Notes de Prod. : Les Amateurs

    en DVD le 23 Septembre 2004

Entretien avec Martin Valente, auteur et réalisateur

LES AMATEURS est un film sur l’amitié, primé au festival du film de Sarlat et présenté au festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean de Luz en 2003.

D’où vient l’histoire des Amateurs ?
« Tout est partie de mon court-métrage intitulé Ta Soeur. Je l’avais écrit parce que je voulais filmer une conversation sentimentale entre deux garçons qui partent faire quelque chose, on ne sait pas quoi, et ça n’a pas d’importance. Ce qui était important c’était de jouer sur le décalage entre leur discours et ce qu’ils vont faire. Ta Soeur est ainsi une déambulation entre ces deux garçons qui parlent de leurs histoires de cœur. »

Pourquoi avez-vous choisi de transformer ce court en long-métrage ?
« Parce que le court est terminé, j’ai très vite ressenti le besoin de retrouver mes personnages, de les faire vivre plus, et d’écrire sur la complicité masculine entre deux garçons de cet âge-là. Pour moi, ils n’avaient pas tout dit. Ça me semblait naturelle, même s’il est toujours délicat d’utiliser un court-métrage, qui a relativement bien marché. »

Comment s’est passée l’écriture du scénario ?
« J’ai écrit en dialoguant directement pour savoir immédiatement comment les personnages réagiraient. De leurs réactions sont nées des interactions scénaristiques, des péripéties. Puis il y a eu un mois d’écriture avant d’arriver à une première version lisible dans laquelle était mêlés deux mondes cinématographiques : la comédie de mœurs française très dialoguée, et le cinéma d’auteur français dont les enjeux passent aussi et toujours par une résolution dans le dialogue, où l’on explique beaucoup les choses. Ce qui m’intéressait, c’était de traiter mon duo de personnages par ces deux prismes. Qu’il nous fasse rire en empruntant ses codes. »

C’est une comédie de banlieue ?
« Non, pas sur la banlieue. C’est une comédie qui se passe en banlieue. La banlieue est un des éléments de l’histoire qui renforce l’aspect contre pied indispensable à l’histoire. »

Comment avez-vous abordé la mise en scène ?
« En laissant vraiment vivre les scènes qui sont très dialoguées. Il fallait trouver la façon de filmer les déambulations physiques et morales des deux personnages, donner une impression de road movie. Je viens du théâtre, j’envisageais donc l’histoire dans sa totalité, je ne voulais pas trop découper, ne pas filmer les comédiens dans un traditionnel champ contre-champ. D’autre part, il fallait que le spectateur soit le confident des garçons, qu’il soit toujours avec eux. Ou que les filles qui fascinent ne soient vues qu’à travers leur regard.»

La musique est très présente dans le film
« J’écris beaucoup en musique, ce qui explique la forte utilisation de morceaux existants. Je reprends d’ailleurs des morceaux que j’ai écoutés pendant la conception du scénario, ils correspondent à la mélodie de l’écriture. Il y a quand même quelques musiques composées pour le film par Denis Mériaux avec lequel je travaille depuis longtemps. »

Les acteurs vus par le réalisateur Martin Valente

Lorànt Deutsch (Christophe)
Nous nous connaissons depuis longtemps avec Lorànt. Je lui ai proposé un rôle dans un court-métrage que je n’ai finalement jamais réalisé. Mais on s’est rattrapé depuis. Lorànt a joué dans deux de mes courts Echec Et Plonge et Ta SŒur. J’aime l’idée de travailler dans la continuité avec les acteurs, et Lorànt à cette qualité rare : la fidélité. Tout le monde connaît son incroyable potentiel de comédie. Il me fait pense aux grands acteurs des comédies italiennes des années 60.