Le réalisateur s’intéresse ici à un milieu qui lui est a priori étranger : la communauté Cockney du sud de Londres.
“L’idée de ce film est très ancienne, raconte
Woody Allen,
mais je n’y ai mis aucune référence particulière. J’y vois toutefois par certains côtés des connivences avec la tragédie grecque,même s’il ne s’agit là que d’une impression générale.” La thématique du film évoque à la fois l’ambiance de romans russes tels que
Les frères Karamazov (pour les relations qu’entretiennent Ian et Terry) ou
Crime et châtiment (pour le poids de la faute).
“Quiconque a lu les romans russes ne peut qu’en subir l’influence,explique Woody Allen.C’est impossible d’y échapper.” On retrouve également dans
Le Rêve De Cassandre des réminiscences de
Plein Soleil de
René Clément ou de
Le Couteau Dans L'Eau de
Roman Polanski pour les scènes se déroulant à bord du voilier.Une volonté délibérée de brouiller les cartes de la part d’un réalisateur réputé pour ses phobies et qu’on imagine assez mal embarquant pour une croisière en haute mer. Courageux mais pas téméraire, le cinéaste déclare d’ailleurs à ce propos :
“Je n’ai jamais posé le pied sur le bateau. J’ai dirigé ces séquences depuis le rivage en utilisant un moniteur vidéo.”
Côté casting,
Woody Allen s’est imposé une règle en rupture totale avec les pratiques en cours dans le cinéma américain traditionnel. Si chacun de ses interprètes est celui qui lui tient le plus à cœur, il collabore surtout avec les comédiens disponibles au moment du tournage et ne remet jamais un projet en s’arrêtant à ce genre de considérations... Il réunit ici l’acteur écossais
Ewan Mcgregor, l’Irlandais
Colin Farrell et les Anglais
Tom Wilkinson, Sally Hawkinset et
Hayley Atwell, qui accomplit ici ses débuts au cinéma. C’est la deuxième fois après
Melinda Et Melinda, que
Woody Allen collabore avec le chef opérateur d’origine hongroise
Vilmos Zsigmond. Lauréat d’un Oscar pour la photo de
Rencontres Du Troisième Type de
Steven Spielberg, le nom de
Vilmos Zsigmond est associé à des classiques du cinéma américain. La décoratrice
Maria Djurkovic avait participé à
Scoop. Révélée par
Walking And Talking de
Nicole Holofcener, Alisa Lepseltera monté tous les films de
Woody Allen depuis
Accords Et Desaccords en 1999. Grande première côté musique : après plus de trente ans à truffer les bandes originales de ses films de standards du jazz,
Woody Allen a cette fois fait appel à l’un des maîtres incontestés de la musique contemporaine,
Philip Glass, dont il utilise la composition par vagues pour souligner certains moments forts.
“La tonalité de sa musique m’a semblé correspondre parfaitement au thème tragique de ce film”, explique le réalisateur qui ne s’interdit rien... sinon de ne plus surprendre.