En 1895,
Oscar Wilde est au sommet de sa carrière littéraire, dandy extravagant à l’image de son idéal esthétique. Quelques jours après la première de sa pièce De l’importance d’être constant au St James’s Theatre, il reçoit à son club une carte du marquis de Queensberry l’accusant de «poser au sodomite». Cette affirmation publique, révélant sa relation avec le fils du marquis, Lord Alfred Douglas, pousse Wilde à intenter un
procès en diffamation. Queensberry est déféré devant la cour d’assises d’Old Bailey pour un
procès qui débute un mois plus tard le 2 avril. Dans l’intervalle, assuré de son succès, Wilde s’offre des vacances avec son amant.
De son côté, Queensberry fait infiltrer le milieu homosexuel londonien pour y collecter des informations sur la vie privée de Wilde. Remarquablement préparé par les avocats de Queensberry, le
procès tourne à la catastrophe pour Wilde, attaqué dans sa vie privée comme dans son œuvre littéraire. Redoutant les témoignages incrimi- nants, il retire sa plainte avant l’achèvement du
procès. Mais Queensberry fait transmettre les documents de l’enquête au ministère de la Justice qui ordonne l’arrestation immédiate de Wilde. Inculpé par la Couronne d’outrage public à la pudeur, il est reconnu coupable d’homosexualité et condamné à deux ans de travaux forcés qu’il purge dans la prison de Reading près de Londres. Le 19 mai 1897 à sa libération,
Oscar Wilde quitte l’Angleterre où il ne reviendra jamais.
Il change son identité pour prendre le nom de Sebastien Melmoth et embarque pour Dieppe. Il s’installe à Berneval, voyage dans le sud de la France et en Italie avant de se fixer à Paris. La Ballade de la geôle de Readingest publiée anonymement en 1898, avec pour seule men- tion son matricule de prisonnier C 33.
Oscar Wilde meurt des suites d’une méningite le 30 novembre 1900 à Paris.
La longue lettre écrite à Lord Alfred Douglas pendant sa dernière année d’emprisonne- ment ne paraîtra qu’après sa mort, publiée par son exécuteur testamentaire, sous le titre De profundis. Les propos d’
Oscar Wilde et des avocats rapportés dans ce film sont extraits des minutes du
procès, ipsissima verbade cette dernière représentation théâtrale dont l’auteur n’avait écrit que le prologue.