Notes de Prod. : Les apprentis - Lads & Jockeys

    en DVD le 03 Juin 2009

D'une passion à l'autre par le producteur Daniel Marquet

L'histoire du film commence il y a 38 ans. Je découvre l'univers des chevaux de courses à Chantilly chez Jean Laumain, entraîneur, dont le fils Maurice est monteur sur Traffic, film sur lequel je travaille comme stagiaire régie.
L'idée qu'un jour je montrerais tout ou partie de cet univers sur le grand écran, sans tomber dans les clichés sur les jeux et les magouilles, ne me lâche plus. Au printemps 2006, devenu producteur indépendant, je trace les grandes lignes d'un documentaire dont les contours sont difficiles à cerner tant le sujet peut être vaste mais aussi rébarbatif pour les non initiés.

Benjamin Marquet, jeune réalisateur au pédigree d'ethnologue s'en empare, se passionne pour la cause, s'installe à Chantilly, traîne sur les pistes d'entraînements, côtoie les gens de chevaux au caractère souvent taillés à coup de serpe. Il intègre une écurie de course pour 1 mois, où il apprend les rudiments de l'équitation de course et suit le rythme épuisant des journées qui démarrent à 6 heures.
Quelques semaines et quelques chutes plus tard, il revient avec un canevas structuré autour de l'école des apprentis jockeys où il a découvert des gamins de 14 ans aux rêves de gloire et de richesse, plongés dans l'apprentissage souvent éprouvant d'un métier à risque : Jockey.

Je profite du festival de Cannes pour présenter le projet. Il séduit quelques distributeurs étrangers et en France, Les Films du Losange. Pour ne pas manquer la rentrée scolaire, nous mettons le film en production. Je veux donner au réalisateur le temps et les moyens de tourner sur l'année scolaire, de septembre à juin. Nous optons pour une production à 2 caméras. L'une tenue successivement par Laurent Chalet, chef opérateur entre autre de La Marche De L'Empereur, puis par Sébastien Buchmann, et l'autre plus légère et plus discrète, opérée par Benjamin, qui pourra suivre l'intimité des enfants.

Nous suivons les élèves de 1ère année d'apprentissage et nous concentrons sur trois d'entre eux. Les choix sont difficiles à faire. Il y a la jalousie et aussi des choix « artistiques » dictés par des personnalités et des facilités à s'exprimer devant une caméra. Deux choix devront être abandonnés quelques semaines après le début du tournage. Nous espérons que les trois enfants finalement retenus iront jusqu'au bout de l'année scolaire et ne quitteront pas l'école devant la dureté de l'apprentissage. Nous évoluons dans un milieu professionnel où se côtoient hommes et chevaux. Il faut se faire discret tant pour des raisons de sécurité que pour ne pas dénaturer la réalité de ce que nous souhaitons capter.

Après 10 mois de tournage et 220 heures de rush dans la boîte nous rangeons les caméras et abandonnons quelque peu nostalgiques, l'école et ses élèves. Je suis fier d'avoir pu concrétiser avec ce film l'alliance de mes deux passions :le cheval et le cinéma.

Entretien avec Benjamin Marquet

Quel a été le point de départ de ce film ? Etait-ce avant tout le milieu du cheval, ou la vie particulière de ces adolescents qui vous intéressaient ?
Ce sont avant tout ces jeunes en devenir qui m'ont attirés, plus que les chevaux et les écuries que j'ai d'abord considéré comme un « décor ». J'ai fait des études anthropologiques : ce qui me passionne, c'est de m'insérer dans des milieux socioéconomiques inconnus et de m'y adapter, de me fondre entièrement dans de nouvelles vies. Cela dit, le cheval fait évidemment partie intégrante du monde de ces enfants, et ce qui m'a fasciné c'est ce quotidien souvent difficile que ces enfants de 14 ans décident d'affronter. Mais ce qui m'a plu par-dessus tout c'est leur insertion aveugle dans un monde d'adultes.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 7 entrées
  • 1ère semaine IDF : 418 entrées
  • Cumul IDF : 418 entrées

  • 1ère semaine France : 768 entrées
  • Cumul France : 768 entrées