Lire le scénario de
Lebanon était déjà une expérience en soit. Je me suis totalement immergé dedans. J’avais l’impression que quelqu’un était en train de partager l’expérience la plus difficile de sa vie avec moi.
Ce script m’enthousiasmait plus que n’importe quel autre que j’avais pu avoir entre les mains jusqu’à présent. Je me suis dit qu’il serait essentiel pour moi de participer à la réalisation de ce film.
Après avoir rencontré Samuel, mon envie de travailler sur le film s’est encore accrue. Le moment où Samuel m’a dit « Bienvenue sur
Lebanon ! », à la fin de la quatrième audition, est l’un des moments les plus heureux de ma vie. C’était mon premier rôle après avoir fini mes cours d’art dramatique, la réalisation de tous mes rêves.
Samuel me parlait directement, pendant que nous tournions les scènes. Il me hurlait les horribles pensées qui étaient sensées me traverser l’esprit. « C’est ma faute si ce parachutiste est mort. Que vont-ils dire à sa mère ? Que j’ai fait une erreur ? Que je me suis trompé ? Je suis un vaurien ! Un lâche ! Un meurtrier ! ». Il me poussait encore et encore dans mes derniers retranchements. A la fin de la scène, beaucoup de gens pleuraient sur le plateau. Tout le monde comprenait que Samuel s’adressait en fait à lui-même.
A la fin du tournage de la séquence, j’étais dans un état émotionnel tel que j’ai éclaté en sanglots. Samuel m’a réconforté en me disant qu’il sentait qu’il guérissait à travers moi. Me voir sur le moniteur lui permettait d’éprouver de l’empathie, et de se pardonner. Je considère qu’avoir participé à un processus aussi intime et important est un grand privilège. Avoir pris part à la guérison de Samuel et avoir aidé à raconter son histoire sont des expériences qui vont m’accompagner toute ma vie.