Le scénario du Temps des porte-plumes existe depuis très longtemps. Pourquoi le réaliser seulement aujourd'hui ?
(..) Après
Effraction, que j'ai tourné avec
Jacques Villeret, je m'étais dit que je ne ferais plus jamais de films tant que je n'aurais pas réalisé
Le Temps des porte-plumes, tant que je n'aurai pas réglé des comptes avec moi-même : j'avais des problèmes sérieux, comme on dit, existentiels, des trucs de merde. (..) Une fois tous ces trucs évacués, je me suis senti plus fort et prêt à la faire. Ca fait quatre ans que je prépare ce film. On a beaucoup travaillé le casting pour trouver l'enfant.
Pourquoi ne pas avoir joué vous-même le rôle de Gustave, votre père adoptif ?
Non, ça n'aurait pas été possible par apport à ma propre vie. Et puis j'aurais été très mal à l'aise. (..) Mais bon, je fais le psy au début du film. C'est le narrateur. Pour moi, c'est un symbole merveilleux de faire ça, de me retrouver face à mon petit acteur et de lui demander « Qu'est ce que tu as? »
Par moments vous étiez très dur avec Raphaël sur le tournage. Pourquoi ?
C'était nécessaire, car je le ramenais à mon caractère, qui est à la fois extrêmement sensible, extrêmement violent, extrêmement dur. Raphaël vit dans une famille merveilleuse. Et c'est une vie qu'il ne connaît pas. Je voulais lui éviter un jeu d'enfant caricatural ou classique.
Comment Raphaël, qui joue Pippo, votre propre rôle à l'écran, a-t-il réagi quand vous lui avez dit que le film racontait votre histoire ?
Je lui ai dit que le film parlait de mon enfance seulement trois semaines après le début du tournage. A partir de là, il y a eu un effort de concentration supplémentaire dans ce qu'il faisait sur le plateau. Mais je voulais d'abord le voir vivre et bouger, pour le rapprocher peu à peu de ce que j'attendais de son jeu.