Genre : Thriller - Durée : 1H34 mn
Sortie en salles le 04 Mars 2009 - en VOD/DVD le 09 Septembre 2009
Presse ★★★★
Spectateurs ★★★

Entretien avec Jean Reno

Qui est Milo Malakian ?
C’est d’abord un exilé, un homme qui a quitté sa terre, qui le regrette, et qui a
recréé un monde en autarcie du côté noir de la “Force”.

Pourquoi est-il devenu un truand ?
Peut-être que l’époque ne lui convenait pas, et que l’illégalité a été pour lui le seul
moyen de retrouver les valeurs dont son déracinement l’a privé : la discipline que
son père lui avait apprise, la vision de la famille comme un clan, comme une tribu.

Le film s’ouvre sur des archives qui évoquent le génocide du peuple arménien.
En quoi votre personnage ressent-il les répercussions de cette tragédie ?

Je suis très ami avec Levon Sayan, le manager de Charles Aznavour. Il m’a
beaucoup parlé du parcours de sa famille et de celle d’Aznavour, durement frappées
par le génocide, et c’est en grande partie pour l’honorer que j’ai accepté de jouer
dans Le Premier Cercle. Pour en revenir à Milo Malakian, arraché à son pays,
il est incapable de ce faire à ce nouveau monde, il sait qu’il rate la fin de sa vie
d’homme, et sa violence de bandit tout-puissant est peu à peu devenue sa seule
raison d’être.

Milo est-il un salaud ou un monstre ?
L’absence de femme dans sa vie lui interdit toute espèce d’équilibre. Il dort seul, il
n’a personne à qui offrir sa tendresse, son cœur s’est peu à peu nécrosé, son
humanité s’est elle aussi atrophiée... Dans ce sens, je dirais qu’il est effectivement
un monstre, ce que deviennent d’ailleurs plus ou moins tous les hommes sans
amour. Faute d’une vraie famille, il s’est constitué une meute dont il s’est intronisé
le chef.

Est-ce pour cette raison qu’il se montre aussi dur avec son fils Anton que
joue ?

Bien sûr. Le fait que ce garçon n’ait pas de mère joue un rôle essentiel.

En quoi Le Premier cercle est-il différent des autres films policiers que vous
avez tournés ?

En ce que, justement, ce n’est pas seulement un film policier, mais aussi, voire
surtout, une tragédie : celle d’un père, d’un fils, d’une mère absente, et d’une jeune
femme dont l’amour pourrait arracher au patriarche l’unique bien qu’il possède, à
savoir son enfant. Le scénario se situe chez les malfrats arméniens, mais ce n’est
qu’un déguisement : c’est une histoire aux enjeux universels qu’on pourrait tout
autant transposer chez des pêcheurs grecs.

Le rôle de Milo Malakian vous permet de montrer des aspects inédits de
votre registre...

Milo est absolument implacable dans son rapport à l’ordre et au pouvoir, et quand
j’ai vu le film, je me suis fait peur. Jusque-là, je ne me serais jamais cru capable
d’exprimer autant de violence, de menace et de cruauté.
Vous êtes aussi très émouvant, ce qui est une nouveauté...
Ce n’est pas faux, du moins en France, car j’avais déjà abordé l’émotion avec
Roberto Benigni dans Le Tigre Et La Neige. Mais dans notre pays, vous avez
raison, on ne m’avait encore jamais demandé d’incarner un être humain dans ce
qu’il a de plus friable.

C’est également votre premier rôle de père...
Il était temps ! Et bientôt, j’interpréterai un grand père ! Plaisanterie mise à part, je
ne sais pas si les films entrent par hasard dans la vie d’un acteur ou bien si c’est
ce qu’on est soi-même et ce qu’on dégage qui finit par donner envie aux metteurs
en scène de vous confier tel ou tel emploi. Il se trouve que j’ai un fils d’à peu près
le même âge qu’Anton, et ça a sans doute compté. Mais je vous rassure : je n’ai
pas avec lui les rapports que Milo Malakian entretient avec le sien, Dieu merci.

Certes, mais à travers la relation père/fils du Premier Cercle, avez-
vous d’une certaine façon voulu lui envoyer un message ?

Non. Je suis beaucoup plus permissif que Milo, je n’ai aucune mainmise sur sa vie,
et j’ai totalement confiance en lui. En revanche, si certains pères excessivement
autoritaires se reconnaissent dans mon personnage et que la vision du film les
incite à repenser leur attitude vis-à-vis de leurs propres fils, ce serait un miracle dont
je serais particulièrement fier.

Notes de Tournage...

Le 6 Mai 2008 - brise le cercle

Ou du moins essaye. se débat depuis hier, sur le tournage du dernier film de pour briser Le Premier Cercle, celui de son clan, de sa famille, de son père. Celui qu’on ne transgresse pas.

Et quand c’est qui joue le paternel, le fiston a intérêt à marcher à la baguette ! Pas question de quitter le nid, de tomber amoureux, de refuser l’héritage du clan. Mais Anton, l’unique rejeton de Milo Malakian va tout de même essayer… et en assumer les conséquences.

Entretien avec le réalisateur Laurent Tuel

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire Le Premier Cercle?
Je fais des films à partir de ce que je connais : les relations humaines. Mon plaisir de cinéaste-cinéphile est de les inscrire à l’intérieur de genres très éclectiques : l’humour très noir avec Le Rocher D’acapulco, le fantastique avec Un Jeu D’enfant, la comédie avec Jean-philippe...
Pour Le Premier Cercle, j’ai voulu développer cette thématique dans le contexte du thriller, et me lancer dans un exercice formel afin d’exacerber les enjeux de cette histoire où un jeune homme cherche à s’émanciper de la tutelle de son père.
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