopte un ton de sitcom ou une tonalité trop décalée.»


Les Acteurs

Trouver la comédienne pour le rôle de Katrina fut un vrai défi car, de toute évidence, le sort du film en dépendait. Paul choisit la directrice de casting Anousha Zarkesh avec qui il avait travaillé sur ses deux précédents longs métrages. Ils s’engagèrent dans une longue phase de casting, ce qui correspondait à la méthode de travail de Paul.

«Anousha savait que je n’étais pas du genre à crier victoire en croyant avoir trouvé quelqu’un ! Je ne m’exclame jamais «génial ! j’ai trouvé l’actrice qu’il nous faut !» J’ai tendance à me poser pas mal de questions, et à peser le pour et le contre. Nous avons rencontré beaucoup de filles et beaucoup de bonnes comédiennes. Nous avons pensé à Emily Barclay dès que nous l’avons vue dans In My Father’s Den un an et demi avant d’entamer le casting. J’ai toujours eu des réserves à son sujet, et j’ai passé pas mal de temps à convaincre le reste de l’équipe qu’elle n’était pas le bon choix, mais il émanait d’elle quelque chose qui fait qu’elle a toujours été en lice. C’est vraiment grâce à Jan Chapman – et je lui en suis extrêmement reconnaissant – que nous sommes revenus vers Emily. Nous l’avons faite revenir de Nouvelle-Zélande et elle nous a tout simplement époustouflés. C’était alors parfaitement évident qu’elle était la jeune fille que nous recherchions. Elle est magnifique dans le film, et c’est donc étonnant de penser qu’on ait pu avoir des réserves à son sujet.»

«Emily est parfaite dans le rôle de Katrina. Elle a du culot, elle est drôle, intelligente et elle a même un petit grain de folie. Elle possède une densité que je n’ai jamais vue auparavant. C’est une vraie trouvaille, et c’est à son contact que les autres comédiens se sont révélés. Je crois que tout le monde brûlait de la rencontrer. Parfois, pendant le tournage, il fallait que je me force à me rappeler qu’il s’agissait d’Emily, et pas de Katrina, tant elle était habitée par le rôle,» poursuit Alice.

Les comédiens qui partagent l’affiche avec Emily Barclay sont tout aussi formidables. Citons notamment le nouveau venu Michael Dorman qui campe Rusty, le petit copain dévoué de Katrina.

Pour la productrice Leah Churchill-brown, «Nous avons rappelé Michael Dorman pour une deuxième audition, et nous lui avons demandé de jouer la scène d’amour physique. J’ai compris à ce moment-là qu’il était non seulement beau mec, mais qu’il était extrêmement attachant dans le rôle de Rusty. Il y a une douceur dans son jeu qui offre un parfait contrepoint à Katrina, on s’identifie totalement à lui et on comprend ce qui motive ses actes. Cela a été difficile pour lui d’atteindre cet équilibre.»

«J’insiste beaucoup pour que les comédiens s’investissent dans leur personnage et fassent appel à leur imagination.
Les comédiens et moi- même mettons pas mal de temps à vraiment nous concentrer.» Alice, Leah et Paul ont dû se battre pour défendre le dispositif des entretiens : «C’est un procédé que j’avais admiré dans Prête à tout de Gus Van Sant, mais on nous a souvent dit que ces entretiens n’étaient que du temps mort, alors que je pense qu’ils donnent un éclairage intéressant sur les personnages car on les perçoit alors de plusieurs points de vue,» déclare Alice.

Les Répétitions

Paul Goldman est réputé pour son perfectionnisme et son culte du détail. La méthode qu’il a mise au point sur ses trois films consiste à faire travailler l’acteur David Field avec lui et les comédiens au cours d’une longue phase de répétitions. Sur une période de 13 jours, pendant six à dix heures par jour, ils ont travaillé avec les comédiens, en imaginant des parcours aux personnages, en leur créant un contexte social et en utilisant plusieurs techniques pour – selon Paul – «étoffer les personnages». Les répétitions se déroulèrent au bureau de pré-production et la porte était donc ouverte aux membres de l’équipe technique pour qu’ils puissent donner leur avis. La scénariste Alice Bell s’y rendait souvent. «David est un ami proche et un collègue, et nous savons très bien ce que nous attendons l’un et l’autre des répétitions : je laisse donc David libre de faire ce qu’il veut pendant les répétitions. Il a suivi de près le développement du projet, tandis que Anousha s’occupait du casting, et tout au long de ces différentes étapes, nous n’avons cessé de parler de ce que nous recherchions, et lui n’a cessé de me demander où en était ma réflexion. Nous avons toujours su communiquer et nous nous sommes toujours très bien compris, David et moi, et si je le laisse entièrement libre pendant les répétitions, c’est parce qu’il est intrépide,» explique Paul.

Exemple révélateur de la direction d’acteur de Paul : son approche du personnage de tante Dianne, campée par Genevieve Lemon, narratrice du film. Son personnage s’adresse directement à la caméra, en revenant sur les événements que retrace le film. Paul savait qu’il risquait de faire d’elle un personnage parodique ou stéréotypé.

«J’ai demandé à Genevieve Lemon de visionner quelques films ou séries télé, comme Sylvania Waters ou le documentaire Cunnamulla. Nous avons consacré pas mal de temps à ces entretiens face caméra pendant les répétitions. Notre but était qu’ils soient réalistes et qu’ils donnent le sentiment qu’il s’agit d’entretiens filmés face caméra en temps réel. Tante Dianne passe par toutes sortes d’émotions, et je me suis dit que la meilleure manière d’étoffer son personnage était de demander à Robert Morgan, qui campe John, le père de Katrina, et qui est très, très proche de tante Dianne, d’enregistrer en vidéo, le dernier jour de ses répétitions, un message de bon anniversaire à l’attention de tante Dianne.»

Le Tournage

Paul choisit le chef-opérateur Robert Humphreys, la chef décoratrice Nell Hanson et la chef costumière Melinda Doring. Paul, Alice et Leah savaient parfaitement quel style visuel ils voulaient donner au film. Paul avait amassé une impressionnante collection d’œuvres de cinéastes et de photographes tels que John Cassavetes, Larry Clark, Corinne Day et Nan Goldin pour servir de références visuelles. On décida d’ouvrir le diaphragme de la caméra de deux valeurs et d’utiliser une palette de couleurs d’une grande richesse pour accentuer le style hyperréaliste du film.

Pour Paul, il était important que l’action se déroule dans un lieu réel. Newcastle, à deux heures et demi de route au nord de Sydney, fut choisi pour sa proximité avec cette dernière, mais aussi pour sa géographie urbaine. Quant à Leah, la productrice, elle tenait absolument à tourner le film hors de Sydney.

«D’entrée de jeu, j’ai su que si nous tournions en dehors de Sydney, on aurait beaucoup plus de mobilité. Le tournage allait se dérouler dans plusieurs décors, et je me suis dit que si on tournait dans une grande métropole, cela ne marcherait pas, d’autant que je voulais qu’on ait un lieu où l’équipe puisse se retrouver. Nous avons fait des repérages dans la région, d’Adelaide jusqu’à Wollongong, mais le bureau du cinéma de Newcastle s’est montré très convaincant et efficace : une part de notre financement provient d’ailleurs du Fonds Régional de Soutien au Cinéma du Nouveau Pays de Galles du Sud.»

«Je voulais que ce film soit totalement ancré dans le réalisme et le naturalisme, et je ne voulais pas qu’il ait un côté potache ou décalé : il fallait que le style soit le plus réaliste possible et sobre. C’est une tâche délicate pour un chef décorateur.» «Il fallait que les lieux où nous tournions et les décors soient d’une très grande authenticité et qu’ils servent d’arrière-plan à l’intrigue. Pour moi, il fallait que l’histoire et les personnages soient au premier plan.» Nell Hanson parcourut la région de long en large avec le régisseur d’extérieurs pour s’imprégner de l’atmosphère de la banlieue. «La meilleure méthode consistait à partir en repérages sur le terrain. On m’a invitée dans des centaines de maisons de banlieue et j’y ai rencontré des centaines de gens, et je prenais des idées ici et là, tout au long de cette recherche. Au départ, j’étais un peu déprimée parce que j’avais le sentiment que toutes les maisons se ressemblaient, mais par la suite votre regard devient plus affûté et on commence à distinguer des différences subtiles.» Nell s’attarda particulièrement sur les maisons où de jeunes adultes vivaient encore chez leurs parents – parfois avec leurs propres enfants, tout comme
Katrina. «Je comprenais de mieux en mieux dans quelle mesure ces jeunes gens sont encore des enfants, leurs chambres sont encore des chambres d’enfants, mais dans quelle mesure aussi ils sont adultes par ailleurs. C’était très stimulant de construire le personnage de Katrina, d’abord petite fille puis redoutable monstre, et d’établir un contraste entre sa chambre, pleine de couleurs et de vie, et le reste de la maison, vide et sans âme. Katrina incarne la vie dans cette maison,» explique Nell. «C’est un peu la même chose s’agissant de la maison de Kenny et de sa sœur Janelle : il y a un vrai contraste entre la chambre de Kenny et celle de Janelle. D’un côté, il y a cette pièce terne, pauvrement décorée dans des teintes beiges, et de l’autre, la chambre de Kenny qui renferme son monde délirant. Il s’est reclus dans cette pièce et il y a là toute sa vie concentrée dans un espace de 3 mètres sur 3. C’est assez effrayant, et attachant dans le même temps, à l’image de Kenny. On ne l’aperçoit que pendant une seconde, mais c’est la pièce qui m’a le plus amusée à concevoir.»

La maison de Lilya est l’incarnation même de la perfection. On y trouve un paillasson souhaitant la bienvenue sur le palier, mais où l’on ne se sent pas franchement bienvenu... Le film s’achève dans une maison au bord de la mer. On a désormais quitté le monde de la banlieue résidentielle pour une demeure qui symbolise un art de vivre idyllique.

La chef costumière Melinda Doring avait la passionnante mission de créer toute une garde-robe pour Katrina. D’après Paul Goldman, son travail s’est révélé crucial pour qu’Emily Barclay puisse s’emparer totalement du personnage. «Nous avons toujours su – et cela n’a fait que se confirmer tout au long des répétitions – que les costumes seraient particulièrement importants pour Emily. Au départ, nous lui avons donné un masque pour faciliter son travail, et nous savions que si nous visions juste, cela lui donnerait toute liberté pour entrer dans la peau du personnage. Emily portait d’énormes ongles en acrylique, une longue chevelure brune et un rembourrage au niveau de la poitrine, ce qui lui donnait un air rebelle et lui procurait un pur plaisir à camper le personnage,» précise-t-il.

«Melinda a fait un boulot formidable en créant pour Emily des robes courtes de couturier et de grandes bottes. Nous avons demandé à Emily de porter ces accessoires et ces costumes dans la rue pour voir comment elle se sentait : Katrina a parfois un peu l’air d’une fille facile, et cela ne correspond pas du tout au style vestimentaire d’Emily : Katrina n’a rien à voir avec Emily, et il fallait donc qu’on garde ça en tête constamment pour réussir sa transformation. Sur le plan visuel, on s’est également beaucoup amusés car, dans le film, Katrina est vraiment impudique et Emily a pris beaucoup de plaisir à aller dans cette direction.»

La figure du chat était un élément important des costumes de Katrina et le caractère félin du personnage servirent d’inspiration à Melinda.

«Katrina est parfois très sûre d’elle et de son physique, et ses costumes mettent alors en valeur ses plus grands atouts : ses seins et ses jambes. Elle passe son temps à s’exhiber et à s’affirmer à travers ses vêtements. Elle est très féline – dans sa manière de se pavaner et de porter des ongles très longs – et on a donc multiplié les motifs de chat et les imprimés léopard pour tous ses costumes... et elle possède la plus impressionnante collection de soutien-gorges sexy que j’aie jamais conçus pour une actrice !» précise Melinda.

Le chef-opérateur Bob Humphreys chercha à créer une atmosphère âpre, ancrée dans la réalité contemporaine et mettant en valeur le jeu sans concession des comédiens. «Les couleurs sont saturées et très vives, comme dans une représentation colorée de la banlieue. Le style est réaliste, voire hyperréaliste. D’autre part, le film a essentiellement été tourné caméra à l’épaule. On n’a pas cherché à donner le sentiment qu’il s’agit de plans captés sur le vif et on n’a donc pas opté pour une image tremblée, mais le film possède pourtant une dimension «brute» contemporaine. La caméra se veut observatrice, et les teintes saturées viennent à la fois du travail en labo et du réglage du diaphragme.» «Il était capital qu’on soit au plus près d’Emily. Nous avons décidé de tourner caméra à l’épaule pour créer un sentiment de grande proximité» reprend le réalisateur. «J’avais dit à Emily avant le tournage qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait, et qu’elle n’avait pas à se censurer. Cela a rendu la tâche particulièrement difficile pour Bob et son opérateur. Emily était libre de modifier sa gestuelle dans le moindre plan, et je crois que Bob a adoré relever cet incroyable défi.»

Un autre défi majeur – notamment pour la productrice Leah Churchill- Brown – consista à travailler avec des bébés. Le bébé de Katrina, Bailee, apparaît dans de très nombreuses scènes. Leah en rit aujourd’hui, mais elle se souvient des difficultés à l’époque : «Je débutais dans la production de longs métrages, j’étais naïve et optimiste à la fois.»

«C’était vraiment difficile en raison du comportement des nouveaux- nés : tout d’abord, on ne peut travailler
avec des tout-petits que pendant une durée limitée et, ensuite, les bébés se mettent bien entendu à pleurer dès qu’on les éloigne de leur mère. On a d’abord envisagé d’utiliser des jumeaux ou des triplés, mais nos jumeaux n’aimaient pas être séparés et on a donc fini par utiliser neuf bébés différents pendant le tournage!»

«Le film parle de rock and roll, de sexe et de bolides. Katrina est incroyablement drôle, sexy et belle. Ce film vous entraîne dans un véritable parcours de montagnes russes, à la fois irrésistible et très coquin.»

Entretien avec Emily Barclay

Comment pourriez-vous décrire le personnage de Katrina ?
Elle est pareille au cyclone Katrina : elle n’a pas de limites, pas de repères, et elle transgresse toutes les règles. Elle nous rappelle à quel point toutes ces règles sont fragiles et combien il est facile de s’écarter de ce qu’on croit être le droit chemin. Elle est instable et elle pousse constamment les gens qui l’entourent dans leurs retranchements, mais elle est aussi charmante et manipulatrice. En se plaçant du point de vue des valeurs bourgeoises, on pourrait la condamner et penser qu’elle ne se comporte pas bien, mais de son propre point de vue, ses actes lui paraissent justifiés. Elle ne fait pas ce qu’il faut, mais pour de bonnes raisons...

Entretien ave Michael Dorman

Comment pourriez-vous définir Rusty ?
Pour moi, le film parle d’un personnage qui ne fait pas ce qu’il faut, mais pour de bonnes raisons. Rusty incarne le souffre-douleur de l’histoire et il n’a de cesse de se battre pour défendre sa cause. C’est un type assez doux. Il a été élevé à la dure, mais c’est un garçon affectueux. Il fait partie de ces gens qui, quand ils pensent avoir trouvé le grand amour, se battent pour aller au bout de leur rêve. Il est tellement amoureux de Katrina qu’il ferait n’importe quoi pour elle, et c’est d’ailleurs ce qu’il fait.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

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