Notes de Prod. : Le Temps des grâces

    en DVD le 18 Janvier 2011

Note d'intention du réalisateur du Temps des grâces

Une ferme en Auvergne, avec chapelle ancestrale et panorama impeccable. A priori, tout est à sa place. L’éleveur sort ses vaches sous l’oeil satisfait des citadins en vacance.
Mais sur la rampe, la première vache glisse et tombe. Fin des réjouissances : tout le troupeau est au diapason, les vaches ne tiennent pas debout. Que se passe-t-il au juste? Réponse de l’éleveur: « Rien, tout va bien ! ».
C’était en août 2004 et cette scène ne se laissait pas oublier. Pour impressionnante qu’elle fut, c’est moins la chute des vaches que la dénégation de l’éleveur qui m’a marqué, par ce qu’elle révélait de douleur rentrée, de gène.

Et mon sentiment fut que cette souffrance nous concernait, que nous n’étions pas extérieurs à cette scène, que nous faisions partie du problème.
Et c’est pour mieux comprendre ce qui se jouait à ce moment là, dans cet espace-là, dans cette paradoxale intrication de beauté et de désastre, que j’ai eu le désir de parcourir tout le pays, de rencontrer tant de gens, agriculteurs, agronomes, écrivains et autres, pour faire un film qui questionnerait notre attachement à l’agriculture.

Dominique Marchais, réalisateur du Temps des grâces

Entretien avec Dominique Marchais, réalisateur du Temps des grâces

Quel était votre rapport à la campagne avant de faire ce film ?

Je suis de la campagne, à l’origine. Mes grands-parents maternels étaient agriculteurs. Je n'ai jamais pensé faire de l'agriculture un métier mais je suis resté attaché à la campagne. Devenu urbain, la relation que j’ai gardé avec la campagne était principalement celle d'un randonneur, d'un pèlerin à la Robert Walser...