Notes de Prod. : Le Parrain

    en DVD le 03 Juin 2004

Le Parrain, histoire d'un film culte

"On veut que je mette en scène cette merde. Et moi, je veux faire de l'art !". C'est ce que déclare Francis Ford Coppola à son père Carmine en 1970 quand on lui parle d'adapter le best-seller de Mario Puzo.
Car, si ce livre est devenu un phénomène de société (il s'en vendra près de 12 millions d'exemplaires), pour Coppola il n'est qu'une sorte de grosse machine bien éloignée des films comme "Big Boy" qui l'ont fait connaître.
Fred Zinneman, Costa Gavras, Otto Preminger refusent le projet arguant d'un polar sans intérêt.
Coppola accepte pourtant, car il est fauché et se dit qu'avec cet argent, il pourra produire à nouveau ce qu'il veut. Mais il est bien décidé à faire "son" film, avec des idées de casting et de scénario.

Pour le rôle essentiel de Vito Corleone, Coppola fait une fixation sur Marlon Brando. Un choix surprenant car Brando : la quarantaine svelte et élégante, n'a rien à voir avec le Parrain : la soixantaine trapue et grisonnante. Et surtout, il est considéré comme un "box-office poison" (une peste commerciale), ses cinq derniers films ayant été des flops. Pour balayer les hésitations, Coppola décide de lui faire faire un bout d'essai. Une démarche qui braque Brando, jamais testé pour obtenir un rôle depuis 1946 ! Blessé dans son amour propre, la star bluffe son monde. Il s'est passé du cirage dans les cheveux, bourré la bouche de mouchoirs en papier, empâté… Bref, il est méconnaissable. Et fabuleux !

Pour le rôle de Michael Corleone, Coppola veut Al Pacino. Mais le studio pense à Ryan O'Neal, Jack Nicholson et même… Alain Delon ! Warren Beatty et Dustin Hoffman complotent en coulisses pour décrocher le rôle.
Après un bras de fer homérique, Al Pacino est imposé.
Au bout de quinze jours de tournage, Coppola, qui porte un soin maniaque au moindre détail (il faut démonter les réverbères d'une rue de New-York pour les remplacer par des anciens. Coût : 20.000 dollars) est à deux doigts d'être viré. On parle d'Elia Kazan pour le remplacer.
Coppola sauve sa tête de justesse, grâce à Brando qui menace de quitter le film si Coppola s'en va. Coppola évitera le pire à trois reprises : pour avoir tourné en Sicile, fait exploser le budget et s'être entêté à livrer un film de trois heures.

"Le Parrain" sort le 15 mars 1972. Ce n'est pas un succès, c'est un triomphe.
Le film rapporte un million de dollars par jour. Le film se retrouve sélectionné dix fois aux Oscars. Il en récolte trois : meilleur film, meilleure adaptation, meilleur acteur pour Marlon Brando.
Une suite s'impose. Elle ne se fera pas non plus sans douleur.

Le saviez-vous ?

La musique est signée Nino Rota, le célèbre compère de Fellini, auteur de classiques comme "La Strada" ou "La Dolce Vita".
La chanson du film "Parle Plus Bas" fut un tube dont la version française fut reprise par Dalida, Marie Laforêt et Tino Rossi.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 936 entrées
  • Cumul IDF : 1 936 entrées

  • 1ère semaine France : 1 936 entrées
  • Cumul France : 1 936 entrées