Vous avez préféré n’être que les interprètes de ce deuxième volet cinématographique de Caméra café. Pourquoi ?
Parce qu’on ne peut pas tout faire bien ! Il nous fallait lâcher prise sur la réalisation. Le premier réflexe, un peu enfantin, fut de se dire “pas question qu’un étranger vienne mettre son nez dans notre histoire ! (rires). Il suffit d’apprécier le résultat aujourd’hui pour comprendre à quel point c’était idiot... Installé derrière sa caméra, Charles (Nemes) nous a libérés en nous permettant de nous centrer sur le travail de comédie. Charles est de surcroît un styliste. L’univers esthétique un peu glauque de nos personnages a gagné en allure et en tenue. On perd un peu de ce côté “héros de série télé allemande” que peuvent avoir naturellement Jean-Claude et Hervé.
Sur le terrain de l’affectif, Jean-Claude a perdu de sa superbe depuis la précédente aventure cinématographique...
Eh oui, ça lui pendait au nez, on ne pouvait pas laisser impunis ses dérapages incessants, les coups de canif répétés portés à son contrat de mariage... Sa “brune aux reflets prune” l’a mis dehors ; et lorsque débute LE SÉMINAIRE il rame pour la reconquérir. Cette épreuve nous donne aussi l’opportunité de montrer la face sensible du personnage. Ça nous amusait de le voir en baver...
Cette situation change-t-elle sa relation avec Hervé ?
Non, Jean-Claude n’a qu’un ami, un frère, c’est Hervé. A fortiori dans ce moment de grande fragilité. Hervé reste d’une grande patience avec Jean-Claude. Il lui pardonne tout, même de bloquer sa trappe à fuel avec son camping-car qu’il lui a permis de garer dans son jardin. C’est dire.
Que va apporter le séminaire à Jean-Claude ?
Au commencement, beaucoup d’inquiétude ! Il est en période de fragilité, il sent bien que s’il venait à être rétrogradé ce serait le point de non-retour avec sa femme. Elle n’a jamais travaillé, c’est lui qui tient la baraque.
Lorsque débute le séminaire, il est visiblement impressionné par le coach...
Oui, il lui trouve une telle aisance d’expression, une telle élégance vestimentaire avec ses costumes impeccables, il est tellement bluffé par son discours sur les vertus de la performance, qu’il en fait un peu son modèle. S’il est capable de ressembler à cet homme-là, il est persuadé que sa femme reviendra...
Qu’est-ce qui rend le groupe si attachant en dépit de leurs côté “affreux, sales et méchants” ?
Ils restent ces gens de peu que la série avait contribué à faire connaître, employés dans le secteur tertiaire, au service comptabilité d’une moyenne entreprise. Ni plus ni moins pittoresques que les Français de la rue, obligés de s’adapter, avec le sourire, à la petitesse de leur quotidien. C’est remarquable la quantité de gens qui dans la rue nous disent à quel point Hervé, Jean-Claude et les autres ressemblent à des collègues de bureau qu’ils disent connaître...