Notes de Prod. : Le Mas des alouettes

    en DVD le 14 Mai 2008

Le mas des alouettes par Paolo et Vittorio Taviani

« Ce film est né d’un sentiment de culpabilité. Il y a trois ans, presque par hasard, nous avons découvert la tragédie arménienne... Nous la connaissions, ou du moins le pensions-nous... Le massacre d’hommes, de femmes et d’enfants, survenu en 1915, au nom de la « Grande Turquie ».

Des dizaines d’années ont passé depuis mais les Arméniens attendent toujours que justice soit faite. Et nous —ainsi que des millions de personnes comme nous— ne savions pour ainsi dire rien de tout cela. »
... « Depuis un certain temps, nous ressentions le besoin de traiter, par notre cinéma, ce thème qui est probablement la tragédie la plus sombre de notre temps. Ces massacres entre peuples frères, entre ethnies vivant côte à côte, en Serbie, au Kosovo, sur des territoires dont seule une bande d’eau nous sépare, mais aussi en Afrique, en Asie... »
... « L’occasion nous en a été offerte par le très beau livre d’Antonia Arslan, ‘Skylark Farm’, qui est un roman très particulier, une sorte d’autobiographie indirecte. Antonia est Italienne d’origine arménienne. Dans son livre, elle raconte l’extermination de sa famille. C’est un roman tout autant qu’un document historique. Pour nous, il représente le point de jonction entre les événements du passé et ceux d’aujourd’hui.
Cependant, comme toujours, nous ne souhaitions pas bâtir un récit historique, et nous n’en étions de toute façon pas capables.

Nous voulions surtout suivre des personnages face à leur destin unique et ensuite les projeter dans le cadre plus grand d’un événement collectif, qui se révèle aujourd’hui dans toute son horreur mais prend ses racines dans le passé. ... Nunik, Armineh, Aram : les Arméniens... et Nazim, Arkan, Egon, Yussuf : les Turcs... C’est ainsi que l’histoire a commencé... »

... « Dire du bien de ses acteurs revient un peu à se faire des compliments à soi-même ! Mais ce film —nous insistons là-dessus— doit énormément au travail d’une équipe de très bons, d’excellents comédiens qui,
animés de leur passion, ont donné vie à leur personnage avec authenticité.

Ce sont des Italiens, des Espagnols, des Français, des Allemands... et de ce fait, malheureusement, nous n’avons pas pu tourner en son direct —cela, nous le savions depuis le début. Cependant, c’était un sacrifice délibéré : c’est en Europe que nous voulions choisir les visages, les personnalités qui correspondraient le mieux au projet que nous portions au moment où nous écrivions le film. Après tout, notre pays, aujourd’hui, n’est-ce pas l’Europe ? »

... « Nous aussi sommes convaincus qu’il est nécessaire pour la République turque de rejoindre l’Union européenne, mais nous pensons aussi qu’elle doit reconnaître publiquement la vérité historique de la tragédie arménienne, de la même manière que l’Allemagne et l’Italie ont assumé leur passé criminel. »
... « Nous parlons de la Turquie et nous nous souvenons avec plaisir de notre rencontre avec le public et les critiques turcs : le festival d’Istanbul a décidé de présenter une rétrospective de nos films et chaque projection a suscité de nouveaux rapports d’amitié entre les publics turcs et nous. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 3 100 entrées
  • Cumul IDF : 4 825 entrées

  • 1ère semaine France : 4 631 entrées
  • Cumul France : 14 549 entrées