Entretien avec le réalisateur
Votre film est construit sur trois mouvements. Comment les définiriez-vous ?
La première partie, c’est la recherche de Jean-pierre. La deuxième partie est plus classique, plus scénarisée : il s’agit des rapports d’un père et de son fils. La troisième partie est la plus éclatée, la plus libre. Il y a l’idée de la renaissance, aussi bien de jacques que de Joseph. Chacun part dans sa direction : le fils avec sa fiancée, le père avec sa maison. Et après vingt minutes de silence, il y a quinze minutes d’interview.
Comment avez-vous eu l’idée de cette construction ?
En allant voir l’exposition de Rothko au Grand Palais. L’exposition est construite en trois parties. Dans la première, Rothko cherche, un tableau ressemble à Picasso, un autre est volé à Miro. Dans la deuxième partie, la plus longue, il trouve : ce sont ses immenses tableaux minimalistes, très colorés, flamboyants, avec des rouges.
Dans la troisième partie, il enlève les couleurs. En sortant, je me suis dit : " Le film c’est ça ". même la fin du film m’a été suggérée par Rothko, qui est mort seul en ses suicidant. Je ne voulais pas du suicide, mais je me suis dit qu’il fallait accompagner jacques jusque dans la solitude de sa chambre.