Notes de Prod. : Le héros de la famille

    en DVD le 26 Septembre 2007

Entretien avec David Moreau, compositeur

Comment ça s’est passé pour la musique du Le Héros De La Famille ? Thierry Klifa vous a-t-il raconté l’histoire, vous a-t-il indiqué la couleur de la musique qu’il souhaitait ?
En fait, il m’a envoyé le scénario dès qu’ils ont terminé la toute première version et le scénario était accompagné d’un CD avec toutes les chansons qu’ils voulaient mettre dans le film et qui les avaient inspirés au moment de l’écriture. C’est particulier de donner un scénario avec un disque d’une dizaine de chansons au compositeur qui doit faire la musique du film ! Mais je me suis tout de suite pris au jeu. D’autant que ce CD indiquait déjà forcément la couleur du film.

Vous n’aviez pas participé à ce choix de chansons ?
Non. Dans l’esprit de Thierry et de Christopher, c’était intimement lié à l’écriture, au rythme, à la couleur qu’ils voulaient donner à leur histoire. Ils avaient tous les deux fait un gros travail de recherches. Je me suis donc retrouvé avec des chansons qui, pour certaines, sont des chefs-d’œuvre, avec des musiques magnifiques, des standards de jazz... Je savais qu’Emmanuelle Béart et Géraldine Pailhas allaient chanter certaines d’entre elles et que je devrais faire les arrangements dans cet esprit-là. Le problème de la musique originale du film restait entier. La question était même un peu intimidante : quelle musique mettre dans un film si musical qui se passe dans un cabaret ? Est-ce pour cela ? En tout cas, j’ai préféré rentrer dans le film en commençant par travailler sur les arrangements des chansons. Avec Thierry, de toute façon, on n’a pas de règles de fonctionnement. Sur Une Vie à T'Attendre, j’avais composé le thème à la lecture du scénario. Là, c’est venu plus tard, progressivement.

Qu’est-ce qui vous a guidé dans votre inspiration ?
En regardant les images, je me suis rendu compte que le film a beau être vif et riche, il y a une certaine douceur, une certaine tranquillité dans la manière dont les dialogues sont rythmés, posés. Et j’ai cherché la bonne pulsation, celle qui correspondait aux dialogues. J’ai composé une musique plutôt lente, simple, facilement mémorisable. Parce qu’il y en a assez peu en fait, on n’a pas le temps de faire des variations. L’idée a donc été de partir de quelque chose de simple et puis après de creuser, de créer des plans sonores, des perspectives pour rendre le résultat un peu plus ambigu.

Comment définiriez-vous les rapports de Thierry Klifa avec la musique de film ?
La première chose, c’est que Thierry connaît extrêmement bien la musique de film. Probablement mieux que moi ! Il a chez lui des centaines de musiques de film, alors que moi, j’en ai très peu. C’est quelque chose qu’il aime, qui l’intéresse, sur laquelle il a un avis. Et encore plus, bien sûr, quand il s’agit de ses films : il pense que ses histoires en ont besoin, il veut que la musique accompagne, fasse ressortir un certain lyrisme qui est plutôt sous-jacent, sans pour autant être envahissante... Il a donc une idée assez précise de ce qu’il veut et, en même temps, il me laisse totalement libre. Je suis arrivé un jour avec des «démos» à la guitare et ça a marché. Je me suis senti particulièrement libre dans la composition, dans l’arrangement, même dans le mixage de la musique, il vient, il arrive et il valide ou alors il fait des remarques qui sont souvent très pertinentes, et comme nous sommes très amis, le dialogue avec lui est facile. D’autant qu’il est à la fois ouvert et précis. Je crois que sa force justement, c’est d’avoir une bonne conscience des choses et de savoir faire confiance. Je pense qu’il a dû se comporter comme ça sur pas mal de postes. Et après, l’inverse est vrai. Si, avec Luc Barnier, son monteur, il a envie de remanier des choses, je lui fais confiance...

Vous en êtes à votre troisième collaboration. En quoi son rapport avec la musique et avec vous a-t-il évolué depuis son court métrage Emilie Est Partie ?
Il me laisse de plus en plus libre et moi, je le laisse de plus en plus libre d’interpréter mon travail, et de gérer cette matière que je lui donne.

Dans quelle direction, avez-vous travaillé pour les arrangements des chansons ?
Nous sommes partis de l’idée du cabaret et on s’est dit que les arrangements allaient découler de cet univers. Et nous avons cherché aussi à leur donner un caractère un peu années 70, un peu dans l’esprit des émissions de «Maritie et Gilbert Carpentier». On s’est bien amusé à faire ça.

Comment avez-vous travaillé avec Emmanuelle Béart ?
Il fallait qu’elle soit aidée par un coach. J’ai eu l’idée de la faire travailler, et Géraldine aussi, avec David Levi qui est, par ailleurs, chef d’orchestre mais qui connaît extrêmement bien la voix, et a beaucoup travaillé avec des chanteurs d’opéra. Il les a rassurées, comme il l’a fait plus tard avec Catherine Deneuve quand il a été question, après le tournage, qu’elle enregistre aussi une chanson. On a trouvé les sonorités qui nous semblaient à tous idéales pour que ça se passe bien, parce qu’elles n’ont pas tellement l’habitude de chanter. Il ne fallait pas s’embarquer dans des choses trop vocales qui demandent une très grande technique et un vrai entraînement, il fallait que ce soit assez calme et assez doux...

On sait les rapports un peu ambigus qu’Emmanuelle Béart entretient avec la chanson - entre le désir et le rejet. Avez-vous été surpris par ce qu’elle a fait dans le film ?
Oui. Parce qu’elle joue une chanteuse et qu’elle chante quand même six chansons, c’était une vraie gageure. J’ai été surpris par sa discipline et son travail. C’est un soldat, Emmanuelle. Je crois qu’elle a travaillé autant qu’elle avait pu le faire dans le film de Sautet, Un Coeur En Hiver. Ce qu’elle arrivait à faire au violon en play-back, c’était délirant. Là, c’était la même chose. Et je pense que, finalement, elle a réussi à prendre un peu de plaisir, même si les chansons qu’on lui a demandé de chanter ne sont pas forcément celles qu’elle aurait choisies si elle avait voulu enregistrer un disque, ce qui viendra peut-être un jour d’ailleurs. Mais ce qu’elle a fait, ça sonne vraiment bien. Ça a du caractère et c’est émouvant.

Et Géraldine Pailhas ?
C’est comme Emmanuelle et comme Catherine Deneuve. Je ne sais pas si ce sont elles particulièrement ou si c’est une qualité des actrices, mais ce sont des femmes qui travaillent. Vraiment. Elles se lancent des défi s, elles se mettent quelque chose dans la tête et elles ne lâchent pas. En même temps, au départ, Emmanuelle, Géraldine ou Catherine chantent naturellement bien. C’était un atout.

Si vous ne deviez garder qu’une image de toute l’aventure du Le Héros De La Famille ?
Les scènes lorsqu’Emmanuelle a chanté à Nice avec la musique diffusée sur le plateau, c’était impressionnant... Quand Géraldine a chanté «La Rose», aussi, c’était émouvant. Et puis bien sûr, l’enregistrement de la chanson par Catherine Deneuve, dans mon studio. C’est particulier quand même de faire chanter Catherine Deneuve. Elle est liée à une telle histoire du cinéma, à tant de films que j’aime.

Entretien avec Gérard Lanvin

Qu’est-ce qui vous a touché quand vous avez lu le scénario de Le Héros De La Famille ?
Toujours pareil, une écriture... Quand ça concerne l’humain, c’est toujours intéressant à aller visiter. Là, il y a une histoire de famille, une histoire d’héritage à régler qui, bien sûr, va faire que les caractères vont se révéler, se préciser... Il y avait un premier pari excitant qui était d’investir, de faire exister une famille qui n’existait pas, avant que Thierry ne la compose avec des acteurs formidables. Le deuxième pari, pour moi, c’était d’interpréter un magicien, autrement dit quelqu’un qui a beaucoup d’adresse, d’habileté, alors que moi, je suis maladroit comme tout ! Justement, c’est passionnant : on cherche jusqu’au bout des rôles que l’on n’a pas encore travaillés. Enfin, ce qui m’a touché aussi, non plus dans le scénario mais dans cette aventure, c’est la détermination et l’envie de Thierry. Je sais à quel point il est près des acteurs, à quel point il les aime. D’ailleurs, sur le tournage, c’est devenu très important pour nous tous, de le motiver, de lui donner de l’énergie en étant au plus près de ce qu’il rêvait d’obtenir.

Entretien avec Catherine Deneuve

Qu’est-ce qui vous a attirée dans Le Héros De La Famille?
Au départ, ce qui m’attirait le plus, c’était l’idée de faire un film avec beaucoup d’acteurs. Certains avec lesquels j’avais déjà tourné, et d’autres que je n’avais jamais rencontrés et avec lesquels j’étais heureuse de pouvoir travailler. Et puis, à la lecture du scénario, j’ai aimé l’idée de cette famille recomposée. La mort d’un des personnages est en effet le prétexte pour que se réunissent tous ceux, toutes celles, qui l’ont connu, qui l’ont aimé... Il y a dans cette histoire pleine de secrets et de rebondissements tout un aspect romanesque, et moi, le romanesque, ça me touche toujours... Enfin, ça me plaisait de faire partie de cette aventure.

Entretien avec Emmanuelle Béart

Comment pourriez-vous définir votre personnage ?
Elle s’appelle soi-disant Léa, mais... je la soupçonne d’avoir changé de nom ! C’est une fille profondément simple, humble. Quelqu’un qui a baroudé, qui s’en est pris «plein la gueule», c’est évident... Mais du coup, ça lui a donné ce regard plein de tolérance pour les êtres qu’elle croise, pour leurs défauts, leur vanité, leur colère. C’est ce que j’aime bien chez elle. C’est comme si elle traversait cette histoire en jetant sur chacun un sourire quel que soit ce qu’elle reçoit en retour et même si ce sont des choses assez piquantes. Comme si, au fond, elle était ailleurs... D’ailleurs, elle l’est. Puisqu’elle est quasiment la seule à ne pas être liée à toute cette histoire de famille. Elle, elle passe. Elle a l’habitude de passer...

Entretien avec Miou-Miou

Qu’est-ce qui vous a attirée dans Le Héros De La Famille ?
D’abord le scénario. L’ambiance de ce cabaret, ce mélange de générosité et de vacherie, de drôlerie qui n’est d’ailleurs pas toujours si drôle que ça et où l’émotion n’est jamais très loin, ces rapports complexes et ambigus entre tous ces gens... Et puis, le plaisir de cette distribution si étonnante, si riche. On a tous des rôles très différents et très bien équilibrés. Chacun a sa partition dans ce grand ensemble. Tout ça, c’est quelque chose qui vous rend enthousiaste...

Entretien avec Géraldine Pailhas

Étant très proche des deux scénaristes, Thierry Klifa et Christopher Thompson, vous souvenez-vous de la première fois où vous avez entendu parler du Le Héros De La Famille
Je ne peux pas situer la date. C’était il y a quelques années. Et à l’époque, le projet s’appelait «Le lapin est dans le chapeau» qui, aujourd’hui dans du Le Héros De La Famille, est le titre de l’émission de magie dans laquelle officient merveilleusement «mes parents», Gérard Lanvin et Miou-miou ! Je savais que j’allais avoir un rôle dedans et que j’allais jouer la sœur de Michaël [Cohen] mais le projet était très différent du scénario que l’on a tourné.

Entretien avec Michaël Cohen

Avec Géraldine Pailhas, vous êtes les seuls à avoir su avant même l’écriture que vous alliez être dans Le Héros De La Famille et que vous alliez jouer un frère et une sœur. Avez-vous lu le scénario au fur et à mesure ou l’avez-vous découvert seulement une fois terminé ?

Entretien avec Claude Brasseur

Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire ?
Beaucoup de choses ! D’abord, il y a quelque chose que j’aime beaucoup et, qui, d’ailleurs, se retrouve, je crois, dans tout ce que j’ai fait, ce sont les films choraux, les histoires avec plusieurs personnages, avec plusieurs histoires qui s’entremêlent : les fameux Un éléphant ça Trompe énormément et Nous Irons Tous Au Paradis, jusqu’à Fauteuils D'Orchestre... Je préfère ça aujourd’hui aux histoires de couples, même s’il y en a encore de très belles... Ensuite, c’est l’ambiguïté et surtout le paradoxe de ce personnage que l’on me confiait. J’aime beaucoup les personnages qui ont des failles. Le plus grand paradoxe de cet homme, c’est qu’il est hétérosexuel mais prend un malin plaisir à jouer sur l’ambiguïté de son personnage de transformiste ! Il y a un autre paradoxe en lui un peu plus grave : il est extrêmement lucide sur sa vie et il accorde beaucoup d’importance à ses souvenirs mais malheureusement, il se rend compte qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer et que, justement, ses souvenirs sont en train de l’abandonner. Enfin, dernier paradoxe, il n’est pas du tout de nature suicidaire mais il décide pourtant de mettre fi n à ses jours. Et je crois même qu’il le fait avec une certaine joie car il prévoit les conséquences de son acte sur tous ceux qui l’entourent. Comme le lui dit Nicky, le personnage de Gérard Lanvin : «T’as foutu un beau bordel !» Difficile de résister à un personnage dont on dit ça ! [Rires.] Ce n’est qu’après que j’ai réalisé les difficultés qu’il y avait à l’interpréter et que je n’imaginais pas.

Entretien avec Valérie Lemercier

Vous souvenez-vous de la première fois où Thierry Klifa vous a parlé du Le Héros De La Famille ? Et était-il question alors que vous jouiez dedans ?
Il m’en a parlé après la sortie d’Une Vie à T'Attendre. Il me disait qu’il écrivait tous les jours avec Christopher. Et puis l’été dernier, il m’a fait lire le scénario sans rien me demander. Comme on est amis, j’avais envie de lire ce qu’il avait écrit. Je l’ai rappelé pour lui dire que ça me plaisait beaucoup. J’aimais cette histoire de cabaret et tous ces gens qui tournent autour. J’avais l’impression de connaître cette histoire, d’être dans un univers familier et, en même temps, je trouvais ça exotique. C’est en effet un monde que l’on ne filme pas souvent et autant je n’aime pas les making of ou les reportages dans les coulisses, autant j’adore voir au cinéma les arrière-salles de spectacle, les préparatifs d’une représentation, la reconstitution d’un tournage. Il y a quelque chose alors de très romanesque... Un peu plus tard, alors que j’étais en plein montage de Palais Royal !, nous avons déjeuné ensemble et là, il m’a demandé si je voulais bien jouer Pamela. Et c’est vrai qu’en lisant le scénario, je m’étais dit, sans même penser une seconde qu’il allait me le proposer, que c’était un bon personnage, un rôle amusant à jouer.

Entretien avec Pierrick Lilliu

Quel a été votre sentiment lorsque l’on vous a appelé pour le casting du Le Héros De La Famille ?
La surprise. Je venais de Bretagne, je sortais d’une émission de télé de M6, «La nouvelle star», je venais de faire un album, je ne pensais pas que tout ça allait s’enchaîner avec un film ! J’ai d’abord rencontré Thierry dont j’avais beaucoup aimé Une Vie à T'Attendre. Il m’a parlé de son projet, m’a fait écouter les chansons qui allaient être dans le film, m’a expliqué ce qu’il attendait de moi. Quand il m’a proposé de faire les essais, j’y suis allé avec curiosité et plaisir. J’étais ravi. En plus, les essais se sont très bien passés. Thierry était très gentil et Michaël Cohen qui me donnait la réplique, puisque je joue son petit ami dans le film, a tout fait pour me mettre très à l’aise.

Entretien avec Thierry Klifa, réalisateur

Quel a été le point de départ du Le Héros De La Famille ?
Les personnages ou l’univers de la nuit et des cabarets ?

Un peu les deux à la fois. Il y avait d’abord l’envie de raconter l’histoire d’un père avec ses deux enfants qui seraient nés quasiment en même temps mais pas de la même mère et ne l’auraient appris que bien plus tard. Et puis, il y avait aussi le désir de se retrouver dans un univers un peu marginal, plutôt bohème, lié d’une manière ou d’une autre au monde du spectacle et de la nuit. Tout de suite, j’ai su que cet homme serait un magicien. Pourquoi ? Je ne sais pas bien. J’avais été à un goûter d’enfants où il y avait un magicien qui avait attiré mon attention. Je me demandais quelle était sa vie, comment il la voyait, quels étaient ses rêves... Il suscitait un fantasme tellement évident dans le regard des enfants que ça m’avait intrigué.

Entretien avec Christopher Thompson, scénariste

Vous souvenez-vous de la toute première fois où Thierry Klifa vous a parlé du Le Héros De La Famille ?
C’est difficile de retrouver le point de départ précis d’un projet, surtout pour celui-ci fait de couches successives, des interventions de l’un et de l’autre, de conversations mêlées... Je pense que c’était au studio de Joinville pendant les finitions d’Une Vie à T'Attendre, nous sommes allés déjeuner tous les deux et Thierry m’a parlé d’une histoire qu’il avait commencée à écrire, il y a quelques années, où il y avait deux magiciens. Il m’a aussi parlé de l’idée d’un homme dans la cinquantaine, une sorte de prince sans royaume, pris au milieu d’un tourbillon familial... Ensemble, on s’est dit qu’il pouvait y avoir un sujet dans tout ça.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 63 082 entrées
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