Notes de Prod. : Le secret de Kelly Anne

    en DVD le 15 Juillet 2007

Interview de Peter Cattaneo, réalisteur

A l’origine, il y a le livre de Ben Rice : Pobby et Dingan...
J’ai effectivement découvert le roman de Ben Rice, il y a quatre ans. L’histoire m’a profondément ému et j’ai souhaité le rencontrer pour lui faire part de mon engouement et le convaincre d’une adaptation au cinéma. C’est ensemble que nous avons écrit le scénario.

L’histoire se passe dans une ville de mineurs située dans une région très isolée. Comment avez-vous approché ce monde ?
Je dois avouer que je ne connaissais rien aux mines d’opale avant d’avoir lu le roman. J’ai fait des recherches sur des villes de mineurs, puis je me suis rendu en Australie et j’ai découvert Coober Pedy, une petite ville minière aux paysages extraordinaires… J’ai tout de suite su que le film ne pourrait se tourner ailleurs.
Lorsque j’ai commencé les repérages, j’ai passé pas mal de temps dans des bars fréquentés par des mineurs après leur journée de travail. Petit à petit, je me suis laissé prendre au jeu... Et me suis mis à chercher des opales. La descente dans la mine est vertigineuse. Lorsque l’on arrive en bas, on ressent tout le poids de la terre au-dessus de soi.

Quelles sont les difficultés d’un tournage dans une région désertique d’Australie ?
J’ai travaillé avec des techniciens assez fantastiques : rien ne semblait trop compliqué pour eux. Nous avons beaucoup tourné en extérieur, le matin très tôt ou en fin de journée, lorsque le désert offre une lumière exceptionnelle. La ville, quant à elle, semblait figée dans le temps.

Pouvez-vous nous dire à quoi ressemblent Pobby et Dingan ?
Dans le roman, les personnages de Pobby et Dingan sont très souvent décrits. On apprend que Pobby parle anglais, qu’il siffle pour se faire comprendre, qu’il a une jambe de bois… On y trouve aussi une description de la coupe de cheveux de Dingan. C’était un véritable défi de filmer deux personnages qui n’existent que dans l’imaginaire d’une petite fille. Nous nous sommes demandé s’il ne fallait tout de même pas les représenter en ayant recours a des images de synthèse. Après mûre réflexion, j’ai pris la décision de ne pas les montrer et de faire appel a l’imaginaire du spectateur.
Lorsque j’ai revu le film d’Henry Koster Harvey, le portrait de Jimmy Stewart et de son lapin m’a donné l’idée de tourner la scène où Kelly-Anne dessine ses amis imaginaires, une scène qui n’existe pas dans le roman. Nous avons envoyé une description de Pobby et Dingan a l’école de Coober Pedy et nous avons demandé aux enfants de dessiner ces deux personnages. J’ai ensuite choisi les plus beaux dessins.
Je me suis aussi inspiré d’un livre de Marjorie Taylor qui parle des enfants qui ont des amis imaginaires. L’auteur précise que tous les enfants, quelle que soit leur personnalité, peuvent s’inventer des amis imaginaires. Ce livre contient aussi beaucoup de dessins et l’idée d’insérer dans le générique des dessins qui représentent les « vrais » amis imaginaires d’enfants du monde entier, vient de là…

Comment avez-vous trouvé Sapphire et Christian ?
Le casting a été long et difficile, parce que je savais que le choix des deux enfants serait capital. La directrice de casting a passé des annonces dans des journaux et a la radio, nous avons aussi rencontré des enfants dans des écoles.
Sapphire était sur l’une des premières cassettes que j’ai reçues. Je savais que le personnage de Kelly-Anne devait être fragile et détaché du monde. Ce qui m’a le plus troublé lorsque j’ai rencontré Sapphire, c’est son imaginaire. Quand elle a commencé à parler de ses propres amis imaginaires, j’ai tout de suite su que le rôle était pour elle.
Le personnage de son frère a été l’un des derniers petits garçons a s’être présenté. Ils sont devenus très vite complices et se sont totalement investis dans leur rôle. D’autant que c’était leur première expérience au cinéma.

Dirige-t-on des enfants comme des adultes ?
Je leur ai conseillé de ne pas apprendre leurs dialogues par coeur car les enfants ont tendance à oublier très vite qu’ils jouent la comédie. Je voulais qu’ils soient le plus naturels possible dans leur jeu. Christian a passé un peu de temps avec Vince, ensemble ils ont visité des mines, je pense que Christian s’est servi de ce qu’il a vu au fond de celles-ci et s’en est inspiré.
Nous avons proposé a Sapphire de s’amuser avec Pobby et Dingan comme avec ses propres amis imaginaires. Au bout d’un certain temps, elle leur parlait d’une façon très naturelle, comme s’ils existaient vraiment.

Quelles difficultés avez-vous rencontré avec eux pendant le tournage ?
Ce qu’il y a de plus difficile lorsque l’on travaille avec des enfants, c’est leur temps de concentration qui est assez réduit. Ils sont vite fatigués et on ne peut pas dépasser un certain nombre d’heures de tournage, ce qui nous oblige a adapter notre emploi du temps. Malgré tout, j’aime travailler avec les enfants. Quand on les laisse s’exprimer librement, il y a une vraie innocence et une réelle authenticité dans leur jeu.
 

Box-office au 16 Février 2010

  • 1ère semaine IDF : 3 313 entrées
  • Cumul IDF : 3 372 entrées

  • 1ère semaine France : 8 300 entrées
  • Cumul France : 9 498 entrées