Notes de Prod. : Le vent se lève

    en DVD le 08 Mars 2007

La révolution irlandaise : De la guerre d'indépendance à la guerre civile (1916 – 1921)

Par Donal Ó Drisceoil

Au plus fort de la Grande Guerre, pendant laquelle des milliers d'Irlandais combattent sous les ordres de chefs de file nationalistes mais modérés, l’Irish Republican Brotherhood (la Fraternité républicaine irlandaise), les Irish Volunteers (les Volontaires) et l'Irish Citizen Army (l'Armée civile irlandaise) tentent un soulèvement armé contre l'occupant britannique, à Dublin, le jour de Pâques 1916. Les Britanniques tardent à riposter mais mobilisent des forces écrasantes. Les insurgés doivent se soumettre après une semaine, mais leur révolte est un symbole qui résonne dans toute l'île.

La condamnation à mort des initiateurs (dont le socialiste James Connolly) et la répression militaire qui s'ensuit vont pousser la population d’un nationalisme modéré vers le mouvement séparatiste, d'abord incarné par les Irish Volunteers, puis par le parti renaissant Sinn Féin (c'est-à-dire "Nous-mêmes").

Aux élections générales de décembre 1918, Sinn Féin obtient une large majorité à travers le pays, à l'exception du nord-est où les Unionistes (opposés à toute altération de l'union avec la Grande-Bretagne) gardent leur influence. Sinn Féin instaure un parlement irlandais sous le nom de Dáil Eireann (assemblée d'Irlande) basé à Dublin et annonce au monde l'indépendance Irlandaise. Mais aucune reconnaissance internationale ne répond à cette déclaration et le gouvernement britannique refuse de l’accepter. La Dáil Eireann est déclarée hors-la-loi, la République d'Irlande devient clandestine et les Irish Volunteers se transforment en Irish Republican Army (IRA).

Les volontaires qui s'engagent dans l'IRA sont principalement de jeunes hommes, entre 18 et 30 ans. Ils sont apprentis, vendeurs, fils de fermiers, ouvriers agricoles, cheminots ou employés d'usine. Certains ont combattu en 14-18, et leur expérience militaire est essentielle au succès de l'organisation. La plupart s'engagent par l'intermédiaire de parents, de voisins ou de connaissances.

C'est un véritable contre-pouvoir qui se met en place, avec sa propre justice et ses propres tribunaux. Les cheminots refusent de transporter le matériel militaire ou les troupes britanniques. Partout la force militaire et policière britannique - les Royal Irish Constabulary (RIC) - se trouve attaquée par l’IRA. C'est une lutte impitoyable et sauvage de part et d'autre. Deux polices spéciales sont envoyées en renfort par les Britanniques : l'une composée d'anciens officiers, les "auxiliaires", l'autre recrutée parmi des soldats démobilisés, les tristement célèbres "Black and Tans" (noir et fauve, à cause de leur uniforme). Auxis et Black and Tans, soumis eux-mêmes à une perpétuelle menace de mort, se livrent à d'abominables représailles contre les populations soupçonnées de soutenir l'IRA.

Une suite d'arrestations et de rafles conduisent l'IRA à constituer de nouvelles unités de combat, mobiles et mieux entraînées, les Flying Columns (colonnes volantes) qui opèrent principalement par embuscades, dans la campagne. Les Britanniques ripostent en raflant, en incendiant et en pillant des habitations ou des villages entiers. C'est une spirale sans fin de violences et de représailles. La guerre se fait plus sale, chaque jour.

L'organisation des femmes, Cumann na mBan, joue un rôle décisif au sein du réseau de renseignement de l'IRA, une structure redoutablement efficace. Ce sont aussi souvent les femmes
qui dispensent la justice dans les tribunaux de la Dáil Eireann.

La guerre civile éclate véritablement à la fin de l'été 1920. Elle est plus intense dans le sud, à Cork particulièrement. On atteint l'impasse pendant l'été 1921, et en juillet la trêve est déclarée. Le traité signé en décembre 1921 entre Britanniques et Irlandais, donne à l'Irlande du Sud, appelée Etat Libre, statut de "Dominion de la British Commonwealth of Nations". Loin de satisfaire les aspirations du Sinn Féin, ce traité consacre la division de l'Irlande, puisque six comtés unionistes de l'Ulster restent dans le Royaume-Uni, désormais appelé "de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord". Les Britanniques gardent le contrôle des principaux ports irlandais. Les élus du nouveau parlement de l’Etat Irlandais libre (Irish Free State) doivent jurer fidélité à la couronne britannique, qui demeure représentée par un gouverneur général.

Ce traité provoque une violente scission au sein du mouvement révolutionnaire. Les pro-traité, partisans de l’Etat libre membre du British Commonwealth, estiment que cet accord est le meilleur qui puisse être trouvé à ce stade avancé du conflit et la seule alternative à l’ultimatum des britanniques : " une guerre immédiate et terrible ". Ils prennent donc le pouvoir, avec le soutien des Britanniques mais aussi l’ « Establishment irlandais ». Les républicains anti-traité entrent en résistance et c'est alors que commence une atroce guerre civile. Cette nouvelle bataille voit s'opposer cruellement d’anciens camarades. Elle divise les familles. Alors même que les républicains anti-traité sont, à l’origine, supérieurs en nombre, l'armée de l’Etat Libre les défait, en moins d’un an.

Le commandant britannique Bernard Montgomery (devenu plus tard, le célèbre maréchal), alors affecté à Cork, plaide en 1923 pour qu’une forme d’'indépendance soit accordée aux Irlandais afin "qu'ils maîtrisent ainsi eux-mêmes leur rébellion qu’ils sont les seuls à pouvoir véritablement éradiquer." Ce fut effectivement le cas.

A Propos du film... Par Ken Loach

« C'est par Jim Allen que je me suis intéressé à l'Irlande, quand il a écrit le scénario de Days of Hope (1974), l'histoire d'un soldat qui s'engage volontairement pendant la première guerre mondiale, mais qu'on envoie se battre en Irlande, pas en France. Plus tard, Hidden Agenda traitait des événements récents en Irlande du Nord, mais nous avions eu le sentiment que ceux-ci ne pouvaient être compris sans expliquer les raisons de la partition de l'Irlande et toute l'histoire du conflit. Je pense que les événements en Irlande entre 1920 et 1922 restent d'un intérêt parfaitement actuel.

A Propos du film... Par Rebecca O'Brien (Productrice)

« Quand notre film Hidden Agenda, un thriller sur la politique britannique meurtrière en Irlande du Nord, a été montré en compétition à Cannes, il a été présenté comme "le film de l'IRA". J'espère que cette fois les réactions seront un peu plus nuancées. Les temps ont changé et il nous faut examiner le passé à la lumière des événements récents.??Le développement d'un film comme celui-ci procède par étapes. La recherche de financements n'intervient que sur la base d'un scénario extrêmement détaillé, après plusieurs versions rigoureusement retravaillées. C'est un processus très long. Paul Laverty commence par s'immerger dans l'univers de l'histoire que nous voulons raconter.

A Propos du film... Par Paul Laverty (scénariste)

« Après des mois de recherches, c'est le personnage de Peggy (la grand-mère qui possède la ferme, interprété par Mary O'Riordan) qui a pris de l'importance dans mon esprit. Ce qui me frappe en Irlande, c'est le sens très vif de la mémoire. J'imaginais une femme comme Peggy, enfant, témoin des expulsions pendant les grandes famines, puis plus tard, vers ses 30 ans, au moment de la crise agricole des années 1870. Peut-être avait-elle des enfants. La famine a eu des effets catastrophiques, et elle était pour bien des raisons liée au fait que l'Irlande était une colonie. Les Irlandais mouraient de faim, mais la Grande-Bretagne réservait leur production alimentaire à l'exportation.

Le film vu par ses comédiens

Cillian Murphy (Damien)

« Au début du film, Damien doit partir pour Londres et y travailler comme médecin. C’est une opportunité exceptionnelle pour lui et l’idée de s’en aller est également séduisante. Tout cela rend encore plus difficile sa décision de rester et de s’engager… C’est bien joli d’avoir un idéal mais c’est autre chose de passer à l’acte et de prendre les armes.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 79 259 entrées
  • Cumul IDF : 222 949 entrées

  • 1ère semaine France : 283 003 entrées
  • Cumul France : 963 490 entrées