Dès le départ,
Scott Derrickson a souhaité développer un style visuel qui soit signifiant et cohérent avec l’histoire. Pour cela, il a travaillé en étroite collaboration avec le chef décorateur
David Brisbin, le directeur de la photo
David Tattersall et l’ensemble des équipes. Exactement comme les théories scientifiques et les inventions qui sous-tendent l’histoire,
Scott Derrickson et ses collaborateurs ont travaillé pour ancrer leur univers visuel dans la réalité. Le réalisateur explique :
« Nous voulions que le film ait une identité visuelle forte, que ce soit en terme de coloration, de mise en lumière ou de décors, mais nous ne voulions pas perdre l’aspect réaliste pour autant. Le film est expressionniste et stylisé, mais pas au point que peuvent atteindre des œuvres reposant uniquement sur le graphisme ou le côté « comics ». »
Le premier point par lequel Derrickson a défini son film visuellement concernait la palette des couleurs.
David Brisbin, qui avait déjà travaillé sur L’EXORCISME D’EMILY ROSE, le film précédent du réalisateur, confie : « C’est un point essentiel pour Scott. Il commence toujours par approcher l’esthétique de son film par les couleurs qui le définiront, et il est très rigoureux sur la façon de l’appliquer. Vous pouvez filmer un stade entier, s’il aperçoit du rouge à l’autre bout, il va me dire :
« Alors David, qu’est-ce que c’est que ça ? On avait dit pas de rouge ! » »
Le réalisateur intervient :
« La couleur est définitivement une des clés du cinéma. Quand je pense aux films que j’aime, c’est toujours une palette de couleurs qui me vient, étroitement associée aux émotions du film. Pour Les Affranchis par exemple, c’étaient le vert et un mélange de marron sombre et de rouge. Pour Taxi Driver, c’était le jaune sale caractéristique des taxis. Ce travail est parfois tellement remarquable sur de grands classiques que certaines couleurs vous font ensuite instantanément penser au film auxquelles elles sont liées. »
Ensemble,
Scott Derrickson,
David Brisbin et
David Tattersall ont rassemblé une incroyable profusion d’images pour n’en garder que l’essence à travers une vingtaine qui ont inspiré la charte colorimétrique du film. Le réalisateur explique :
« Nous avons étudié chaque scène pour la faire entrer dans ce jeu de colorimétrie de telle sorte que le spectateur ressente une cohérence sans en être conscient. Ce travail véhicule l’atmosphère et l’émotion sur un plan plus ressenti que perçu, et l’impression qu’il laisse perdurera bien au-delà de la vision du film. »
Chaque scène possède ainsi son code couleur qui s’inscrit au sein d’un tout. Chaque décor se décline autour de deux couleurs dominantes, les autres étant plus neutres.
David Brisbin explique :
« Le décor du silo de missile converti en centre de tests par les scientifiques militaires est un bon exemple. Parmi les vingt vues que nous avions finalement retenues, il y en avait une qui associait un champ gris avec des pointes d’orange vif. Nous avons décidé que ces deux teintes serviraient de base à ce décor. Il n’est pas évident de choisir une telle alliance de couleurs comme base, surtout si on souhaite ne pas perdre le réalisme, mais le résultat en vaut la peine. Travailler avec Scott sur ce genre de choses est passionnant et vous oblige à penser la signification de chaque objet vu à l’image. Cela vous implique et vous motive. »
Une autre clé du style visuel du film repose sur le traitement de l’image dans son ensemble. Le réalisateur a choisi de tourner sur pellicule et non en numérique haute définition pour privilégier un certain type de grain et de rendu.
David Tattersall explique :
« L’ensemble du film a subi un étalonnage qui réduit légèrement le contraste. Cet effet rend les couleurs un peu moins vives et les resserre dans la gamme chromatique. C’est un traitement subtil qui était complètement nouveau pour moi. »
La mise au point de la façon de tourner et la définition des mouvements de caméra fut aussi un enjeu important.
Scott Derrickson et
David Tattersall ont passé beaucoup de temps à en parler. Le réalisateur explique :
« Plutôt que de nous limiter à un style général prédéfini, nous avons étudié chaque séquence en adaptant notre façon de filmer à ce qu’elle signifie à et ce que nous voulions faire passer au spectateur. Certaines scènes sont tournées en plan fixe, d’autres ont des mouvements de caméra amples et complexes et d’autres encore sont de véritables courses-poursuites où la caméra n’arrête pas de bouger. Nous avons également joué sur les focales, sans rien nous interdire tant que cela servait l’histoire. Nous avons essayé d’équilibrer tous ces aspects sur l’ensemble du film, créant ainsi un canevas de styles qui se répondent et se complètent en dessinant la globalité de l’histoire. »
Chaque fois que c’était possible,
David Tattersall a privilégié les rétroprojections et les fonds peints géants plutôt que les incrustations numériques. Il explique :
« Notre approche visuelle allie certaines techniques traditionnelles du cinéma et les toutes dernières technologies mises au point. Ce qui comptait pour nous était d’obtenir l’atmosphère et le rendu que Scott imaginait. »
David Brisbin commente :
« David Tattersall est un maître de la lumière. Il sait comme personne construire une ambiance, induire un climat et quelles que soient les conditions, il s’adapte pour correspondre parfaitement à l’esprit de la scène. Il est capable de vous sortir un truc de la vieille école ou l’invention dont vous n’aviez même pas encore entendu parler. »
Le talent de
David Tattersall a été un atout pour la production, d’autant que le tournage s’est déroulé à Vancouver entre janvier et mars 2007. Tourner dans ce qui est censé être New York alors que vous êtes au Canada en plein hiver avec tout ce que cela implique de contraintes météorologiques exige beaucoup d’expérience. Lorsque les décors extérieurs demandaient à être soigneusement contrôlés avec des effets climatiques comme le brouillard, la neige ou la pluie, ils ont été reconstruits en studio. C’est ainsi que d’immenses plateaux représentant une forêt, un marais et même une crête montagneuse enneigée ont été construits en intérieur par les équipes de
David Brisbin et mis en lumière par
David Tattersall.
Les conditions climatiques sont un élément important de l’histoire et même si elles ont parfois été renforcées à l’aide d’effets visuels, elles ont très majoritairement été réalisées en vrai par les équipes d’effets spéciaux pour répondre au désir de réalisme de
Scott Derrickson.
S’inscrivant dans la politique environnementale de la Twentieth Century Fox qui entend devenir une entreprise neutre en émissions de carbone à partir de 2010,
Le Jour Où La Terre S'Arrêta est le premier tournage entièrement concerné par l’écologie.
David Brisbin explique :
« Pour la première fois, tout a été fait pour réduire l’impact environnemental du tournage. D’habitude, les services consomment des tonnes de papier et impriment des milliers de documents. Sur ce film, nous avons changé nos habitudes de travail en mettant tous les plans, notes et documents de référence sur intranet. Chacun pouvait les consulter en permanence sans avoir besoin d’imprimer. »
Toutes les pièces de bois utilisés sur les décors proviennent de forêt gérées et certifiées. Chaque fois que possible, les autres matériaux utilisés pour la construction des décors étaient biodégradables ou recyclables.
La même attention a été accordée aux teintures de vêtements, et les costumes de second plan ont été offerts à des associations ou stockés pour être réutilisés sur d’autres productions. Les véhicules étaient pour la plupart hybrides et des consignes strictes avaient été données pour ne pas laisser les moteurs tourner inutilement. L’effort collectif a permis de réduire de façon très significative l’impact environnemental.