Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans Le Serpent ?
Ce qui m’a beaucoup plu dans le scénario du Serpent, c’est le suspense. À la lecture, j’étais accroché à mon fauteuil. De page en page, c’était un thriller très bien ficelé, l’engrenage était très bien construit. On avait la trouille en lisant le scénario. J’ai beaucoup aimé cela. Quant à mon rôle, je me demandais :
“Pourquoi moi ?” Il n’y avait pas là les caractéristiques de ce que l’on pourrait appeler mon personnage, mon univers. Mais Éric semblait vraiment me vouloir et ça m’a touché. Il y a des films où je peux être irremplaçable et des films où je peux être remplacé très facilement. Et bien non, il me voulait moi, j’étais
flatté. J’ai dit oui. Ensuite, j’ai fait sa connaissance, et cela n’a fait que confirmer mon envie de travailler avec lui.
Comment Pierre Richard est devenu Cendras ?
Cela fait pas mal de temps qu’on me connaît avec les cheveux longs et une barbe. D’une part dans la vie, mais aussi parce qu’au cinéma, j’ai toujours échappé au fait de les couper. Quand j’ai fait Robinson Crusoë, on ne m’a pas demandé de me couper la barbe. Quand j’ai fait Sans Famille non plus. Ni
dans Essaye-moi. Cela fait très longtemps qu’on me dit que c’est très bien comme ça et tout d’un coup, on me dit : “Je te préviens tu n’auras pas de barbe, tu seras rasé et je vais te couper les cheveux”. Cela fait longtemps que je ne m’étais pas vu comme ça. Et d’ailleurs, lorsque j’ai vu le film, évidemment, je
savais que c’était moi, mais c’était troublant. Des personnes qui me connaissent depuis trente ans m’ont dit : “J’ai mis un quart d’heure avant de réaliser que c’était toi.”
Comment s’est passé le travail avec Eric Barbier ?
Éric Barbier est manifestement un metteur en scène. Ça c’est une évidence. En dix minutes, j’ai compris qu’il savait ce qu’il voulait exactement, tant du point de vue de la caméra, de la scène, que du travail avec les acteurs. C’est un metteur en scène très talentueux. J’étais rassuré. Je lui ai fait confiance. J’avais un rôle effectivement surprenant pour moi, mais finalement, c’est ce qui m’amusait. Parce qu’il n’y a pas que la barbe, il y avait le costume aussi. La cravate ! Je pense ne pas avoir mis de cravate depuis quarante ans. Je m’en suis même passé aux Césars ! Et puis, je me suis retrouvé avec un costume trois pièces, une cravate et finalement, j’ai fait le comédien. C’était bien. En plus de jouer avec
Clovis Cornillac et
Yvan Attal qui sont des acteurs formidables. C’est le troisième film que je tourne avec Clovis. Il est maintenant devenu un très bon copain. J’ai fait la connaissance d’Yvan qui est très talentueux aussi.
Pourtant Cendras va en rencontrer des difficultés !
Je me suis fait un tout petit peu corriger par Clovis, mais à la limite c’est moins violent que de prendre une baffe de Depardieu dans Les Compères ! Cendras est un minable, il trompe sa femme, il est lâche, il a peur. Mais, à la fin, il a un sursaut de courage et, parce qu’il aime bien Vincent, ou parce qu’il comprend qu’il le faut, il aide le héros à s’en sortir. Et ça, ça m’a bien plu.