Entretien avec Gérard LanvinQu’est-ce qui vous a touché quand vous avez lu le scénario de Le Héros De La Famille ?
Toujours pareil, une écriture... Quand ça concerne l’humain, c’est toujours intéressant à aller visiter. Là, il y a une histoire de famille, une histoire d’héritage à régler qui, bien sûr, va faire que les caractères vont se révéler, se préciser... Il y avait un premier pari excitant qui était d’investir, de faire exister une famille qui n’existait pas, avant que Thierry ne la compose avec des acteurs formidables. Le deuxième pari, pour moi, c’était d’interpréter un magicien, autrement dit quelqu’un qui a beaucoup d’adresse, d’habileté, alors que moi, je suis maladroit comme tout ! Justement, c’est passionnant : on cherche jusqu’au bout des rôles que l’on n’a pas encore travaillés. Enfin, ce qui m’a touché aussi, non plus dans le scénario mais dans cette aventure, c’est la détermination et l’envie de Thierry. Je sais à quel point il est près des acteurs, à quel point il les aime. D’ailleurs, sur le tournage, c’est devenu très important pour nous tous, de le motiver, de lui donner de l’énergie en étant au plus près de ce qu’il rêvait d’obtenir.
Comment définiriez-vous votre personnage ?
Nicky est avant tout un séducteur, un homme qui connaît le pouvoir qu’il exerce sur les gens, qui est très attiré par les femmes... À son arrivée d’Algérie, au moment de l’indépendance, alors qu’il n’était qu’un adolescent, il a été recueilli par un homme, Gabriel [ Claude Brasseur], qui l’a construit, qui a fait de lui ce qu’il est mais qui, en même temps, en le protégeant trop, l’a rendu fragile. La mort de cet homme va lui faire réaliser à quel point il a été trahi ou peu respecté par toutes les femmes qui l’ont aimé. C’est donc aussi un naïf. Un homme de mon âge mais naïf et avec toujours un désir absolu de séduire. Il va rencontrer une chanteuse, Léa, que joue Emmanuelle Béart, dont il pense qu’elle sera peut-être une de ses dernières histoires d’amour pour peu qu’il veuille la vivre. Enfin, c’est un homme de spectacle qui a connu sa petite heure de gloire mais qui, aujourd’hui, s’est réfugié au Perroquet bleu qui est toute sa vie, et dont pourtant il va être privé, car cet héritage ne va pas lui revenir. Mais, comme le dit Gabriel, il fallait le faire réagir, il fallait le faire grandir... Et il était temps ! [Rires.]
Comment définiriez-vous la relations entre Nicky et Gabriel ?
Ce sont un peu des rapports de père à fils. Gabriel, c’est un initiateur. Et il le sera jusqu’au bout. Même après sa mort. Comme on doit l’être quand on a une responsabilité vis-à-vis d’un enfant ou d’une famille. Jusqu’au dernier moment, il va tellement provoquer Nicky qu’il va se croire délaissé, mal aimé, trompé, alors que c’est justement parce que Gabriel l’aime profondément qu’il fait tout ça. Pour le faire réagir, pour le faire bouger, pour lui donner envie d’aller exister ailleurs, pour qu’il se trouve une autre énergie, une autre identité même... Alors que sa vie semblait s’être arrêtée, il lui offre la plus belle des ouvertures. Mais c’est pas facile d’apprendre tout ça à 55 ans ! [Rires.]
Et que diriez-vous de vos rapports avec Claude Brasseur ?
C’est déjà un immense acteur et puis... c’est un homme que j’aime. Ca ne s’explique pas. C’est une évidence. Claude, je l’ai observé dans tous ses films, depuis longtemps, depuis qu’il jouait «Vidocq» à la télé. C’est un acteur que j’aime énormément. Et quand j’ai rencontré l’homme, je n’ai pas été déçu. Bien au contraire. Depuis que nous avons travaillé ensemble, on a développé une belle complicité. Quelque chose d’exceptionnel... Malgré notre différence d’âge, il devient un «pote» génial pour moi. En plus, il est comme un gosse, il a une folie incroyable, et qu’est-ce qu’il aime rire ! Et moi, justement, je «kiffe» de le faire rire.
Le Héros De La Famille est un film choral qui vous donne l’occasion de rencontrer des actrices avec qui vous n’aviez pas tourné... Comme Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Valérie Lemercier, Géraldine Pailhas...
La plupart en fait. C’est rare les films qui vous permettent d’avoir autant de partenaires féminines de qualité, autant d’actrices de haut vol !
Vous souvenez-vous la première fois où vous avez rencontré Catherine Deneuve ?
Oui bien sûr ! C’était au café-théâtre, à la «Veuve Pichard». Catherine venait souvent voir les spectacles de café-théâtre et le jour où j’ai déboulé la première fois sur scène en chantant le chevalier masqué, qui est devenu le chevalier blanc plus tard dans le film de Coluche, je suis tombé... dans les yeux de Catherine Deneuve ! Et elle s’en souvient ! Après, je l’ai «flinguée» dans Le choix des armes. Je n’avais qu’une journée avec elle. Juste pour la tuer. Heureusement, c’était du cinéma et ça nous permet maintenant sur ce film-là d’être amoureux - enfin de nous rappeler que l’on a été amoureux et que nous avons eu un fils ensemble ! [Rires.] C’est un vrai plaisir de travailler avec elle. Il lui arrivait même de venir sur le plateau quand elle ne tournait pas. Juste pour nous encourager. Juste pour le plaisir d’être là avec nous.
Et Emmanuelle Béart ?
C’est Jean-Claude Brialy qui me l’avait présentée il y a déjà longtemps, à une projection dans une petite salle... Après, on n’a jamais eu l’occasion de se recroiser mais c’est quelqu’un que j’aime bien parce que je la sais sincère. Comme toutes les belles filles, elle a ce désagréable sentiment qu’on ne la croit jamais parce qu’elle est belle mais c’est quelqu’un qui s’investit dans ce qu’elle fait, qui s’implique à fond. Quand elle joue, elle est là ! Et elle s’investit avec autant de sincérité et d’implication dans les combats qu’elle mène. Tout ça en fait une femme à la fois fragile, équilibrée, intéressante, jolie, amusante, qui aime la vie... Une belle partenaire.
Ce film a été aussi pour vous l’occasion de retrouver 25 ans après, Miou-miou avec qui vous aviez tourné Est-ce Bien Raisonnable? de Georges Lautner...
D’ailleurs, c’était aussi à Nice. Miou, enfin de compte, c’est ma petite sœur. On a le même âge. Lorsque nous nous sommes rencontrés, elle était déjà très connue. Moi, j’arrivais juste. Elle m’a aidé, elle m’a bien accueilli et justement, elle m’a appris à accueillir les autres. C’est une leçon que j’ai toujours retenue. J’ai pu être heureux sur Est-ce Bien Raisonnable? alors que je n’étais quasiment rien du tout au départ et jouer à ses côtés l’un des rôles principaux du film, parce qu’elle a su m’accueillir, me mettre à l’aise. Et on s’est retrouvés aujourd’hui, sans s’être quasiment jamais croisés depuis, comme des gens qui ont fait, l’un et l’autre, un parcours singulier, avec la même simplicité, le même plaisir...
Comment définiriez-vous le rapport de votre personnage, Nicky, avec toutes ces femmes ?
C’est un «mec» qui aime les femmes, il est donc très attiré par les différences qu’elles peuvent nous apporter... La délicatesse, et toutes ces choses que notre sexe à nous n’a pas forcément... Chaque femme est facinante. Il y a toujours un truc exceptionnel à découvrir chez chacune d’entre elles... Je le comprends bien ce Nicky. Sa façon de vouloir séduire, de vouloir aimer absolument... Toutes ces femmes dégagent une vraie sensualité. Elles ont un réel pouvoir de séduction et, en même temps, elles sont fortes ! Plus fortes que lui. C’est intéressant d’avoir un homme aussi fragile que Nicky à jouer. C’est touchant ce désir absolu d’aller vers ces femmes, de leur plaire et de devenir leur amant - parce qu’il ne s’agit que de ça, il ne veut pas devenir leur homme, il veut devenir leur amant...
Quelle a été votre réaction quand Thierry Klifa vous a dit que vos deux enfants allaient être joués par Géraldine Pailhas et Michaël Cohen ?
Ah, ça fi le un coup de blues ! [Rires.] Vous vous dites : «Ouah, ils sont grands !» En même temps, dans la vie, j’ai un fils qui a 30 ans, alors... De toute façon, avoir des enfants dans un film, c’est le signe de la longévité. C’est mieux qu’un César, un rôle avec des enfants aussi adultes. C’est le signe que vous avez déjà fait un bon bout de chemin ! [Rires.] Les Enfants de Christian Vincent m’avait déjà permis de mettre en action mon sentiment paternel, mais ils étaient petits. Là, c’est différent. Et puis, être entouré de deux personnes pareilles, de deux acteurs comme eux, ça vous donne une crédibilité supplémentaire. C’est un joli pari que de faire en sorte que ce garçon et cette fille deviennent vraiment vos enfants dans la réalité du film. C’est ça, au fond, le plus difficile... D’autant que là, les rapports que Nicky a avec ses enfants sont très loin d’être ceux que j’ai avec les miens ! Moi, à la différence de Nicky, j’ai «kiffé» avec eux des vrais moments de papa. Dans le film, Nicky est fâché avec sa fille - ce conflit, ça fait donc de la matière pour jouer. Et avec son fils, qui est homosexuel, il y a encore un rapport d’émotion... Quand c’est bien écrit comme ici, il n’y a aucun souci pour faire exister ces liens familiaux. L’analyse de texte est facile à faire, la relation semble aller de soi...
Y a-t-il une scène que vous appréhendiez particulièrement ?
Plein, plein... Toutes... Toutes, on les appréhende ! Sauf les scènes où l’on descend en courant un escalier, et encore on se dit «Pourvu que je ne me blesse pas !» [Rires.] Ah, non, c’était coquet là. C’était un boulot vachement intéressant, délicat, pointu... Tout était difficile... avant d’être simple ! Il y avait du texte, et du texte qu’il fallait dire à la virgule près, dans des situations pas du tout évidentes. Imaginez-vous, j’ai connu Claude Brasseur sur Camping où nous sommes devenus amis, en short et en charentaises, et là, je dois danser un slow avec lui habillé en femme, sans que ce soit comique mais qu’au contraire, cette danse dégage une belle émotion d’amour ! Ce n’est pas évident au départ et ça devient très simple à l’arrivée parce que vous êtes en situation... Mais quand vous le lisez ! Surtout qu’au fi l des pages, ça s’accumule : il faut être très tendre avec Emmanuelle Béart sous les draps, il faut embrasser Catherine Deneuve sur un balcon, devant un feu d’artifice... Oh la la ! [Rires.] Ce n’est pas simple tout ça ! Et d’un coup, ça se met en place et tout roule. Ce qui est formidable, c’est qu’une fois que l’on dit «moteur, action», on est dedans sans problème ! Le lendemain, dans sa baignoire, quand on y repense, on se dit qu’il n’y avait de quoi s’en faire une montagne. Comment on y est arrivé, on ne sait pas trop. Mais c’est ça, le truc magique, c’est pour ça que l’on aime faire du cinéma.
Quelle est la scène que vous avez préférée jouer ?
Il y en a beaucoup... C’est difficile de choisir. Sur ce film-là, j’ai été quasiment de tous les jours, avec tous ces acteurs différents, soit à quelques uns, soit tous ensemble. J’ai eu trop d’émotions heureuse, à chaque fois à jouer avec eux... Valérie Lemercier, Michaël Cohen, Géraldine Pailhas... On s’est bien marrés tous ensemble, et on a formé une famille ! En plus, Thierry est un super directeur d’acteur. Ce n’est pas qu’il nous trouve des solutions, c’est qu’il nous les demande, qu’il cherche avec nous. Les grands directeurs d’acteurs sont des gens qui ne se satisfont pas du minimum et qui vont aller gratter avec vous pour trouver la plus grande exactitude par rapport à ce dont ils ont rêvé au moment de l’écriture... Il y a chez Thierry un rare mélange d’humanité, de gentillesse et de rigueur, d’exigence. Non, je n’ai pas de scène préférée, j’ai le film entier dans la tête dont le tournage m’a rendu heureux.
S’il ne devait vous rester qu’une image de toute cette aventure, quelle serait-elle ?
La photo de fin de film... Parce que c’est vrai qu’il y a eu beaucoup d’acteurs sur ce film, et toutes ces actrices que l’on ne m’avait jamais permis de rencontrer avant... J’ai travaillé là avec des gens que je regarde souvent au cinéma et qui me plaisent beaucoup... Ce sera ça, le souvenir exact de ce film, cette photo de famille. Entretien avec Catherine DeneuveQu’est-ce qui vous a attirée dans Le Héros De La Famille?
Au départ, ce qui m’attirait le plus, c’était l’idée de faire un film avec beaucoup d’acteurs. Certains avec lesquels j’avais déjà tourné, et d’autres que je n’avais jamais rencontrés et avec lesquels j’étais heureuse de pouvoir travailler. Et puis, à la lecture du scénario, j’ai aimé l’idée de cette famille recomposée. La mort d’un des personnages est en effet le prétexte pour que se réunissent tous ceux, toutes celles, qui l’ont connu, qui l’ont aimé... Il y a dans cette histoire pleine de secrets et de rebondissements tout un aspect romanesque, et moi, le romanesque, ça me touche toujours... Enfin, ça me plaisait de faire partie de cette aventure. Entretien avec Emmanuelle BéartComment pourriez-vous définir votre personnage ?
Elle s’appelle soi-disant Léa, mais... je la soupçonne d’avoir changé de nom ! C’est une fille profondément simple, humble. Quelqu’un qui a baroudé, qui s’en est pris «plein la gueule», c’est évident... Mais du coup, ça lui a donné ce regard plein de tolérance pour les êtres qu’elle croise, pour leurs défauts, leur vanité, leur colère. C’est ce que j’aime bien chez elle. C’est comme si elle traversait cette histoire en jetant sur chacun un sourire quel que soit ce qu’elle reçoit en retour et même si ce sont des choses assez piquantes. Comme si, au fond, elle était ailleurs... D’ailleurs, elle l’est. Puisqu’elle est quasiment la seule à ne pas être liée à toute cette histoire de famille. Elle, elle passe. Elle a l’habitude de passer... Entretien avec Miou-MiouQu’est-ce qui vous a attirée dans Le Héros De La Famille ?
D’abord le scénario. L’ambiance de ce cabaret, ce mélange de générosité et de vacherie, de drôlerie qui n’est d’ailleurs pas toujours si drôle que ça et où l’émotion n’est jamais très loin, ces rapports complexes et ambigus entre tous ces gens... Et puis, le plaisir de cette distribution si étonnante, si riche. On a tous des rôles très différents et très bien équilibrés. Chacun a sa partition dans ce grand ensemble. Tout ça, c’est quelque chose qui vous rend enthousiaste... Entretien avec Géraldine PailhasÉtant très proche des deux scénaristes, Thierry Klifa et Christopher Thompson, vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu parler du Le Héros De La Famille
Je ne peux pas situer la date. C’était il y a quelques années. Et à l’époque, le projet s’appelait «Le lapin est dans le chapeau» qui, aujourd’hui dans du Le Héros De La Famille, est le titre de l’émission de magie dans laquelle officient merveilleusement «mes parents», Gérard Lanvin et Miou-miou ! Je savais que j’allais avoir un rôle dedans et que j’allais jouer la sœur de Michaël [Cohen] mais le projet était très différent du scénario que l’on a tourné. Entretien avec Michaël CohenAvec Géraldine Pailhas, vous êtes les seuls à avoir su avant même l’écriture que vous alliez être dans Le Héros De La Famille et que vous alliez jouer un frère et une sœur. Avez-vous lu le scénario au fur et à mesure ou l’avez-vous découvert seulement une fois terminé ? Entretien avec Claude BrasseurQu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire ?
Beaucoup de choses ! D’abord, il y a quelque chose que j’aime beaucoup et, qui, d’ailleurs, se retrouve, je crois, dans tout ce que j’ai fait, ce sont les films choraux, les histoires avec plusieurs personnages, avec plusieurs histoires qui s’entremêlent : les fameux Un éléphant ça Trompe énormément et Nous Irons Tous Au Paradis, jusqu’à Fauteuils D'Orchestre... Je préfère ça aujourd’hui aux histoires de couples, même s’il y en a encore de très belles... Ensuite, c’est l’ambiguïté et surtout le paradoxe de ce personnage que l’on me confiait. J’aime beaucoup les personnages qui ont des failles. Le plus grand paradoxe de cet homme, c’est qu’il est hétérosexuel mais prend un malin plaisir à jouer sur l’ambiguïté de son personnage de transformiste ! Il y a un autre paradoxe en lui un peu plus grave : il est extrêmement lucide sur sa vie et il accorde beaucoup d’importance à ses souvenirs mais malheureusement, il se rend compte qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer et que, justement, ses souvenirs sont en train de l’abandonner. Enfin, dernier paradoxe, il n’est pas du tout de nature suicidaire mais il décide pourtant de mettre fi n à ses jours. Et je crois même qu’il le fait avec une certaine joie car il prévoit les conséquences de son acte sur tous ceux qui l’entourent. Comme le lui dit Nicky, le personnage de Gérard Lanvin : «T’as foutu un beau bordel !» Difficile de résister à un personnage dont on dit ça ! [Rires.] Ce n’est qu’après que j’ai réalisé les difficultés qu’il y avait à l’interpréter et que je n’imaginais pas. Entretien avec Valérie LemercierVous souvenez-vous de la première fois où Thierry Klifa vous a parlé du Le Héros De La Famille ? Et était-il question alors que vous jouiez dedans ?
Il m’en a parlé après la sortie d’ Une Vie à T'Attendre. Il me disait qu’il écrivait tous les jours avec Christopher. Et puis l’été dernier, il m’a fait lire le scénario sans rien me demander. Comme on est amis, j’avais envie de lire ce qu’il avait écrit. Je l’ai rappelé pour lui dire que ça me plaisait beaucoup. J’aimais cette histoire de cabaret et tous ces gens qui tournent autour. J’avais l’impression de connaître cette histoire, d’être dans un univers familier et, en même temps, je trouvais ça exotique. C’est en effet un monde que l’on ne filme pas souvent et autant je n’aime pas les making of ou les reportages dans les coulisses, autant j’adore voir au cinéma les arrière-salles de spectacle, les préparatifs d’une représentation, la reconstitution d’un tournage. Il y a quelque chose alors de très romanesque... Un peu plus tard, alors que j’étais en plein montage de Palais Royal !, nous avons déjeuné ensemble et là, il m’a demandé si je voulais bien jouer Pamela. Et c’est vrai qu’en lisant le scénario, je m’étais dit, sans même penser une seconde qu’il allait me le proposer, que c’était un bon personnage, un rôle amusant à jouer. Entretien avec Pierrick LilliuQuel a été votre sentiment lorsque l’on vous a appelé pour le casting du Le Héros De La Famille ?
La surprise. Je venais de Bretagne, je sortais d’une émission de télé de M6, «La nouvelle star», je venais de faire un album, je ne pensais pas que tout ça allait s’enchaîner avec un film ! J’ai d’abord rencontré Thierry dont j’avais beaucoup aimé Une Vie à T'Attendre. Il m’a parlé de son projet, m’a fait écouter les chansons qui allaient être dans le film, m’a expliqué ce qu’il attendait de moi. Quand il m’a proposé de faire les essais, j’y suis allé avec curiosité et plaisir. J’étais ravi. En plus, les essais se sont très bien passés. Thierry était très gentil et Michaël Cohen qui me donnait la réplique, puisque je joue son petit ami dans le film, a tout fait pour me mettre très à l’aise. Entretien avec Thierry Klifa, réalisateurQuel a été le point de départ du Le Héros De La Famille ?
Les personnages ou l’univers de la nuit et des cabarets ?
Un peu les deux à la fois. Il y avait d’abord l’envie de raconter l’histoire d’un père avec ses deux enfants qui seraient nés quasiment en même temps mais pas de la même mère et ne l’auraient appris que bien plus tard. Et puis, il y avait aussi le désir de se retrouver dans un univers un peu marginal, plutôt bohème, lié d’une manière ou d’une autre au monde du spectacle et de la nuit. Tout de suite, j’ai su que cet homme serait un magicien. Pourquoi ? Je ne sais pas bien. J’avais été à un goûter d’enfants où il y avait un magicien qui avait attiré mon attention. Je me demandais quelle était sa vie, comment il la voyait, quels étaient ses rêves... Il suscitait un fantasme tellement évident dans le regard des enfants que ça m’avait intrigué. Entretien avec Christopher Thompson, scénaristeVous souvenez-vous de la toute première fois où Thierry Klifa vous a parlé du Le Héros De La Famille ?
C’est difficile de retrouver le point de départ précis d’un projet, surtout pour celui-ci fait de couches successives, des interventions de l’un et de l’autre, de conversations mêlées... Je pense que c’était au studio de Joinville pendant les finitions d’ Une Vie à T'Attendre, nous sommes allés déjeuner tous les deux et Thierry m’a parlé d’une histoire qu’il avait commencée à écrire, il y a quelques années, où il y avait deux magiciens. Il m’a aussi parlé de l’idée d’un homme dans la cinquantaine, une sorte de prince sans royaume, pris au milieu d’un tourbillon familial... Ensemble, on s’est dit qu’il pouvait y avoir un sujet dans tout ça. Entretien avec David Moreau, compositeurComment ça s’est passé pour la musique du Le Héros De La Famille ? Thierry Klifa vous a-t-il raconté l’histoire, vous a-t-il indiqué la couleur de la musique qu’il souhaitait ?
En fait, il m’a envoyé le scénario dès qu’ils ont terminé la toute première version et le scénario était accompagné d’un CD avec toutes les chansons qu’ils voulaient mettre dans le film et qui les avaient inspirés au moment de l’écriture. C’est particulier de donner un scénario avec un disque d’une dizaine de chansons au compositeur qui doit faire la musique du film ! Mais je me suis tout de suite pris au jeu. D’autant que ce CD indiquait déjà forcément la couleur du film. |
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