Notes de Prod. : Lemming

    en DVD le 19 Janvier 2006

Entretien avec Dominik Moll

D'où est venue l'idée de cette étrange histoire ?
Du lemming. C'est un animal qui parce qu'il est vecteur de fantasmes me fascine depuis mon enfance. J'ai grandi en Allemagne où, comme dans les pays scandinaves et anglo-saxons, les étranges migrations de masse et les soi-disant suicides collectifs de ce petit rongeur sont connus du grand public. Au départ, il y avait juste cette image d'un type qui démonte le siphon de son évier bouché et qui aperçoit un truc curieux, il tire dessus et se retrouve avec un lemming dans la main. Comment cet animal qui vit uniquement dans le nord de la Scandinavie a-t-il pu atterrir là ? L'idée était de partir du quotidien, d'un événement banal, un évier bouché, pour dériver vers des univers plus troubles, avec des incursions vers le fantastique. Je voulais aussi développer l'idée d'un personnage qui pense tout contrôler dans son boulot et dans sa vie sentimentale, qui pense que le contrôle est garant de bonheur, et qui petit à petit perd ses repères. C'est précisément à Alain, ingénieur en domotique, un domaine où l'on essaie de tout contrôler, même à distance, que les choses vont échapper progressivement.

Vous avez peaufiné ce projet pendant près de trois ans. Quelles ont été les grandes étapes du scénario ?
Dans un premier temps, j'ai écrit une version où les deux couples étaient déjà présents, mais, pour différentes raisons, Bénédicte et Alain partaient sur les traces du lemming au fin fond de la toundra scandinave, et là, ils tombaient sur la fameuse migration… On perdait le fil de l'histoire, et j'étais moi-même un peu perdu ! Avec Gilles Marchand, on a préféré ramener l'action en France pour se concentrer sur l'étrangeté de la relation entre les deux couples, et approfondir l'idée d'aliénation chez Bénédicte qui devient pour Alain quelqu'un d'autre. On pouvait ainsi développer autour d'Alain le thème de la perte de contrôle. Et le personnage d'Alice a pris alors toute son importance.

À quel moment avez-vous senti que vous teniez votre histoire ?
Quand on a trouvé la séquence du lac où Bénédicte rejoue la scène de séduction qu'Alain a vécu avec Alice. Une scène déterminante où une étrange fusion s'opère entre les deux personnages féminins. À ce moment de l'histoire, Alain ne sait plus très bien qui il a en face de lui, avec tout ce que cela peut avoir d'inquiétant et en même temps d'excitant pour lui.

Avec la découverte de cet inquiétant "lemmus lemmus" dans le siphon d'un évier bouché vous créez une attraction immédiate.
Le lemming symbolise un peu le grain de sable qui commence à faire déraper la machine, un signe avant-coureur de l'étrangeté qui s'annonce. Mais l'étrange n'est pas là où on l'attend. Le mystère du lemming trouve une explication finalement assez banale. On pourrait presque dire que c'est une fausse piste, en même temps il est important parce qu'il prépare le terrain pour l'irruption de l'irrationnel dans un domaine à priori plus normal, celui du couple.

L'imminence d'un danger que l'on pressent crée une tension permanente. Le film, en présentant tantôt le point de vue d'Alain et tantôt le point de vue de Bénédicte, trouble le spectateur. Comme les personnages, on est saisi d'une sorte de vertige.
Je me souviens d'un plaisir de cinéma très particulier que j'ai éprouvé à 12 ans en voyant par hasard et pour ainsi dire par erreur SATYRICON de Fellini. Je ne comprenais rien, j'étais perdu mais fasciné, comme dans un long rêve. Ce film m'a longtemps hanté parce qu'il fonctionnait selon une logique à laquelle je n'étais pas habitué. Ce qui me plaît, c'est d'amener le spectateur à se questionner en permanence, lui ouvrir des portes, puis en refermer certaines pour en entrouvrir d'autres… L'important est de ne pas laisser le spectateur en plan à la fin, il doit pouvoir retomber sur ses pieds, et retrouver à des moments précis toute la logique de l'histoire. Mais pour goûter au film, il faut accepter de se perdre, comme dans une ville étrangère, où il est souvent plus agréable de s'égarer plutôt que de suivre les itinéraires convenus des guides touristiques. J'aime situer mon histoire sur la crête entre réalité et rêve, sans que ce soit trop clairement identifié comme quelque chose d'imaginé ou de rêvé. Dans cette zone trouble où l'on peut trouver des repères de la réalité, mais en ayant perdu le sens de qui l'on est et où l'on est vraiment.

LEMMING est un film plus sombre et plus grave que HARRY tout en maintenant un aspect ludique et un humour sous-jacent. Ce pauvre Alain par exemple, qu'est-ce qu'il se prend !
Oui, il y a dans l'accumulation des coups que se prend Alain quelque chose d'assez jouissif. Il se casse le bras, il se fait piétiner par une horde de lemmings, il ne reconnaît plus sa femme, son patron l'humilie, il se fait mordre à la main, il se défonce le crâne et même sa web-cam volante finit par ne plus lui obéir. Pour quelqu'un qui aime être dans le contrôle, ça fait beaucoup ! Je me suis amusé à appliquer le principe scénaristique « quand ton personnage est à terre, frappe-le ! »

Alain et Bénédicte représentent l'archétype du couple modèle à l'image de leur pavillon tout équipé ! Harmonie sentimentale, entente sexuelle, réussite sociale, désir de progéniture. Mais il semblerait qu'il n'y a pas de bonheur tranquille…
Non, il faut être vigilant, rien n'est jamais acquis. Est-on jamais sûr de savoir qui l'on a en face de soi ? Et sait-on vraiment ce qui se passe dans la tête de l'autre ? On pense se connaître et tout d'un coup, quand le couple commence à battre de l'aile, on n'en est plus tellement sûr. C'est un peu ce que dit Alice en questionnant Bénédicte, " Vous n'avez pas peur du jour où ça ira moins bien ?" On est tous concernés par cette interrogation à laquelle on refuse souvent de se confronter, parce qu'on aimerait que tout soit idéal. Alain, pris par son boulot, se repose un peu sur ses lauriers, il ne se pose plus de questions, il pense que tout est acquis, c'est sans doute pour cela que tout lui tombe sur la tête. Bénédicte est plus disponible pour se laisser aller à ce genre d'interrogation. Du coup, il me paraissait plus logique que les choses partent d'elle.

Comment avez-vous imaginé le rapport entre les deux femmes Bénédicte et Alice ?
Nous nous sommes beaucoup posé la question de savoir si le changement de comportement de Bénédicte était dû au fait qu'elle s'identifiait de façon excessive, voire pathologique, à Alice, ou bien si Alice prenait réellement possession de l'esprit de Bénédicte. Bref, nous nous demandions s'il fallait nous tenir à une lecture psychologique ou si nous devions privilégier une approche plus fantastique. C'est cette dernière solution qui nous a paru plus cinématographique et plus riche.

Mais le film ne se limite pas à une histoire de fantôme.
Non elle parle surtout de fantasmes et de peurs. Le fantastique n'était pas un but en soi, mais il nous a permis de donner sa structure narrative au film. La prise de possession se fait en plusieurs étapes : la violence d'Alice et de son couple, ainsi que son suicide ébranlent Bénédicte et la rendent perméable, elle devient un terrain où la personnalité d'Alice peut s'immiscer. La nuit, lorsque Bénédicte monte dans la chambre d'amis, on peut se raconter qu'Alice s'engouffre en elle, puis il y a une période transitoire où l'on a l'impression qu'Alice est en sommeil en elle, avec des moments d'irruption qui provoquent un dérèglement du comportement chez Bénédicte, jusqu'à ce qu'elle échappe complètement à Alain en allant coucher avec Pollock. Finalement on voit Alice se substituer réellement à Bénédicte, pour inciter Alain à tuer Pollock. Mais même s'il s'agit d'une lecture possible, je ne voulais pas qu'elle interdise d'autres interprétations.

On peut aussi se demander si tout cela ne vient pas d'Alain qui mélange les deux femmes dans son esprit.
L'idée qu'Alice prenne possession de Bénédicte pour pousser Alain à tuer Pollock nous permettait d'illustrer de manière assez concrète la peur et en même temps le désir d'Alain de voir sa femme devenir une autre. Le changement de personnalité de Bénédicte peut très bien être fantasmé par Alain. Cela traduirait d'une part sa crainte de voir son couple prendre le chemin de celui des Pollock. D'autre part le fait de mélanger les deux lui permet d'avoir et l'une et l'autre. Ce serait sa façon de s'arranger pour accepter son désir pour Alice, sans culpabiliser.

En fait, dans cette histoire, le danger vient des rêves et des fantasmes des uns et des autres.
Oui, on pourrait dire qu'au contact du couple Pollock, et notamment d'Alice, le fantasme s'empare d'Alain, créant un danger encore plus fort qu'une menace réelle, comme une invasion de lemmings, par exemple !
À force de tout contrôler, Alain désire peut-être inconsciemment que les choses lui échappent, pour mettre du piquant dans sa vie. L'offre d'abandon total d'Alice (« vous pouvez faire de moi ce que vous voulez ») le trouble parce qu'elle est à l'inverse de son fonctionnement à lui. Même s'il refuse de se laisser aller, c'est trop tard, à présent le ver est dans le fruit, le fantasme se met en marche. Finalement ça ne lui déplairait pas que Bénédicte ait un peu d'Alice en elle. Mais lorsque ça arrive, il prend peur parce qu'il ne la reconnaît plus.

Alice est le personnage le plus énigmatique.
Sans Alice, il n'y aurait pas d'histoire, c'est elle le lemming ! C'est elle qui déclenche tout. Elle essaye de séduire Alain puis elle sème le doute auprès de Bénédicte sur la fidélité de son mari. Mais ce n'est pas une calculatrice, elle n'est pas maléfique, il n'y a pas chez elle de préméditation à leur faire du mal. Elle navigue à vue. Alice est dans un état de souffrance, et la vision de ce petit couple modèle lui renvoie l'image de son propre échec. Elle voudrait leur nuire, et en même temps elle les envie. C'est aussi parce qu'elle est perdue et seule, et parce qu'elle est en demande qu'elle va trouver Bénédicte. Et lorsqu'elle vient dans le labo et tente de séduire Alain, elle ne vient pas en dominatrice qui voudrait s'emparer de ce jeune mec propre sur lui. Elle se met elle aussi en danger, son désir pour Alain est réel et a quelque chose de désespéré et de très vulnérable.

Alain s'efforce de garder le contrôle, mais plus le film avance, plus il perd ses repères…
Il pense être un type bien, il n'a pas cédé à la tentation et se dit, « je me suis ressaisi, j'ai bien fait, on ne trompe pas sa femme… » Mais quand Pollock lui rentre dedans parce qu'il n'a pas couché avec Alice, là le pauvre Alain ne comprend plus rien. Pollock remet son système de valeurs et de morale en question. Alain se rend compte qu'il n'y a pas de certitudes, et là, une autre culpabilité commence à poindre, car il aurait peut-être pu aider à sauver cette femme.

Richard Pollock a lui aussi sa part de mystère.
Je trouvais amusant de lui inventer une double vie, chef d'entreprise irréprochable, et " homme à putes", comme dit Alice. Il s'est forgé sa propre morale, celle qui lui permet de fréquenter des call-girls sous le nez de sa femme, et de se mettre en colère parce que son employé n'a pas voulu coucher avec elle. J'aime beaucoup ce moment où il se met en colère parce qu'il montre que même dans ce couple en bout de course, qui aux yeux d'Alain ne semble fonctionner que sur du mépris mutuel, les choses ne sont pas si simples. Lors de notre première rencontre, j'ai dit à André Dussollier que Pollock est à un moment donné de sa vie où il a décidé de passer outre le sentiment de culpabilité.

Sur sa culpabilité d'avoir essayé de tuer Alice il y a 20 ans ?
Oui, mais on ne saura pas vraiment ce qui s'est passé entre eux. L'important était que l'on sache qu'il y avait aussi eu dans ce couple une réelle passion couplée à une réelle violence, quelque chose de très destructeur dont ils étaient tous les deux les acteurs. Cette passion destructrice peut aussi avoir quelque chose d'enviable pour Alain qui est dans une relation très équilibrée mais un peu pépère. La destruction peut avoir un grand pouvoir d'attraction.

Autant l'histoire joue de l'irrationnel, autant sa forme est rigoureuse et implacable.
Le fait de jouer sur l'imaginaire, l'inconscient, l'irréel et l'irrationnel, impose une mise en scène au carré, très contrôlée. Un peu comme dans ces tableaux de Chirico qui représentent l'évocation d'un fantasme à l'intérieur de tableaux aux contours extrêmement précis. J'ai eu la chance de pouvoir tourner une partie du film en studio, qui permet ce travail de précision.

À la pénombre des intérieurs, vous opposez des paysages pyrénéens lumineux.
Je voulais une lumière d'une grande clarté pour les extérieurs, toujours dans le sens des toiles de Chirico, avec une géométrie carrée, des murs blancs pour le pavillon d'Alain et Bénédicte, lieu des fantasmes. On a tourné dans le Sud pour que ce pavillon avec jardin soit baigné de lumière. La météo n'était pas toujours de notre côté, mais elle nous a apporté un autre élément, le vent, qui est assez présent dans le film et qui amène un souffle d'irrationnel qui s'immisce dans ce paisible quartier résidentiel. Comme quoi ça peut être bénéfique que certaines choses nous échappent et que l'on ne contrôle pas tout !

Comme dans HARRY, on sent que vous apportez un soin particulier au travail sur le son.
Oui, le travail sur le son me passionne. Il peut apporter énormément à l'atmosphère d'un film. Avec Gérard Hardy, le monteur son, nous avons travaillé dans le sens de la précision, se dirigeant vers une bande son très dépouillée. Ce travail était assez délicat, car plus la bande son est dépouillée, plus le moindre événement sonore qu'on rajoute prend de l'importance, comme le bruit de la machine à café qui ponctue les silences pendant la conversation entre Alice et Bénédicte. Au milieu de cette bande son assez épurée, les scènes chargées en sons comme la découverte des lemmings dans la cuisine, avec ses milliers de petits cris, prennent encore plus de poids, deviennent encore plus cauchemardesques.

Vous avez à nouveau travaillé avec le compositeur David Whitaker.
J'ai demandé à David de composer une musique presque suspendue, flottante, quasiment sans mélodie, pour accentuer le sentiment d'incertitude qui plane sur le film. Ses orchestrations sont magnifiques et amènent une couleur très particulière au film.

Il y a également une composition de Ligeti, et « Le Beau Danube Bleu ". On pense à Kubrick ?
Le Beau Danube Bleu est la première chose qui m'est venu à l'esprit lorsque je me suis demandé ce qu'Alain pourrait chantonner sous la douche. Après il me semblait logique de le réutiliser au moment où le couple roule vers la montagne, à un moment où tout semble être rentré dans l'ordre, pour rappeler l'idylle du début du film. J'avoue que j'avais un peu peur qu'on me reproche la connotation « Kubrickienne » mais ça fonctionnait tellement bien que je me suis dit « et merde ! »…
Le Continuum de Ligeti qu'on entend sur la scène du meurtre m'a accompagné dès l'écriture du scénario. Là encore il s'agit d'une histoire de contrôle. C'est un morceau pour deux pianos mécaniques, frénétique et répétitif, paraissant complètement débridé et hors contrôle, alors que les deux pianos sont pilotés par ordinateur, c'est de la musique purement mécanique, il ne peut donc pas exister quelque chose de plus contrôlé ! Ce contraste me plaisait beaucoup par rapport à la thématique du film.

La narration est tissée de correspondances. Certaines scènes se font écho. Au début du film, par exemple, Alain est témoin d'une scène où un enfant se fait gifler par son père et plus tard, il sera lui-même humilié.
Tout le travail sur le scénario consiste à rechercher la cohérence du monde que décrit le film. Ce travail fait surgir des correspondances et les différents éléments finissent par résonner les uns par rapport aux autres. En effet, quand Pollock ramène la caméra cassée en disant, "Je ne pensais pas que vous seriez aussi puéril", Alain se prend une baffe à sa manière. C'est encore un enfant qui fait mumuse avec ses caméras volantes, et qui a voulu s'immiscer dans le monde des adultes où tout devient un peu trop compliqué pour lui. De la même manière, Alain, qui a été témoin de l'humiliation du fils du voisin, se fera humilié par Bénédicte sous le regard de ce même garçon. À côté de cela, il y a aussi des correspondances plus ludiques, par exemple le fait que Pollock mentionne la cuisine au gaz pendant la scène du dîner alors qu'Alain se servira précisément du gaz pour faire exploser la maison de son patron à la fin du film !

Comment avez-vous constitué votre distribution ?
Dans un premier temps, pour le rôle d'Alain, je m'étais interdit de penser à Laurent Lucas, parce qu'il avait déjà joué dans HARRY, et que je me disais un peu bêtement qu'il fallait changer de comédiens à chaque film. Mais petit à petit, Laurent s'est à nouveau imposé dans ma tête. Chez Laurent, il y a toujours une force qui se dégage, une force tranquille. Sa manière d'encaisser les coups qu'il se prend fait qu'on ne tombe jamais dans la victimisation. Il rend parfaitement le côté assez droit de son personnage, d'une nature candide qui l'empêche de prendre conscience et formuler trop vite tout ce qui lui arrive.
Depuis MELO d'Alain Resnais, j'ai toujours eu envie de travailler avec André Dussollier, et j'ai tout de suite pensé à lui pour le personnage de Pollock. Je me souviens lui avoir dit que son personnage était un homme débarrassé de tous complexes. André a été emballé, " Ah, c'est formidable, enfin un homme sans complexe !" Je me régalais de voir avec quel plaisir il s'emparait de son rôle.
Je savais que Charlotte Rampling allait magnifier cette alliance de séduction, de trouble et de détresse qu'exigeait le personnage d'Alice. Elle l'a abordée frontalement, sans jamais se soucier de son apparence physique pour interpréter cette femme en crise. Elle lui donne une attraction et une vulnérabilité bouleversante. Le fait de cacher son regard légendaire derrière des lunettes noires pendant toute la scène du dîner l'amusait beaucoup. Nous lui avons également proposé de rallonger ses cheveux pour accentuer la fragilité de son personnage et pour rapprocher sa silhouette de celle de Bénédicte.
J'ai découvert chez Charlotte Gainsbourg un mélange de fragilité et de grande force qui convenait parfaitement au personnage de Bénédicte. Son rôle était compliqué parce qu'il est souvent sur la tranche. Il fallait en permanence se poser la question jusqu'à quel point elle était censé être elle-même ou sous l'emprise d'Alice. Charlotte a réussi à faire exister avec une grande sobriété quelque chose de troublant et d'extrêmement ambiguë.
Il y a une certaine parenté entre les deux Charlotte, leur silhouette élancée, leur origine anglo-saxonne, leur jeu tout en retenu, tout cela convenait parfaitement à l'idée qu'elles interprètent deux personnages qui n'en deviennent qu'un. Il va sans dire que le fait qu'elles aient le même prénom n'était pas pour me déplaire !

Les quatre comédiens n'avaient jamais travaillé ensemble ?
Non, c'était la première fois. C'est assez excitant de former une nouvelle association de comédiens, surtout avec ces quatre-là !

Notes des comédiens sur le film

Laurent Lucas - Alain

« A la lecture du scénario de Lemming, j'ai retrouvé la même construction mathématique que dans "Harry, un ami qui vous veut du bien". J'avais, là aussi, l'impression d'assister à une expérience voisine de « La Dispute » de Marivaux.