Pour Le Silence de l’épervier,
Line Renaud est devenue Margot, une femme contrainte de reprendre les rênes d’un quotidien familial au grand désespoir de certains. Sa foi en la vérité pousse cette ancienne journaliste à découvrir toutes celles qu’on lui a cachées. En dirigeant
Grand Ouest, Margot ne s’imaginait sans doute jamais remonter un jour jusqu’à l’Épervier...
Margot Vivier-Lefort est à l’image de son interprète
Line Renaud : un personnage haut en couleur qui ne s’en laisse pas conter.
Line Renaud en patronne de presse
L’idée d’interpréter une patronne de presse, plusieurs personnes l’avaient suggérée à celle qui a «
intimement connu André Lazareff ». «
Petite, je voulais être reporter de guerre, explique-t-elle. Aujourd’hui si je devais débuter une nouvelle carrière, j’aimerais en faire une à la Arlette Chabot ou à la Christine Ockrent... Ces femmes m’impressionnent, il leur faut une telle poigne de fer pour diriger, mener les débats, calmer leurs invités. » Un rôle qu’elle campera peut-être un jour dans un téléfilm, en attendant la voici dirigeant un quotidien régional.
Difficile en découvrant Margot de ne pas trouver des similitudes avec son interprète. Un même sens du devoir, un tempérament volontaire et déterminé, un attachement familial et une fi délité sans failles, sans compter cette même capacité à toujours aller de l’avant.
«
Line est ainsi dans tout ce qu’elle entreprend, elle a un vrai sens du devoir », explique sa productrice, Caroline Solanillas. Car si LM productions produit la série,
Line Renaud ne «
[se voyait] pas endosser les deux casquettes : on ne peut pas produire et tourner en même temps. En aucun cas, je ne veux quitter mon rôle d’actrice. Produire, je le fais à chaque fois qu’on me refuse une chose à laquelle je crois et jusqu’à présent, je ne me suis jamais trompée ».
Margot et ses vieux démons
En perdant tragiquement sa sœur Christine, Margot n’imaginait pas devoir renouer avec ses premières amours, le journalisme. Un monde abandonné trente-cinq ans plus tôt à la suite d’un drame personnel. «
J’aimais l’idée qu’elle ne soit plus journaliste. C’est un passé sur lequel elle a tiré un trait. Sa vie, elle l’a reconstruite au cœur d’un vignoble auprès de Paul et de ses deux beaux-enfants.
Là est son bonheur, mais le destin en a décidé autrement en la contraignant à reprendre l’affaire familiale. Margot le sait, il en va de la pérennité du journal créé par son père, Georges Vivier. Maintenant que Christine n’est plus là, elle n’a pas d’autres choix que de s’y remettre. » Une décision qui, finalement, ne ravit ni l’intéressée, ni ses détracteurs... puisque Margot va s’avérer bien moins malléable et corruptible que sa sœur. «
En ces périodes d’élections législatives, Margot ne peut pas laisser sa nièce Anne seule aux commandes de Grand Ouest, elle est encore trop jeune pour subir les pressions tant extérieures qu’intérieures. » Car pendant longtemps, le journal a roulé pour Antoine Carsac, sans trop poser de questions. Cet ami de la famille — ancien résistant tout comme Georges, et cofondateur du journal avec lui —, est depuis devenu un sénateur reconnu qui aimerait bien voir son fils accéder à la députation et, si possible, avec le soutien de
Grand Ouest. Mais les temps ont changé et le
Grand Ouest pensé par Margot et Anne a décidé de jouer la neutralité. En cherchant à estomper certains liens du passé, Margot fait, sans le vouloir, ressurgir d’atroces vérités... «
Il fallait qu’elles éclatent un jour, que ces ondes néfastes qui planaient sur la famille disparaissent. En reprenant le journal, Margot est celle qui révélera des années de non-dits. »
Vigne, journalisme et politique : trois univers impitoyables
«
Au-delà du romanesque et des intrigues familiales, trois univers se retrouvent ici imbriqués : la vigne, la politique et le journalisme. On est confronté à des problèmes bien réels, ajoute-t-elle. C’est compliqué d’être un entrepreneur aujourd’hui. » Et de penser aux difficultés de la vigne face la mondialisation. À celles des médias face aux politiques. Ici il est question de rapports de force, de pouvoir, de collusion. Des univers où, parfois, tous les coups sont permis. Bien loin de l’ambiance du tournage — «
comme Florence Thomassin est très rieuse, j’attendais la fin de la journée pour l’emmener dans un fou rire... » Cette traqueuse née, qui rencontre la même angoisse avant d’entamer un tournage ou une pièce, a réuni autour d’elle une pléiade de «
grands acteurs à la prestation magnifique » et qui ne tarissent pas d’éloges à son sujet, tout comme le réalisateur
Dominique Ladoge. Pour beaucoup, savoir
Line Renaud du tournage était un gage de qualité...