Il y aurait donc 11 commandements ? C’est un film métaphysique ?
Métaphysique, je ne sais pas…mais physique, ça c’est sûr ! Le dieu de la blague a besoin de sauver le monde...et à qui il s’adresse ?...A nous ! Génial ! Il nous a demandé de relever 11 défis, mais le problème, c’est qu’il y en a beaucoup plus que ça…Cet enfoiré nous en a finalement demandé 15…et encore, on a marchandé ! Sans compter que pour en réussir 15, on a dû en tourner une quarantaine. Il y a des choses fabuleuses que l’on n’a pas pu mettre dans le film : un concours de têtes à claques avec 150 baffes de suite, un branlette-contest où le premier qui vient a gagné, une course de moto-cross dans l’appartement des grands-parents de Benjamin, un match de boxe colin-maillard ou encore un déjeuner copieux où le digestif était un laxatif surpuissant "Diarrhespress", un vrai cauchemar pour les toilettes... et bien d’autres encore que vous retrouverez dans " Les 11 commandements : le DVD ", offert dans " Les 11 commandements : le magazine ", disponible dans toutes les boutiques des 11 commandements, renseignements sur les11commandements.com
Qui sont les conards ?
La bande de potes qui va sauver le monde. Avec Vincent et Benjamin, les héros du " Morning Live "… Willy, mon meilleur ami, musicien, c’est lui qui a composé la musique des Bratisla Boys, c’est dire s’il est musicien… Tefa, producteur de rap, que j’ai rencontré sur LA BEUZE puisque c’est lui qui l’a écrit, c’est dire s’il est producteur de rap…et enfin, Yuri, un pote italien, qui n’est pas acteur et qui ne parle qu’italien, c’est dire si c’était pratique pour un film français.
Faisons un bilan chiffré :
Simple : 7 arrestations, 2 procès, 1 interdiction préfectorale, une quinzaine de contrôles de police, 1 tympan perforé, 1 nez cassé, 2 côtes cassées, 17 points de suture, 2 entorses, 2 épanchements de synovie, 1 allergie cutanée à l’eau de la Seine, 3 évanouissements et une quinzaine de vomis. Sans compter les 400 000 euros environ versés en dommages et intérêts.
Le pire truc :
Le pire truc c’est l’apesanteur. On a dû aller en Russie… Et déjà ça, c’est un exploit. Pour être en apesanteur, on a dû faire un vol parabolique dans un " Iliouchine " à 15 000 m d’altitude, avec pour seul entraînement, une formation express au parachutisme faite en 4 minutes et en russe sans traducteur… et ça aussi, c’est un exploit ! En apesanteur, ton corps ne subit plus l’attraction terrestre, il n’a plus de repères… et c’est l’estomac et l’anus qui sont les premiers à craquer !
Y a-t-il eu de la douleur ?
J’ai déjà eu plus mal… mais pas souvent ! Je pense qu’une femme qui accouche de triplés sans péridurale souffre à peu comme nous quand
Djibril Cissé, une des plus grosses frappes d’Europe, nous a tiré des coups francs dans le bide…ou quand
Amélie Mauresmo nous a servi ses plus belles premières balles à 180 km/h dans le visage… ou encore quand on a mangé des " Pudamanjac ", des piments mexicains, les piments les plus forts du monde… Après les avoir mangés, tu peux désinfecter les toilettes d’Orly rien qu’en trempant ta langue dans la cuvette.
Maso, alors ?
De toute façon, on l’est tous un petit peu…t’as qu’à voir qui on a élu président avec 83 % des votes. Quand tu souffres, tu réalises que tu es vivant… et tu te sens mieux... surtout quand ça s’arrête ! On est peut-être des masos qui s’ignorent, mais il y a aussi des sados qui s’ignorent : Djibril et Amélie se sont fait prier au début pour nous allumer et, à la fin, il a fallu les supplier d’arrêter tellement ils nous faisaient mal et qu’ils aimaient nous faire mal.
Et les flics ?
Ils savent vachement bien faire des clés de bras. Mais franchement, ils ont été cools, surtout avec Vincent, Benjamin ou moi parce qu’on est connu…enfin surtout Vincent et moi... enfin surtout avec moi ! En revanche, pour Tefa et Willy, on a pu vérifier qu’avec Sarkozy, c’est effectivement devenu l’ère de la tolérance zéro.
D’où est venue l’idée du film, la proposition ?
J’avais des propositions de rôles pour l’été mais c’était des comédies traditionnelles et j’ai pas le temps pour le traditionnel. Je voulais expérimenter autre chose. En plus, j’avais la frustration de plein de conneries du " Morning Live " qui nous restaient à faire. Et puis, quand on a vu que les gars de JACKASS avaient réussi à amener leur univers de la télé au cinéma, on s’est dit qu’on pouvait aussi y amener notre univers à nous. Une autre forme de divertissement, une alternative aux comédies classiques. En fait, notre objectif est de déclencher une vraie émotion toutes les 3, 4 secondes. Si c’est un rire… tant mieux. Et si c’est un pet… tant mieux aussi.
L’amitié entre " les conards " est un peu aussi le thème du film, non ?
Quand tu mets 150 baffes de suite à un pote, quand tu en pousses un autre du haut du Pont des Arts dans la Seine, quand tu te réveilles scotché en haut d’un arbre ou dans un TGV direct pour Lyon…ce sont des moments qui mettent l’amitié à rude épreuve. Mais comme ce qui ne te détruit pas te rend plus fort, comme le disait non pas le philosophe Nietzsche mais le groupe Kyo, on est encore super plus pote qu’avant.
Et le stade Gerland, ça vous a rapproché ?
En foot, Lyon et Saint-Etienne se haïssent encore plus que le PSG et l’OM. Le speaker nous a annoncé à la mi-temps : " un sympathique groupe amateur… les Wap Doo Wap ". C’est après le premier tonnerre d’applaudissements qu’il a ajouté " et ils nous viennent de... Saint-Etienne ".
Là, les supporters ont buggé… ils ont passé cinq minutes, le majeur en l’air à nous siffler et à nous insulter. Imagine, on a chanté à Lyon " Le Lion est mort ce soir " devant la tribune des Bad Gones, un des kops les plus virulents de France… On a jubilé de se prendre un bide devant 40 000 personnes. Les mecs n’en revenaient pas. Certains nous ont même jeté leur portable. Le problème maintenant, c’est qu’on va devoir y retourner... pour qu’ils nous jettent les chargeurs.
Il y aura une suite ?
Bien sûr ! Les 11 Commandements est en fait l’épisode 3 de notre trilogie. L’épisode 2, intitulé LES 11 DOIGTS DE LA MAIN sortira l’année prochaine… suivi de l’épisode 1 : LE TRAIN SIFFLERA 11 FOIS.
Le vrai plaisir de l’immaturité ?
Avec ce film, on s’est bourré la gueule à la Fontaine de Jouvence.