Les multiples créatures de Narnia sont représentées par un mélange sophistiqué de jeu d'acteur, d'effets physiques et de magie digitale.
La première étape a consisté en un casting méticuleux. Pendant que Pippa Hall cherchait les interprètes des enfants Pevensie, sa collègue
Gail Stevens auditionnait les acteurs pour les rôles non humains.
M. Tumnus, le faune
Le premier personnage non humain à avoir trouvé son interprète a été le faune timide et réservé, M. Tumnus. Mi-homme mi-bouc, il devient l'ami de Lucy mais il est contraint de servir les plans de la malfaisante Sorcière Blanche. C'est le faune qui a été le déclic qui a inspiré Narnia à C.S. Lewis : celui-ci a confié un jour que « tout avait commencé par l'image d'un faune avec un parapluie portant des paquets dans un bois enneigé. » Les cinéastes savaient donc que ce personnage était vital dans le processus de création de Narnia.
«
James Mcavoy a su rendre la sinistre dualité de M. Tumnus, remarque
Andrew Adamson. Il était parfait pour le rôle, et il a noué ce lien incroyable avec Georgie qui était tellement important pour l'histoire. »
L'acteur écossais se souvient : « « J'avais adoré les livres étant enfant, et c'était passionnant de me remémorer ce que j'avais ressenti en les lisant. M. Tumnus a toujours été l'un de mes personnages préférés, et le jouer était un honneur.
« Ce qui me fascine dans ce personnage, c'est qu'il est déchiré moralement par sa mission, qui consiste à kidnapper Lucy pour la Sorcière. Il est contraint par les circonstances de faire quelque chose qui va à l'encontre de sa volonté. C'est là que réside la dualité dont nous avons parlé avec Andrew. Tumnus est la proie d'un conflit, parce que quand il capture Lucy, il crée des liens avec elle et ils deviennent des amis proches. Finalement, il est forcé de se voir tel qu'il est, de regarder en face ce qu'il veut et avec quoi il est prêt à vivre. C'est très inattendu pour lui. »
Jadis, la Sorcière Blanche
Jadis, la puissante et maléfique Sorcière Blanche, a jeté un sort figeant le pays enchanté de Narnia dans un hiver éternel. La puissance de l'histoire - qui est dans son essence une allégorie sur la lutte entre le bien et le mal - repose clairement sur la capacité de la Sorcière Blanche à terrifier et sur l'attachement que l'on éprouve pour les quatre enfants.
Pour le rôle de la Sorcière Blanche, les cinéastes ont suivi la suggestion du producteur exécutif
Perry Moore et ont choisi l'actrice écossaise
Tilda Swinton. « Je l'admire depuis que je l'ai vue dans ORLANDO, confie
Andrew Adamson. Son teint pâle et sa beauté éthérée ajoutent une dimension dramatique à l'impressionnante créature qu'elle incarne. Outre sa haute taille, qui servait le personnage elle aussi, elle apporte une force, une intensité, une intelligence - tout ce que je recherchais. Après tout, Jadis devait être aussi intelligente, aussi puissante et aussi impressionnante qu'Aslan le lion, lorsqu'elle lui est confrontée !
« Lorsque C.S. Lewis a écrit son livre, poursuit le réalisateur, ce personnage était original, mais c'était il y a cinquante-cinq ans… On a vu depuis bien des méchantes reines et autres horribles sorcières, à commencer par Cruella. Tilda et moi voulions éviter les clichés. Nous nous sommes éloignés du côté dessin animé pour aller vers une méchante plus humaine, un peu plus noire et plus réelle, et je savais que Tilda avait la sophistication nécessaire pour faire passer cela. Elle a réussi à créer un personnage convaincant qui évoque un mal d'une pureté glacée. »
Aslan le lion
Le plus grand rival de la Sorcière Blanche est Aslan, le sage et majestueux lion qui a fait naître Narnia par son chant et a autrefois été son roi. Pour créer visuellement ce personnage imposant,
Andrew Adamson a choisi l'image de synthèse. Sa personnalité charismatique lui vient de la voix de l'acteur oscarisé
Liam Neeson pour la version originale et d'
Omar Sharif pour la version française.
« Aslan est tout-puissant et omniscient, explique
Liam Neeson, mais il a une vulnérabilité très humaine. Je pense que C.S. Lewis a choisi un lion parce qu'il représente quelque chose que l'on craint et que l'on admire à la fois. Il est la quintessence de la force et du pouvoir, mais il n'est pas seulement un rêve, il est un être de chair et de sang, et c'était très important dans notre conception du personnage. »
Pour les cinéastes, il s'agissait d'utiliser les toutes dernières innovations en matière d'imagerie numérique, mais en donnant l'impression d'un personnage réel, d'un véritable animal, bien qu'humain par le regard et l'intelligence.
Mark Johnson précise : « Nous voulions qu'Aslan soit l'animal en images de synthèse le plus réaliste que l'on ait jamais vu au cinéma. Le public devait se demander comment nous avons réussi à faire jouer un animal aussi dangereux avec des enfants ! »
Il a fallu 700 plans d'effets visuels et deux ans de travail pour donner vie à Aslan. « Il est très difficile d'établir la frontière entre un personnage purement animal et un personnage animal qui parle et a des relations avec les humains, précise
Dean Wright, et nous ne voulions pour rien au monde basculer dans le côté outré du dessin animé. Le graphisme et le mouvement devaient avoir une sorte d'hyper réalité pour qu'Aslan se comporte comme un lion, tout en faisant plus que ce qu'on attend d'un lion… »