Notes de Prod. : Le Livre d'Eli

    en DVD le 26 Mai 2010

Le livre d'Eli : Notes de production

« Un jour j’ai entendu cette voix, comme si elle venait de l’intérieur de moi-même. Elle m’a guidé vers un endroit. J’ai trouvé ce livre sous les décombres... Et la voix m’a dit de l’emmener vers l’ouest. »

Producteur hors norme, découvreur de talents, Joel Silver nous livre sa nouvelle superproduction avec dans le rôle principal, l’un des meilleurs acteurs d’Hollywood, Denzel Washington. Son enthousiasme pour le projet fut tel qu’il en est aussi devenu producteur. Le Livre d’Eli nous emporte bien loin de notre monde, pour vivre une aventure qui va nous rappeler ce que nous sommes vraiment...

Allen Hughes, qui a réalisé Le Livre d’Eli avec son frère jumeau Albert, explique : « Ce qui nous a plu dans cette histoire, c’est que c’était une aventure emplie d’action qui parlait aussi de responsabilité, de sacrifice, de survie et de la nature humaine. » Le Livre d’Eli est le cinquième film des deux frères qui ont fait des débuts prometteurs à l’âge de 20 ans avec Menace 2 Society, un film coup de poing qui a connu un succès retentissant. Albert Hughes raconte : « Le Livre d’Eli nous transporte dans un futur proche où la Terre a été ravagée par ce qui pourrait être une guerre, une explosion nucléaire, une catastrophe naturelle ou même une combinaison de ces événements, peu importe. La dévastation est totale, et cela nous a permis d’imaginer à quoi ressemblerait le monde et ce que feraient les gens si notre civilisation disparaissait, nous ramenant vers une existence primitive. Ce serait l’anarchie, mais il y aurait aussi quelques individus courageux capables de se trouver un but et d’assumer le rôle de chef. »

Eli est l’un d’eux. A une époque où les gens sont soit des chasseurs, soit des proies, Eli vit en homme libre, animé par sa foi en sa mission et bien décidé à la remplir. Mais le prix à payer pour suivre sa conscience est élevé. Chaque nouvelle journée apporte à ce vagabond des routes de nouveaux dangers et de nouveaux combats contre les forces qui essayent de l’entraîner, lui et tout ce qui reste de la société, dans un abîme sans fond. L’histoire a tellement plu à Denzel Washington que l’acteur a décidé, en plus de jouer le rôle principal, de produire le film. Il raconte : « C’est un voyage et un parcours humain très intéressants. Eli poursuit depuis très longtemps une mission de la plus haute importance. Quand il apparaît pour la première fois à l’écran, il approche de son but, mais il lui reste encore à vivre les épreuves les plus difficiles. » Qui est Eli, d’où il vient et où il va, reste en grande partie – et intentionnellement – un mystère. Allen Hughes raconte : « Eli est un guerrier solitaire et énigmatique, presque un héros mythique.
On sait qu’il a vécu énormément de choses, mais son passé devait rester mystérieux, et Denzel s’est appliqué à travers son interprétation à livrer quelques indices qui éclairent son parcours sans tout dévoiler. Il a par exemple eu l’idée de porter une cicatrice de brûlure dans le dos qui laisse imaginer la catastrophe à laquelle Eli a survécu. Il était très bon pour créer ce genre de détails qui ajoute encore au mystère du personnage. » Le producteur Broderick Johnson observe : « Au-delà de l’action et du suspense, Denzel a très bien saisi l’âme du film. Son interprétation donne envie de marcher avec lui, elle donne envie d’aider Eli à surmonter les obstacles et à accomplir sa quête. » Le producteur Andrew A. Kosove, qui travaille depuis longtemps avec Broderick Johnson, ajoute : « Un des thèmes du film est cette notion de sens de la mission, cette certitude d’avoir quelque chose à accomplir et de tout faire pour y parvenir.

Eli est persuadé de pouvoir faire quelque chose pour sauver le monde. Il sait que la route sera longue et semée d’embûches, mais il pense pouvoir réussir. Il croit profondément en ce qu’il fait. » Si cette conviction le fait avancer, sa vivacité d’esprit et ses poings encore plus rapides lui permettent de rester en vie. Le producteur Joel Silver, qui a produit certains des plus grands films d’action d’Hollywood, raconte : « Eli a une mission à remplir. Si certains essayent de l’en détourner ou de l’arrêter, il fait ce qu’il faut pour reprendre sa route, quitte à les tuer. Mais on lui pardonne ses actes parce qu’au fond de lui, Eli est un homme honnête et pacifique. Il fait ce qu’il fait parce que sa mission est pour lui la chose la plus importante au monde. » Le producteur David Valdes note : « Eli est un héros parce qu’il se bat pour le futur. C’est en son nom qu’il avance sans répit. J’adore les histoires qui parlent de la lutte du bien contre le mal, et en particulier les héros qui ont foi en l’avenir. C’est de cela dont il s’agit avec Eli, c’est un messager de l’espoir. »

« Il n’est pas comme les autres. Tu ne pourras pas lui faire faire ce que tu veux. »

Le plus grand obstacle sur la route d’Eli est un homme appelé Carnegie. Comme Eli, Carnegie est une des dernières reliques de « l’ancien temps », un homme qui se souvient du monde avant sa destruction. Albert Hughes explique : « Il y a dans le film une réplique d’Eli qui explique très bien la situation : « Les gens se tuent les uns les autres pour des choses qu’autrefois, on jetait. » Il parle de choses simples comme du savon ou des allumettes, qui sont devenus des objets rares et précieux. » Assoiffé de pouvoir, Carnegie a passé les 30 dernières années à construire son propre empire dans les ruines d’une ville abandonnée. Il est habitué à obtenir ce qu’il veut et désormais, son vœu le plus cher est d’avoir le livre que transporte Eli, une Bible qui est sans doute la dernière sur Terre. Joel Silver raconte : « Il y a un vrai duel d’homme à homme entre ces deux êtres que tout oppose. Ils veulent tous les deux la même chose, mais pour des raisons complètement différentes, et ils sont aussi déterminés l’un que l’autre. »
En tant que producteur, Denzel Washington a participé au développement du grand ennemi d’Eli. Allen Hughes se souvient : « Denzel a commencé à étoffer le personnage de Carnegie dès la préproduction. C’était important parce que le gentil n’est un gentil que si le méchant est un vrai méchant. Nous avons beaucoup discuté pour savoir si Carnegie était un vrai méchant ou juste un homme qui fait des choses terribles pour survivre et construire quelque chose dans une époque épouvantable. Pour Carnegie, le monde n’est ni blanc ni noir, il est gris, et ce qui reste de son humanité le rend encore plus imprévisible. » Denzel Washington et les Frères Hughes savaient qu’ils allaient avoir besoin d’un acteur d’exception pour faire de Carnegie un adversaire redoutable pour Eli.
Denzel Washington raconte : « Nous nous sommes tournés vers Gary Oldman parce que c’est un très grand acteur, et parce que je voulais travailler avec le meilleur. » Albert Hughes observe : « Gary est drôle et caustique et cela lui a permis, avec Denzel, d’apporter un peu de légèreté dans certaines scènes très intenses du film.

C’est une histoire sérieuse mais qui ne manque pas d’humour, en particulier quand Eli et Carnegie se font face. » Le producteur Broderick Johnson note : « J’ai toujours aimé les batailles, et quand Denzel Washington se dresse à l’écran face à un ennemi, je sais que c’est un film que je vais apprécier. » Gary Oldman note : « Carnegie est un dictateur. Il a construit cette ville grâce à la violence et au contrôle de l’eau, denrée rare entre toutes, parce qu’il se souvient où en trouver. Il est aussi très intelligent, il a une certaine philosophie.
Il connaît le livre d’Eli parce qu’il fait partie de son histoire et de son enfance, et il sait ce qu’il pourrait faire avec. Il le cherche depuis des années. Ces deux hommes sont tous les deux obsédés par ce livre, mais l’un œuvre pour le bien et l’autre pour le mal. » La question essentielle soulevée par l’histoire est de savoir ce qui contribue à construire une civilisation. Si Eli pense que la Bible servira de base pour une nouvelle société juste et équitable, et la considère comme une chance de recommencer et d’éviter les erreurs du passé, Carnegie ne voit en elle qu’un moyen de contrôler les gens et d’étendre son pouvoir. Les deux hommes sont conscients du pouvoir des mots qui se trouvent dans les pages de ce livre, mais ils ont des vues diamétralement opposées sur la façon d’utiliser ce pouvoir. »

Bien qu’il n’ait aucun scrupule à éliminer Eli, Carnegie ne peut s’empêcher d’admirer cet homme extraordinaire qui ose s’opposer à lui, contrairement à ses tueurs sans instruction et aux âmes damnées qui errent dans les terres désolées. Gary Oldman observe : « C’est comme s’il trouvait enfin un adversaire à sa mesure, il savoure le moment. Eli a une présence très forte, il est calme, déterminé et concentré. Carnegie n’a jamais vu quelqu’un comme lui. » Denzel Washington raconte : « Eli ne capitulera pas, et Carnegie est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Il s’oppose à Eli sur tous les plans, et cela devient très vite une bataille entre deux volontés de fer. »
Le duel devient aussi une bataille à l’arme lourde lorsque Carnegie lance un assaut massif contre celui qu’il appelle avec dérision « le vagabond ». Leur combat se déroule dans un monde impitoyable où la première des préoccupations est la survie, un autre thème exploré par le film. Le scénariste Gary Whitta a lui-même participé à un stage de survie de deux jours durant lequel il a appris quelques dures réalités dont il s’est inspiré pour son histoire. Il explique : « La première chose que vous devez savoir, c’est que ce n’est pas agréable. Dans ce genre de situation, vous êtes obligé de boire ou de manger des choses auxquelles vous ne penseriez jamais en temps normal, tout simplement parce que votre instinct de survie vous pousse à le faire pour rester en vie. » Allen Hughes observe : « Quand la survie devient la priorité, la véritable personnalité des gens émerge et les conflits se font plus violents. Un simple échange peut se transformer en combat à mort. »

« Je ne compte pas rester ici. Il y a un endroit où je dois aller. »

Eli apprend au cours de cette partie de son voyage certaines choses dont il ne pensait pas avoir besoin. Denzel Washington raconte : « Quand Eli arrive dans la ville de Carnegie, il devient malgré lui le centre de l’attention – celle de Carnegie qui cherche à le tuer, mais aussi celle de sa belle-fille, Solara, une jeune femme innocente qui lui rappelle qu’être un humain implique d’avoir des relations avec d’autres humains. En protégeant le livre de tous les dangers, Eli a oublié que sa mission est aussi de s’ouvrir aux autres et de leur venir en aide. Le livre lui a été confié, mais il doit aussi se souvenir qu’il doit transmettre son message. Il se peut que ce soit la dernière épreuve de son long voyage, mais c’est un rôle qu’il n’a pas très envie d’assumer. »
Carnegie vit avec sa concubine aveugle, Claudia, et la fille de celle-ci, Solara, qu’il a toutes les deux sauvées dans le désert il y a des années et qu’il continue de protéger même si sa bienveillance passe souvent après ses intérêts personnels. Mila Kunis, qui joue Solara, remarque : « Carnegie les protège, mais cela fait d’elles ses esclaves. Solara est une jeune fille intelligente et têtue. Elle pense qu’il y a dans le monde d’autres choses que cette ville, et sa rencontre avec Eli va lui donner le courage de s’échapper. Elle est fascinée par cet homme. Elle veut devenir son élève, le suivre partout où il ira et explorer le monde. » Les cinéastes ont vu en Mila Kunis le talent nécessaire pour donner à Solara cette vulnérabilité teintée de courage et d’optimisme qui la pousse à s’aventurer sur un territoire qui lui était interdit. Albert Hughes déclare : « Mila est une actrice incroyable. A travers son interprétation, elle a vraiment souligné le fait que Solara est en train de devenir une femme, et cette transformation est encore plus rapide hors du contrôle de Carnegie. »
Solara est très liée à sa mère, Claudia, jouée par Jennifer Beals. Ensemble, les deux femmes endurent les crises de colère et les mauvais traitements de Carnegie pour le bien de l’une et de l’autre. Jennifer Beals explique : « Claudia ne vit que pour sa fille. Grâce à sa relation avec Carnegie, elle peut nourrir et habiller Solara, et lui apporter un confort de vie inaccessible aux autres gens. Carnegie est le puissant roi de cette ville, et Claudia est une reine dépourvue de pouvoir. » Albert Hughes observe : « Jennifer Beals est fantastique parce qu’elle porte sur son visage l’histoire torturée de Claudia. Son personnage parle peu, mais elle communique énormément de choses à travers ses expressions et son langage corporel. » Comme Solara, Claudia est elle aussi intriguée par l’arrivée d’Eli en ville.

Jennifer Beals raconte : « C’est la première personne, en dehors de Solara, qui fait preuve d’une réelle gentillesse envers Claudia, et cela lui rappelle la civilisation et la compassion dont les gens étaient capables à cette époque. C’est une lueur d’espoir qui lui redonne des forces. Elle trouve palpitant le fait qu’Eli se dresse contre Carnegie, parce qu’elle aimerait être capable de le faire elle-même. » Un autre personnage aimerait se dresser contre Carnegie : son bras droit, Redridge, interprété par Ray Stevenson. L’acteur raconte : « Redridge est le bras armé et le garde du corps de Carnegie. Il fait ce que Carnegie lui demande, mais on sent qu’il attend son heure. Il a ses propres objectifs. »
Quand on découvre qu’Eli et Solara ont fui la ville, Carnegie ordonne à Redridge de les retrouver et de les tuer. C’est peut-être pour celui-ci l’occasion qu’il attendait depuis longtemps. Dans les terres désolées qui s’étendent autour de la ville de Carnegie vivent George et Martha, un couple de survivants, marié et heureux, plein de ressources joué par Michael Gambon et Frances De La Tour. Ce couple d’excentriques habite une maison pittoresque et soigneusement décorée, avec des coussins brodés et des photos encadrées accrochées au mur – une véritable anomalie dans ce désert où les premières constructions se trouvent à plusieurs kilomètres à la ronde.
Frances De La Tour déclare : « Ils essayent de vivre comme dans l’ancien temps en conservant de vieux objets comme un phonographe à ressort ou un service à thé en porcelaine, mais comme beaucoup de choses dans Le Livre d’Eli, ils sont bien plus que ce qu’ils semblent être. Quand des étrangers se présentent à leur porte, ils les traitent comme une menace. George et Martha pensent que tous les étrangers sont une menace, mais dans ce monde c’est une réalité. »

« Tu poses cette main encore une fois sur moi, et tu peux lui dire adieu. »

Le coordinateur des cascades Jeff Imada (La Vengeance Dans La Peau, Fight Club) a orchestré les scènes d’action explosives du film de façon à mettre en avant les compétences de survie durement acquises par Eli. Il explique : « Dans Le Livre d’Eli, nous voulions voir un style de combat très urbain. Les personnages utilisent des armes à feu, mais aussi des couteaux, des épées et des bâtons de combat. Eli utilise aussi son environnement pour se défendre, et affronte plusieurs ennemis en même temps, ou un par un. Cela dépend de la situation. »
Denzel Washington a travaillé plusieurs mois avec certains des meilleurs cascadeurs d’Hollywood pour être capable de tourner en une seule prise, et sans doublure, ces scènes de combat. Allen Hughes raconte : « Il y avait beaucoup de scènes très difficiles sur le plan physique, mais nous ne voulions pas couper et tricher pour rendre Denzel plus impressionnant. Il devait se battre de la première à la dernière seconde de chaque combat, et je dois dire qu’il nous a tous beaucoup impressionnés. » Travaillant avec le célèbre expert et professeur d’arts martiaux Dan Inosanto, un protégé de Bruce Lee, Jeff Imada a soumis Denzel Washington à ce qu’il appelle une « immersion totale ». Cette méthode n’était pas étrangère à l’acteur, qui s’est entraîné pendant un an avec le boxeur professionnel Terry Claybon pour jouer le champion poids moyen Rubin « Hurricane » Carter dans Hurricane Carter, et qui continue de pratiquer ce sport pour rester en forme.
Jeff Imada explique : « Nous avons fait subir à Denzel un entraînement intensif durant lequel nous lui avons enseigné plusieurs techniques de combat, que nous avons synthétisées pour former une combinaison de plusieurs arts martiaux et formes de combat au corps à corps. » Denzel Washington confie : « J’ai adoré cet entraînement. J’ai eu la chance de travailler avec des experts comme Jeff Imada et Dan Inosanto, un des plus grands maîtres d’arts martiaux.

C’était passionnant et très excitant de s’entraîner au dojo avec ces hommes pour lesquels j’ai un respect immense. Ensemble, nous avons élaboré un style de combat pour Eli qui est un mélange de techniques de combat qu’il aurait pu développer au fil de sa vie à la dure sur la route et des adversaires qu’il a rencontrés. » Albert Hughes raconte : « Denzel a aussi appris à se battre avec une épée comme si elle était une extension de son bras. »
Alors que l’arme favorite d’Eli était à l’origine un katana de samouraï, les Frères Hughes ont préféré une lame plus courte qui ressemble à une machette, une forme moins esthétique mais plus appropriée aux situations rencontrées par un voyageur solitaire. Sa petite taille permet à Eli de la dissimuler sous son sac à dos et de la saisir rapidement quand il en a besoin. L’aspect et les fonctions de l’arsenal éclectique d’Eli et ses techniques de combat font partie du personnage. Obligé de voyager léger, il doit utiliser tout ce qu’il a appris et tout ce qu’il a récupéré sur sa route de la façon la plus efficace possible, que ce soit pour survivre un jour de plus ou pour l’aider à accomplir sa mission. Cette approche pragmatique a influencé tous les aspects de la production, depuis l’interprétation des acteurs jusqu’à la conception des décors, des costumes et des accessoires.

Dans les mains d’Eli, un couteau sert à se défendre, mais aussi à chasser ; c’est à la fois une arme et un objet usuel. Face aux tueurs de Carnegie et à tous ceux qui se mettent en travers de sa route, Eli réagit de façon instinctive et viscérale en faisant appel au savoir qu’il a acquis au fil des ans. Jeff Imada, qui a chorégraphié les combats pour ressembler à des combats de rue improvisés et donnant une impression d’immédiateté, explique : « Eli devait être capable d’affronter ses adversaires sans avoir l’air d’avoir étudié un art martial ou un style de combat particulier. Les combats du film ressemblent beaucoup à ce qu’on peut voir dans la rue, les personnages essayent de l’attraper, de le pousser, de lui donner des coups de poing et des coups de pied, c’est très brutal et très réaliste. »
Le scénariste Gary Whitta note : « Il était essentiel qu’Eli ne soit pas un expert en arts martiaux ou un super soldat avec des compétences de combat exceptionnelles. Nous voulions qu’il soit un homme comme un autre. A travers lui et ce qu’il est capable de faire, on voit comment les gens devraient s’adapter pour rester en vie. Denzel a parfaitement compris que le public devait croire en ces scènes de combat pour se laisser emporter par l’histoire et son personnage. » La scène d’ouverture du film offre au public un spectacle inquiétant lorsqu’Eli passe à côté de cadavres morts depuis longtemps dans des véhicules brûlés et pillés qui parsèment la route. Des kilomètres de route solitaire s’étendent devant et derrière lui sur ce que les cinéastes ont appelé l’Autoroute de la Mort.

Joel Silver raconte : « C’est un monde futuriste et complètement en ruine, un endroit étrange et surréaliste où plus rien ne fonctionne. » Broderick Johnson note : « Nous savions que les Frères Hughes allaient apporter un style visuel très fort qui participe à l’action et aux thèmes du film. » Le producteur David Valdes explique : « Le défi était de créer un monde primitif dans un avenir proche d’environ trente ans. Dans les films futuristes, on essaye en général d’imaginer à quoi vont ressembler les voitures dans plusieurs dizaines d’années. Avec Le Livre d’Eli, l’idée était que dans le futur, seuls les objets mécaniques les plus rudimentaires, des reliques du passé, seront encore en état de fonctionner. »
Les cinéastes ont imaginé un paysage désolé à la fois dramatique et réaliste pour montrer à quoi pourrait ressembler la Terre après une catastrophe mondiale. Allen Hugues raconte : « Nous nous sommes renseignés sur l’impact que pourrait avoir sur l’environnement une catastrophe nucléaire, une attaque biologique ou même la cendre d’un super-volcan. Nous voulions savoir ce qui arriverait aux plantes, aux animaux, au climat et aux nuages, et quel serait le degré de décomposition du monde. Nous voulions savoir à quoi ressemblerait un futur comme celui-ci. »

Albert Hughes ajoute : « Nous avons été inspirés par l’imagerie des romans graphiques, même si ce n’est pas l’origine de cette histoire. Nous avons travaillé avec des dessinateurs de bande dessinée comme Tommy Lee Edwards, Chris Weston et Rodolfo Dimaggio pour développer le style visuel global du film, les codes couleurs, les personnages, les décors et les extérieurs. C’était un peu comme un scénario en images. »
Ce storyboard amélioré a donné naissance à plusieurs livres de référence qui ont dicté le ton à chaque département, depuis la conception des décors jusqu’à la musique et à l’étalonnage. Albert Hughes reprend : « En regardant ces livres, les acteurs et l’équipe technique pouvaient saisir immédiatement l’ambiance du film. » Comme à leur habitude, les Frères Hughes se sont réparti la charge de travail. Allen a passé une bonne partie de la préproduction à travailler sur le casting et le scénario à Los Angeles, pendant qu’Albert se concentrait sur les décors et la photographie avec David Valdes sur les lieux de tournage. Andrew A. Kosove raconte : « Allen et Albert forment une très bonne équipe. Ils se complètent l’un l’autre, et cela augmente leur créativité individuelle de façon exponentielle. »
Le film a été tourné au Nouveau-Mexique, dans et autour d’Albuquerque, ainsi que sur les routes de Cochiti Pueblo. Les cinéastes ont aussi filmé dans le sud de l’Etat dans le parc national du White Sands National Monument, connu pour ses dunes de sable blanc et ses grands espaces, et au White Sands Ranch. Ce site magnifique avait aussi ses inconvénients, notamment des tempêtes de sable aveuglantes de plus de 100 km/h. Allen Hughes explique : « Le temps peut se gâter très vite là-bas. Une minute vous êtes sous un soleil radieux, et la suivante vous vous retrouvez au beau milieu d’une tempête capable de faire s’envoler les maisons comme dans Le Magicien D’oz. » Bien que déjà très austères, les images tournées en extérieurs ont été retravaillées numériquement par le superviseur des effets visuels Jon Farhat.

Il raconte : « Même dans les plans tournés dans les régions les plus arides du Nouveau-Mexique, il fallait supprimer la sauge et les tumbleweeds, ces buissons d’herbe sèche qui roulent dans le vent. Les réalisateurs voulaient un environnement complètement nu et dépouillé. Tous les extérieurs, depuis l’horizon jusqu’au premier plan, ont donc été modifiés. » Les effets visuels devaient aussi intensifier l’impression de mouvement et d’urgence souhaitée par les Frères Hughes.
Jon Farhat explique : « Dans ce monde à l’atmosphère si fragile, le ciel devait bouger un peu plus vite que la normale, les nuages ont donc été un élément visuel important. Pendant tout le film, leur mouvement suit la progression d’Eli et indique qu’il fait route vers l’ouest. » Après quelques tests, les réalisateurs et le directeur de la photographie Don Burgess ont choisi de tourner Le Livre d’Eli avec une caméra numérique RED qui enregistre directement sur une carte flash ou sur un disque dur. Don Burgess note : « Grâce aux ordinateurs installés dans la caravane, nous pouvions ajuster les couleurs après chaque scène et projeter l’image immédiatement sur un écran. Cela nous a permis de conserver une certaine homogénéité et de préparer les changements de couleurs et de textures que nous allions devoir faire en postproduction. »
La chef décoratrice Gae Buckley, qui avait déjà travaillé avec les producteurs Broderick Johnson et Andrew A. Kosove, s’est elle aussi concentrée sur les couleurs et les textures. Andrew A. Kosove déclare : « Nous avons travaillé avec Gae sur des films très différents les uns des autres, et nous savions qu’elle était capable de créer le monde d’Eli. Ce qu’elle a fait est absolument splendide. Ses décors étaient spectaculaires. Partout autour de nous, il n’y avait plus que cet univers post-apocalyptique, c’était incroyable. » Gae Buckley a conçu les décors dans les studios d’Albuquerque, ainsi qu’une route abandonnée et plusieurs décors sur fond vert sur le backlot. La chef décoratrice a aussi supervisé la construction de la maison de George et Martha, et d’une portion de désert près des studios.

Son décor le plus important a été la ville de Carnegie. Elle raconte : « Nous avons cherché une petite ville avec des bâtiments manquants pour y construire des structures en ruine. » Gae Buckley a trouvé ce qu’elle cherchait à Carrizozo, au Nouveau-Mexique. Dans cette petite bourgade qui compte 1036 habitants, la chef décoratrice a créé un décor de ville s’étendant entre deux avenues en installant de fausses façades sur les bâtiments existants et en construisant de nouvelles structures dans les espaces vides, prenant modèle sur des photos prises dans des villes ravagées par la guerre. Le joyau de cette couronne était l’Orpheum Theatre, qui est la maison et le quartier général de Carnegie. C’est dans cette construction en brique relativement bien conservée qu’Eli et Carnegie se rencontrent pour la première fois.
Gae Buckley confie : « J’adore travailler sur des bâtiments et des murs en ruine, créer leur forme et toutes ces textures avec plusieurs couches de peinture et des gravats. Nos peintres ont fait un travail formidable. Toutes les surfaces étaient recouvertes d’au moins quatre ou cinq couleurs : la ou les couches de base, une couche de peinture écaillée, et une couche d’usure. Cela a demandé beaucoup de travail. » L’intérieur du théâtre a été construit en studio et s’étendait sur deux niveaux avec un balcon circulaire et un bar où se déroule une importante scène de combat. Gae Buckley a aussi construit en studio une forêt ravagée et sans feuilles avec des arbres morts coupés en coopération avec le National Forest Service du Nouveau- Mexique sur le site de Manzano, qui a récemment été ravagé par un incendie.
Décor de la scène d’ouverture du film, cette forêt pose immédiatement le monde brutal et inhospitalier d’Eli et permet de montrer que le personnage est intelligent, plein de ressources, et capable d’utiliser son environnement pour rester en vie. Albert Hughes raconte : « Quand on voit cette forêt, on réalise tout de suite que c’est un monde dangereux dans lequel il faut faire des sacrifices énormes pour survivre. Je pense qu’il y a dans cette histoire une dimension humaine qui touchera tout le monde. Nous espérons vraiment que les spectateurs développeront un lien émotionnel avec les personnages, et qu’ils repartiront en gardant pour eux une profonde affection. »
Allen Hughes conclut : « En quittant la salle, nous voudrions que les spectateurs emportent avec eux l’idée que la vie est précieuse. Le Livre d’Eli aborde les thèmes universels de la foi, de l’engagement, du sacrifice et de l’espoir. Ce sont ces éléments qui nous ont attirés dans cette histoire, et nous nous sommes efforcés de leur rendre justice. »

Sur le tournage du Livre d'Eli

Le 27 Janvier 2009 - Jennifer Beals part sauver le monde

Alors que la dernière saison de The L Word a été annoncée, Jennifer Beals renoue avec le grand écran aux côtés de Denzel Washington, qui avait également été son partenaire dans Le diable en robe bleue en 1995.

Book of Eli se situe dans le futur proche, où le héros, Eli, interprété par Denzel Washington, aura la simple mission de protéger l’avenir de l’Humanité, qui prend en l’occurrence la forme d’un livre sacré. Jennifer Beals, elle, jouera une mère aveugle qui tente désespérément de protéger sa fille des mains d’un homme peu scrupuleux.