Notes de Prod. : Le siffleur

    en DVD le 19 Mai 2010

Entretien avec François Berléand, alias Le Siffleur

Philippe Lefebvre dit que vous lui avez soufflé l’idée d’adapter Maurice le Siffleur de Laurent Chalumeau

Un jour, Thierry Lhermitte me passe un coup de grelot. Il me recommande vivement de me jeter sur le bouquin de Chalumeau, dont je tombe raide dingu et tout de suite. Pour le produire au cinéma, je ne voyais qu’Alain Attal, un dabe toujours curieux de projets originaux et décalés. Depuis que je le connais, je lui ai déjà proposé six ou sept scénarios d’auteurs de mon entourage. Sans vraiment de succès, mais je gardais bon espoir. Là, je lui file le livre, qu’il lit durant un week-end.Et le lundi, il sortait les talbins pour acheterl es droits ! Très vite, il a pensé à Philippe Lefebvre pour l’adapter. Et j’avoue qu’il a fait un taf remarquable, à garder le meilleur de la rhétorique de Chalumeau, et à élaguer tout ce qui n’était pas visuel.


Surtout, il a écrit le scénario en pensant à vous dans le rôle du Siffleur…

Chalumeau lui avait même dit qu’il ne voyait que mes zigues pour le jouer. C’est flatteur, mais ça met la pression. Interdit de se vautrer ! Mais comme c’est du pur jeu, j’étais sûr de me marrer. Armand est un type qui fait toujours semblant d’aller bien alors que ça va mal, d’être un dur alors que c’est un cave… D’ailleurs, il fallait toujours garder ça en tête, et ne surtout pas le jouer premier degré, genre vrai caïd.


Sous vos dehors très blagueur, on vous dit très consciencieux. Comment préparez-vous cette double composition ?

Déjà, j’apprends tous les dialogues par coeur avant le premier jour de tournage. Même ceux des autres – au cas où on me change de rôle, on ne sait jamais ! [rires] Une fois que je connais parfaitement le texte, je peux verser dans la nuance, faire dans le velours, me plier sans douleur aux indications de Philippe. En même temps, savoir son texte par coeur, c’est un peu le b.a.-ba du comédien, hein ! On est payé pour ça, après tout. D’autant que le rôle m’est tombé dessus dès l’origine du projet. Il s’agissait de ne pas décevoir.

Même si c’est pour de faux, vous jouez un dur, un emploi que vous n’aviez jamais tenu jusqu’à présent. Y avez-vous pris un vrai plaisir ?

Pour de faux, pour de faux… Si on veut.En fait, c’est du jeu dans le jeu. Un truc raffiné comme je les apprécie. D’un côté,il y a Armand ; de l’autre, il y a Armand qui s’invente ce personnage de Maurice le Siffleur… Et là, il fallait que j’en rajoute. Contrairement à Thierry qui, lui, interprète un vrai boss. Il n’a pas à rouler des mécaniques. Moi, je colle à l’état d’esprit d’Armand, dont les références musicales sont le jazz, et par conséquent celles cinématographiques se rapportent aux films des grands disparus : Mélodie En Sous-sol, Le Cave Se Rebiffe, etc. Il ne fallait pas être sur Tarantino, mais sur Melville, Verneuil, ou le patron : Michel Audiard.

Vous avez été très malheureux de vous raser ?

J’ai surtout été très malheureux avec cette teinture ! Je mettais sans arrêt des chapeaux, des casquettes tellement j’avais honte ! Et puis je me suis fait une raison : j’étais dans la région de France où on se teint le plus les cheveux, alors…Pour la disparition de ma barbe, je m’en rendais compte tous les matins en me lavant les dents : je voyais ma tête et j’étais désespéré par ma tronche. Je m’y suis habitué au bout d’un mois. Et j’ai même trouvé ça agréable. Personne ne me reconnaissait dans la rue. Au pire, on me dévisageait comme un vieux con qui se teint les cheveux !


Vous avez le rôle-titre, mais Le Siffleur est avant tout un film choral. Vous êtes-vous senti bien entouré ?

Et comment ! Quand Philippe m’a parlé de Sami Bouajila, j’ai pas gambergé longtemps.Sami, c’est une épée dans le métier.Fred Testot, je n’avais aucun avis. Il me fait bien marrer dans le SAV, mais je ne l’imaginais pas dans autre chose. Autant vous dire que sur le plateau, j’ai ravalé mes certitudes : Fred est un acteur incroyable ! Toujours en demande, à l’écoute, et très fort dans sa composition.Son personnage est à la fois drôle et effrayant.Virginie Efira, je ne la connaissais pas. Mais alors pas du tout ! Je n’ai jamais regardé la Nouvelle Star. Après m’être renseigné, j’avoue avoir eu un a priori. Et puis je l’ai vue aux essais. Elle est arrivée en mini-jupe, super maquillée… C’était le personnage ! D’autant que dans la vie, elle est tout le contraire ! Sous son impeccable carrosserie, elle est sympathique, intelligente, et a de la dérision, essentiel pour une actrice. Enfin, en ce qui concerne Clémentine Célarié, je n’imaginais pas une autre comédienne capable de jouer ce personnage de cagole quinquagénaire séduisante.


Avec une telle bande, vous avez dû beaucoup rire ?

De toute façon, je ne peux pas m’imaginer sur un plateau sans me fendre la gueule ! Là, je suis sur une comédie, avec Philippe qui adore se marrer, Fred qui n’arrête pas de déconner, Clémentine qui est une sacrée nature, Thierry qui rigole beaucoup, Sami qui a un sacré humour…De bout en bout, il a régné un bon esprit.Ce qui n’est pas si évident sur un premier long.


Pour vous, ce n’est pas un souci de travailler avec un jeune metteur en scène ?

Non, surtout avec un type comme Philippe. C’est un pro, et sincère en plus, pas du genre à jouer les trompettes qui savent tout. Quand il avait des trous, des doutes, il ne s’en cachait pas. Il cessait de répondre à tout le monde, restait là, au milieu du plateau à réfléchir à ce qui lui manquait ou ce qu’il devait faire, et après deux, trois minutes comme ça, sortait de son silence rassuré, serein. Et puis Philippe est honnête : son but était avant tout de faire un divertissement, pas de faire son malin avec sa caméra. Il veut avant tout être efficace.


Y a-t-il eu une scène plus difficile qu’une autre ?

Celle où on me pend par les pieds dans le vide. Evidemment, ce n’est pas ma pomme, mais un mannequin. Sauf que dans la séquence, je joue après avec Thierry au bord du parapet, d’où on a un échange avec ses hommes de mains (Fred et Sami). Une trentaine de mètres de hauteur. Or, j’ai le vertige. Mais vraiment, hein ! La plupart des scènes où Maurice arrive en roulant au bord de la corniche, j’ai une doublure ! C’est vous dire ! Sinon, tout le reste était franchement agréable. Excepté la dernière scène qu’on a tournée, celle où j’amène Sami et Fred dans la boîte de mon pote. Pas parce qu’elle était dure à jouer, mais parce que le tournage s’arrêtait après deux mois de jubilation. J’étais triste,j’avais des sueurs froides… Le contrecoup de plus de huit semaines de bons souvenirs. Le bilan est donc largement positif.

Sur le tournage du siffleur

Le 21 Octobre 2008 - Virginie Efira, Thierry Lhermitte et François Berléand sifflent

Les acteurs François Berléand, Virginie Efira et Thierry Lhermitte ont débuté le tournage du film Le Siffleur à Cagnes-sur-mer (Alpes-Maritimes), le premier long-métrage réalisé par Philippe Lefebvre, indique le quotidien Le Parisien.

Entretien avec Philippe Lefebvre, réalisateur du Siffleur

On vous connaît surtout comme acteur et scénariste. Comment vous retrouvez-vous réalisateur du Siffleur ?

A la base, je suis acteur. Tout commence en 1995 au café du Trésor (dont le patron était Alain Attal), avec Guillaume Canet et Frank Dubosc. On jouait tous les mercredi soirs un petit spectacle comique de 45 minutes, qu’on renouvelait chaque semaine. Soit quatre spectacles à écrire par mois ! Un exercice intéressant, mais astreignant, voire étouffant. Mais qui m’a filé le virus de l’écriture. Parallèlement aux rôles qu’on m’a proposés par la suite, j’ai collaboré à une première version de Narco de Tristan Aurouet et Gilles Lellouche, et à Mon Idole de Guillaume Canet.
 

Box-office au 21 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 072 entrées
  • 1ère semaine IDF : 59 087 entrées
  • Cumul IDF : 59 293 entrées

  • 1ère semaine France : 200 279 entrées
  • Cumul France : 200 279 entrées