Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec
Film à partir de 10/12 ans
Genre : Aventure - Durée : 1H47 mn
Sortie en salles le 14 Avril 2010 - en VOD/DVD le 24 Novembre 2010
Presse
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Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec : Notes de Luc Besson

La rencontre avec Tardi
C'est une longue d'histoire. En fait, je suis tombé amoureux de son personnage il y a une dizaine d'années. J'avais essayé de contacter Tardi une première fois mais malheureusement il voulait faire Adèle avec un autre metteur en scène. Sur le moment, j’étais un peu triste mais comme c’était un « grand » réalisateur, j’ai trouvé cela bien et lui ai souhaité bon courage. J’ai attendu avec impatience un film qui n’est jamais venu.
Au bout de trois ou quatre ans, j’ai rappelé Tardi qui m’a dit être très fâché contre ce metteur en scène, contre le cinéma tout entier. Bref, il ne voulait plus entendre parler de rien. J’ai dû le convaincre de revoir sa position. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Il a fallu lui redonner confiance, montrer patte blanche et attendre encore un an pour récupérer les droits que son agent avait cédés à quelqu’un d’autre. Après six années d’attente et de négociations, Tardi a fini par accepter de me céder les droits de son Adèle.

L’adaptation de la bande dessinée

J’ai écrit une première adaptation en m’efforçant de rester très fidèle à la BD, à l’univers de Tardi, aux caractéristiques profondes du personnage d’Adèle Blanc-Sec. C’est avec une angoisse non dissimulée que j’aie remis mon script à Tardi ! C’était angoissant dans la mesure où il est un auteur de BD et que je m’étais approprié son personnage en l’adaptant. Et puis j’ai eu beaucoup de chance parce qu’il a lu le script et il m’a dit… : « Voilà c’est super ! ».
Il reconnaissait complètement sa BD, complètement son personnage et en même temps il découvrait l’adaptation cinématographique de sa BD et pas une simple transposition de sa BD en images. C’est cela qui l’a vraiment séduit. La seule modification qu’il m’ait demandée est de changer le prénom d’un des personnages.

Les acteurs

« J'ai vraiment eu beaucoup de chance sur ce tournage. Tous les acteurs se sont donnés à fond et ils m’ont vraiment tous beaucoup apporté ! »

~ Adèle Blanc-Sec
Cela faisait pas mal de temps que j’observais , la Miss Météo fantasque de Canal + que l’on connaît puis tête d’affiche au côté de Luchini dans le film d’Anne Fontaine.
Le fait qu’elle soit capable d’interpréter toutes sortes de personnages différents m’a séduit car cette aptitude là est rare. Son talent est parfaitement adapté au rôle d’Adèle pour lequel elle doit avoir une quinzaine de déguisements. Nous nous sommes rencontrés, elle m’a plu tout de suite, j’étais sûr que c’était elle Adèle. Louise est une personne très ouverte, toujours sur le coup, capable de passer du chaud au froid en un clin d’œil tout comme le personnage d’Adèle en moins folle…
Elle est une jeune femme extrêmement sérieuse sur qui l’on peut compter. Avec Adèle c’est un peu plus compliqué parce qu’elle poursuit sa route et rien ne peut l’arrêter ! Sur le tournage, l’équipe avait surnommé Louise « la comptable » parce qu’elle passait son temps à vérifier les raccords, les nombres de plans, elle savait tout. Notre collaboration a été une vraie révélation.

~ Dieuleveult
est l’un des premiers acteurs que j’ai choisi sur Adèle. J’aime beaucoup Mathieu, aussi bien l’homme que l’acteur, l’un des plus doués de sa génération, capable de se métamorphoser d’une manière incroyable. Sa performance dans « Le scaphandre et le papillon » est prodigieuse ! J’ai donc vu Mathieu pour lui proposer le rôle de Dieuleveult. Il m’a dit qu’il avait décidé de ne plus faire l’acteur, qu’il se consacrait à la mise en scène. Et puis en fait, je l’ai eu aux sentiments et avec l’aide de ses enfants. Il est rentré chez lui et je crois qu’il en a parlé à son fils qui lui a dit : « Mais tu es fou, Tardi, Adèle Blanc-Sec c'est génial, il faut que tu le fasses ! ».
Il m’a rappelé pour me dire qu’il ferait une exception pour Adèle. Voilà pour la petite histoire et ce tournage a été un réel plaisir. Maintenant, quand on découvre le personnage de Dieuleveult dans le film, je pense que si on ne sait pas que c’est Mathieu qui interprète ce rôle, c’est impossible de le reconnaître, sa physionomie a changé, même son timbre de voix est modifié. C’est une composition totale et assez exceptionnelle du personnage.

~ Caponi
Je connais depuis longtemps. Nous nous étions rencontrés en 2003 sur « Pourkoi… Passkeu », son premier court-métrage. J’ai toujours eu beaucoup d’affection pour Gilles mais je n’avais jamais eu l’occasion de trouver un rôle pour lui. Caponi n’était pas un personnage trop éloigné de Gilles physiquement.
Il fallait juste qu’il prenne un peu de poids. Je ne lui ai pas demandé de prendre trente kilos en deux mois comme Scorsese l’a exigé de De Niro pour « Raging Bull », nous lui avons simplement mis des coussins un peu partout. Après deux ou trois séances de travail, nous avions trouvé Caponi qui n’est pourtant pas un personnage facile. C’est un provincial un peu bourru, un peu bébête. Il a un comique de situation en permanence, il est toujours un peu décalé. C’est l’un des personnages charnière de l’histoire et c’est un bon contre poids au personnage de Louise et à son enquête.

~ Justin de Saint Hubert
ressemble d’une manière saisissante au Saint Hubert de la BD, le chasseur revenu d'Afrique pour chasser le ptérodactyle. Il suffisait de l’affubler d’une petite barbichette, de lui noircir un peu les yeux et de lui mettre un chapeau d'explorateur sur la tête. Et il était vraiment parfait !

~ Espérandieu
est un acteur qui, lui aussi, a une capacité inouïe à se transformer. Il est capable de tout jouer, même une vieille folle pour peu qu’on lui donne une robe et une perruque ! Pour Adèle, Jacky avait cinq heures de maquillage tous les jours.
C'est un vrai beau rôle pour lui, un rôle à sa hauteur parce qu’il a une grande expérience du théâtre et du cinéma et qu’à mon sens, il n’a jamais eu de rôles suffisamment importants. J'espère qu'il en aura maintenant parce qu'il est vraiment capable de tout faire.

~ Agathe
, c'est un peu compliqué parce qu’elle interprète le rôle de la sœur d'Adèle. Il y a Adèle et Agathe qui se chamaillent toute la journée. Il y a une petite ressemblance physique entre les deux sœurs, la corpulence, le visage. Je ne connaissais pas du tout Laure mais c'est une belle rencontre.

L’équipe technique

« J’ai fait appel à des techniciens talentueux que je connaissais pour la plupart depuis longtemps. » Thierry Arbogast à la lumière, nous travaillons ensemble depuis « Nikita ». Olivier Beriot a fait un travail exceptionnel sur les costumes. C’est un créateur de grand talent que je connais bien puisque lui aussi a travaillé sur la trilogie Arthur. Les décors occupent une place prépondérante sur Adèle et cette fois encore j’ai fait appel à Hugues Tissandier.
Il était déjà sur « Jeanne d’Arc », il a travaillé sur la trilogie Arthur. Nous avons une vraie complicité. Nous avons travaillé, comme à chaque fois, sur des maquettes de décors assez petites. Le fait de préparer sur des volumes réduits permet de mieux définir les angles de la caméra. On s’aperçoit rapidement si les plafonds sont trop hauts, trop bas, les murs trop loin les uns des autres. Hugues utilise à présent le numérique pour préparer et pré-visualiser ses décors.
Cela me permet de m’y balader virtuellement, de définir les axes de tournage, d’affiner mes choix de focales très en amont. Nous faisons aussi des économies grâce à cette nouvelle technologie dans la mesure où nous réduisons la construction des décors à ce qui sera filmé. Notre travail de recherche a été facilité par l’abondance de documents sur l’Egypte et par la collaboration précieuse de Tardi qui nous a ouvert sa bibliothèque personnelle.
Jacques possède un appartement rempli d’ouvrages et de documents d’époque et Hugues a passé beaucoup de temps avec lui. Je crois que Tardi a été assez impressionné par la qualité de notre travail si j’en juge par sa réaction lorsqu’il a découvert l’appartement d’Adèle.
C’était une scène très émouvante. Jacques arrive sur le décor et pénètre dans l’appartement d’Adèle qu’il a donc dessiné et tout à coup, Adèle / Louise en costume vert avec son chapeau à plumes vient à sa rencontre et lui tend un livre d’Adèle qu’elle venait de lui dédicacer. C’était vraiment un beau moment. C’est vrai que je travaille souvent avec les mêmes techniciens, ils sont tous très bons, ce sont des vrais « warriors » comme on dit.
Mais quelque part cela ne m’intéresse pas non plus qu’ils ne travaillent que sur mes films. Je suis ravi qu’ils partent travailler aux Etats-Unis, en Chine ou ailleurs avec d’autres réalisateurs. Ils voient des choses différentes, ils s’enrichissent d’autres expériences et cela me nourrit. L’important pour moi est qu’ils aient encore l’appétit de faire des choses nouvelles, de pousser le bouchon encore un peu plus loin. Je leur demande beaucoup, toujours plus…

Un nouveau film, une nouvelle expérience

Chaque film est une expérience différente de part le sujet traité, les personnages, les acteurs, les rencontres et aussi et surtout de part le moment où on le réalise. Quand on réalise son premier film, on découvre tout. J’avais vingt ans quand j’ai réalisé « Le dernier combat ». Et puis le temps passe… On n’est pas le même à vingt cinq / trente ans, pas le même à quarante ans et pas le même à cinquante…
Il y a une sorte d’alchimie complexe entre notre propre évolution spirituelle et intellectuelle et notre expérience pratique. La question étant de savoir, lorsque je démarre le tournage d’un de mes films, comment je vais pouvoir à la fois me servir de cette expérience et à la fois me renouveler pour avoir la fraicheur nécessaire à la réalisation d’un bon film. Sur Adèle, nous avons préparé très en amont et je me suis beaucoup concentré sur cette phase.
C’est aussi la première fois que j’avais un producteur, enfin une productrice, Virginie Besson-Silla, ma femme. Cela a été une expérience très agréable dans la mesure où j’ai pu réellement concentrer mon énergie sur la mise en scène ! J’ai demandé beaucoup, tout le temps, j’ai tout donné. J’avais envie que le film soit vraiment beau et qu’une fois en salle de montage, ce soit du bonheur, rien que du bonheur…

Sur le tournage d'Adèle Blanc-Sec

Le 1er juillet 2009 - Luc Besson et Adèle Blanc-Sec
À l’instar de Tintin pour Peter Jackson et Steven Spielberg, Luc Besson va s’atteler au tournage de Adèle Blanc Sec très vite ! En effet, le fondateur d’EuropaCorp. réalisera et produira cette adaptation de la bande dessinée de Jacques Tardi à partir de mi-août, selon un communiqué de presse.
Le film, déjà parti pour faire une trilogie, racontera les aventures d’Adèle Blanc-Sec, romancière Parisienne, femme entremetteuse et dont la beauté en fait tomber plus d’un.
Louise Bourgoin tient le rôle principal, tandis que Gilles Lellouche interprète l’inspecteur Caponi, Jean-Paul Rouve y joue un aventurier, et le rôle du méchant est réservé à Mathieu Amalric.

Entretien avec Tardi, auteur d’Adèle Blanc-Sec, la BD

Comment vous est venue l’idée du personnage d’Adèle Blanc-Sec ?
Les éditions Casterman avaient vu mes premiers travaux et m’ont demandé de faire une série. Il fallait un personnage principal qui en serait le moteur. A vrai dire, je n’avais pas beaucoup d’idées. Nous étions dans les années soixante dix et à l’époque j’avais plus envie de faire des albums qui n’aient pas de liens entre eux. Malgré tout, le concept était séduisant, alors j’ai commencé à regarder un peu les personnages qui existaient déjà dans la bande dessinée.

Entretien avec Virginie Besson-Silla, productrice d’Adèle Blanc-Sec

Pouvez-vous nous parler de la genèse du film ?
Cela faisait dix ans que nous essayions de récupérer les droits d’adaptation de la bande dessinée de Tardi. Luc a toujours été passionné par Adèle Blanc-Sec, ce personnage hors du commun. A l’époque, les droits avaient été cédés à un réalisateur de renom mais le projet n’a jamais vu le jour. Quand nous avons appris que les droits étaient de nouveau disponibles, nous n’avons pas hésité une seconde et tout s’est fait très vite.

Entretien avec Louise Bourgoin, interprète d’Adèle Blanc-Sec

Connaissiez-vous l’univers de Tardi avant que ne vous propose le rôle d’Adèle Blanc-Sec ?
Oui, j'avais lu les neuf albums de la série que j’adore. Adèle Blanc-Sec est l’une des rares héroïnes féminines de la bande dessinée qui ne soit pas idiote ou sexy. Elle est plutôt misanthrope, elle est assez dure, assez forte et c’est ce qui me plaît chez elle. Quant à Tardi, je trouve sa manière de raconter les histoires assez délirante. Les fins sont toujours très surprenantes, les événements arrivent de manière chaotique. Le fait qu’il dessine sans un scénario très figé donne un côté assez libre et souvent insolent et original à sa bande dessinée.
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