La Préparation
À l'origine du Pacte des Loups, il y a un synopsis de vingt pages présenté par le jeune scénariste
Stéphane Cabel à la structure d'aide au développement de Canal+ Ecriture. Ce synopsis s'inspire des évènements qui défrayèrent la chronique entre 1764 et 67, à savoir le massacre d'une centaine de femmes et enfants par un monstre mystérieux surnommé "La bête du Gévaudan".
Parallèlement,
Christophe Gans travaille pour
Samuel Hadida, son producteur de
Crying Freeman, au développement de Nemo, une relecture mythologique du "Vingt Mille lieues sous les mers" de Jules Vernes.
Christophe Gans : "Nous avions beaucoup avancé sur Nemo, mais le projet était bloqué à cause de désaccords sur le casting. C'est à ce moment que François Cognard, qui dirige Canal+ Ecriture et que je connais depuis l'époque de Starfix, m'a envoyé le script du Pacte des Loups. Je me suis surpris à le dévorer d'une traite. J'ai été étonné et comblé d'y retrouver tous les ingrédients d'un certain cinéma d'aventures français.
Samuel Hadida et moi-même avons immédiatement proposé de le produire et le réaliser avant de reprendre Nemo ".
Le tournage
C'est dans la région du Gers, le 14 février 2000, que débute le tournage du Pacte des Loups. Sur quatre-vingt-cinq décors que compte le script, quatre vingt sont en extérieurs, ce qui démultiplie les problèmes liés à a lumière, aux conditions climatiques et à la gestion de l'équipe.
Richard Grandpierre : "Sur un film de cette envergure, les problèmes s'accumulent. Ici, nous avons eu droit à tout ce que le cinéma peut receler de difficultés. Nous avons tourné majoritairement en extérieurs avec des enfants, des chevaux, des animaux dressés ou sauvages, des effets spéciaux mécaniques ou numériques… parfois tout en même temps et sous la pluie. Mais nous étions portés par l'excitation de l'aventure".
Parmi les premiers défis à régler, la création de la bête est le plus important. Créature mythique, elle nécessite une interprétation à la fois crédible et suffisamment fantasmatique pour satisfaire les ambitions du cinéaste, très conscient qu'il réalise le premier film de monstre français depuis… Georges Méliès ! Pour parvenir à ses fins,
Christophe Gans fait appel au Jim Henson Creature Shop, studio fondé par le créateur des célèbres Muppets et responsable des effets mécaniques et digitaux de Babe.
C'est pourtant un Français, Igor Chevalier, qui est chargé par le studio de réaliser le design de la bête.
La post-production
La post-production du Pacte des Loups commence dès les premières semaines du tournage. Le chef monteur Hongkongais
David Wu, qui avait déjà travaillé avec
Christophe Gans sur
Criyng Freeman, entreprend de donner au film un style narratif et rythmique très sophistiqué.
Christophe Gans : "J'avais déjà collaboré avec
David Wu sur
Crying Freeman parce que j'aimais son travail pour
John Woo. Sur Le Pacte des Loups, il a imposé une griffe tout aussi impressionnante, mais très différente. Je lui ai demandé en particulier de torturer la matière filmique, d'aller contre le rythme naturel des plans. Cette idée m'est apparue en regardant
Le Temps De L'Innocence et
Casino de
Martin Scorsese : une grande énergie peut naître du choc contraire entre le filmage et le montage. En gros, l'un n'a pas à servir l'autre."
Appelé par d'autres engagements,
David Wu est remplacé par le jeune
Sébastien Prangère, dont Le Pacte des Loups est le premier long-métrage.
Christophe Gans : "J'avais beaucoup travaillé avec Sébastien sur la collection vidéo HK que je dirige en parallèle. C'est lui qui avait monté les bandes-annonces de nos sorties. Il est très frais dans le métier et possède une approche décomplexée, loin des vieux réflexes de monteurs plus expérimentés".