Au début des années 40, Walt Disney avait recruté certains des meilleurs experts animaliers de son temps pour guider les animateurs de
Bambi. 50 ans plus tard, le producteur
Don Hahn fit de même pour initier l’équipe du
Roi Lion aux mystères de l’anatomie et du comportement animal.
Jim Fowler, naturaliste, aventurier et animateur de l’émission
Mutual of Omaha’s wild kingdom fit plusieurs visites au studio. Accompagné de lions et autres bêtes sauvages, il décrivit aux animateurs le mode de vie des fauves et leur protocole, la façon qu’ils ont de se saluer (en tapotant gentiment le front de leur partenaire), de témoigner leur affection (en plaçant la tête sous le menton de leur bien aimé(e)), de se protéger (couchés sur le dos, ils se servent de leurs griffes pour repousser l’adversaire), de lutter contre leurs rivaux (en se dressant sur leurs pattes de derrière)...
L’anatomiste Stuart Sumida, professeur de biologie à l’université de San Bernardino, donna aux animateurs quelques cours d’anatomie comparée et leur détailla la structure du squelette des fauves ainsi que leur comportement. Durant cette phase exploratoire, les animateurs se rendirent fréquemment au zoo de Los Angeles, au zoo et au Wild Animal Park de San Diego, au Metro Zoo de Miami et au Living Desert and Botanical Park de Palm Springs pour y étudier diverses espèces animales.
Des lions et autres animaux sauvages furent également “ convoqués ” au studio pour y être observés de plus près. Le dresseur David Mcmillan et Poncho, un lion de 350 kilos, devinrent ainsi des hôtes familiers du département animation, de même que les félins dressés du Cougar Hill Ranch de Nick Toth. pour
Don Hahn, “
le travail de l’animateur est comparable à celui de l’acteur. C’est en fonction de ses dons, de ses inclinations et de son tempérament qu’on l’engage. Les mêmes raisons prévalent dès lors qu’on embauche un acteur sur un film ordinaire ”. Le principal problème pour les animateurs du
Roi Lion consistait à reproduire fidèlement les quadrupèdes, tache notoirement délicate, à laquelle la plupart ne s’étaient pas attaqués depuis
Oliver Et Compagnie.
Le premier artiste engagé fut Ruben Aquino. chargé de superviser l’animation de Simba adulte, il commença par étudier les différentes formes de locomotion animale de manière à instruire ses futurs collègues. Il visionna pour ce faire une multitude de documentaires, noircit quantité d’albums de dessins et de croquis, analysa le maintien des grands fauves, la démarche bondissante des hyènes, le galop du phacochère...
Pour Ruben Aquino, “
représenter la locomotion animale a toujours été un problème. Avec les quadrupèdes, les difficultés sont... multipliées par deux. Animer leurs mouvements sous certains angles est une véritable gageure; suggérer le passage de la course à la marche, un redoutable casse-tête. Or il fallait que l’on croie à la réalité de nos personnages. Plus nous connaîtrions leur anatomie, plus il serait facile de les animer.»