Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec
Film à partir de 10/12 ans
Genre : Aventure - Durée : 1H47 mn
Sortie en salles le 14 Avril 2010 - en VOD/DVD le 24 Novembre 2010
Presse
Spectateurs

Entretien avec Virginie Besson-Silla, productrice d’Adèle Blanc-Sec

Pouvez-vous nous parler de la genèse du film ?
Cela faisait dix ans que nous essayions de récupérer les droits d’adaptation de la bande dessinée de Tardi. Luc a toujours été passionné par Adèle Blanc-Sec, ce personnage hors du commun. A l’époque, les droits avaient été cédés à un réalisateur de renom mais le projet n’a jamais vu le jour. Quand nous avons appris que les droits étaient de nouveau disponibles, nous n’avons pas hésité une seconde et tout s’est fait très vite.

Pourquoi adapter un tel sujet ?
En dehors d’avoir un réalisateur passionné par la bande dessinée de Tardi, il y avait des raisons évidentes. Tout d’abord, le personnage d’Adèle Blanc-Sec est assez extraordinaire. C’est une héroïne moderne du début du XXe siècle. Elle est indépendante, libertaire, elle se comporte presque comme un homme… L’époque est aussi un élément très attractif, le début du XXe siècle est une époque magique encore teintée d’insouciance, en effet les deux guerres mondiales n’ont pas encore fait leurs ravages. Le lieu, filmer le Paris du début du siècle est assez unique et magique. A tout cela se mélange une dimension extravagante : notre héroïne croise des savants fous, un président de la république, des momies, un ptérodactyle... On part dans tous les sens !

Comment concevez-vous l’adaptation cinématographique d’une bande dessinée ?
Je pense qu’au départ, il est essentiel de jauger les éléments qui nous font aimer la bande dessinée et qui la rendent unique. Il faut ensuite élaborer la structure narrative d’un long métrage et déterminer toutes les scènes de la bande dessinée que l’on veut garder. Pour Adèle, nous nous sommes attachés à conserver les personnages de la bande dessinée avec leurs physionomies tellement particulières, les décors incroyables, l’ambiance et nous avons pioché dans différents albums.…

C’est la première fois que vous produisez un film réalisé par . Comment s’est passée cette collaboration ?
Produire un film réalisé par , c’est d’abord et avant tout une expérience exceptionnelle. En dehors d’un grand talent artistique, il a l’expérience de ses précédents films. Il est précis et visionnaire. Il n’y a donc pas grand chose à lui apporter sur un point de vue technique, il suffit de mettre en œuvre les moyens nécessaires à sa réalisation. En revanche, sur le plan artistique, il s’agit de saupoudrer des conseils dont il tient compte la plupart du temps.

est un réalisateur à part dans le cinéma français…
C’est un réalisateur qui a son propre style et une manière de raconter des histoires qui lui est bien personnelle. Il n’a pas peur de changer de genre et sait prendre des risques, que ce soit sur des sujets plus intimistes comme « Angel-A », historique comme « Jeanne d’Arc », ou de tueur professionnel avec « Léon »…

compare au « capitaine d’un bateau insubmersible ». Que pensez-vous de cette comparaison ?
Luc capitaine d’un bateau, surement, parce qu'il prend les choses à bras le corps, il avance et fait avancer ses équipes quoiqu’il arrive. Un bateau insubmersible, je ne sais pas ! Personne n’est insubmersible.

Comment s’est passée l’écriture du scénario ?
Luc avait son idée en tête de l’adaptation et des éléments cinématographiques qui se devaient d’exister dans le film. Néanmoins, il tenait à ne pas dénaturer l’œuvre de Tardi avec qui nous avons organisé quelques séances de travail, la question étant de savoir ce que Tardi voulait voir à l’image. Cela étant, Luc voulait aussi étoffer le personnage d’Adèle et la rendre plus émouvante. C’est une des raisons pour laquelle il a intégré le personnage d’Agathe, la sœur d’Adèle. L’écriture a été assez rapide, il faut dire que Luc avait ce projet en tête depuis dix ans ! Tardi a aimé le scénario dès la première lecture. C’était essentiel pour nous qu’il ne se sente pas trahi et qu’on ne dénature pas son œuvre.

De quelle manière avez-vous impliqué Tardi dans la fabrication du film ?
Dès la préparation. Hugues Tissandier, le chef décorateur, et Olivier Beriot, le créateur des costumes, sont allés chez Tardi pour consulter ses archives et s’imprégner de son univers. Pendant le tournage, Tardi est venu régulièrement voir les décors qui se montaient et nous donner ses remarques.

Comment avez-vous géré cette superproduction ?
Je ne dirais pas que c’est une superproduction. En revanche, c’est un film d’époque et du coup, c’est vrai que c’est plus lourd à gérer et à financer. Nous avons essayé de limiter les dépenses tout en nous donnant les moyens de nos ambitions.

Parlez-nous des lieux de tournage…
Nous avons tourné dans des endroits tous aussi incroyables les uns que les autres. Le tournage en décors naturels à Paris a été magique : le musée du Louvre de nuit avec la Joconde pour seul public, la place de la Concorde bouclée par intermittence, le Museum d’histoire naturelle au milieu des squelettes de mammouths et de ptérodactyles, le zoo de Vincennes fermé au public mais qui conserve encore quelques girafes et des hippopotames, le Palais Royal, la Tour Eiffel… des lieux mythiques rien que pour nous, le temps du tournage. Nous sommes aussi allés tourner quelques jours en Egypte dans des décors irréels et notamment un site archéologique de l’époque nubienne.C’est peut être en cela que ce film est une superproduction car nous avons eu la chance de tourner dans des lieux particuliers qui donnent une vraie dimension au film.

Ce film est l’adaptation d’une bande dessinée au style très français. Pensez-vous que le film peut toucher un public international ?
Nous tenions énormément à conserver cette identité parisienne du début du siècle et c’est bien ce qui donne son originalité au film. Les étrangers sont souvent charmés par la France et j’espère qu’ils le seront par Adèle. J’imagine que le mélange de genres, la touche de fantastique et l’aventure pourront peut-être aussi les intriguer.

Parlez-nous du choix de pour interpréter le rôle d’Adèle Blanc-Sec.
J’ai beaucoup insisté pour que ce soit une actrice peu connue et qui n’ait pas encore d’identité cinématographique afin qu’elle devienne véritablement Adèle à l’écran et non pas quelqu’un de connu dans un costume d’Adèle. est une actrice extrêmement talentueuse, travailleuse et qui a du caractère comme notre héroïne. Son physique fonctionne aussi parfaitement pour l’époque, il fallait qu’elle ait des formes et qu’elle ait l’énergie pour affronter toutes ses aventures. Louise était donc parfaite.

a des partenaires de choix dans le film. Parlez-nous du casting.
dans le rôle de Dieuleveult est grandiose. dans le rôle de Caponi est d’une justesse incroyable. dans celui du chasseur de ptérodactyle, Justin de Saint Hubert, est vraiment drôle. dans la peau d’Esperandieu nous offre une performance d’acteur rare tellement il est délirant et touchant. Un coup de chapeau à qui interprète le rôle du professeur Ménard, à Serge Bagdassarian, pensionnaire de la Comédie-Française, excellentissime dans le rôle de Choupard. Et puis nous avons des jeunes acteurs très prometteurs. Je pense notamment à qui interprète tout en finesse le rôle de Zborowski, l’amoureux transi d’Adèle. Ils ont tous beaucoup répété avec Luc avant et pendant le tournage. Après, il y a eu aussi le travail exceptionnel des équipes de maquillage, de coiffure et des costumes.

Sur le tournage d'Adèle Blanc-Sec

Le 1er juillet 2009 - Luc Besson et Adèle Blanc-Sec
À l’instar de Tintin pour Peter Jackson et Steven Spielberg, Luc Besson va s’atteler au tournage de Adèle Blanc Sec très vite ! En effet, le fondateur d’EuropaCorp. réalisera et produira cette adaptation de la bande dessinée de Jacques Tardi à partir de mi-août, selon un communiqué de presse.
Le film, déjà parti pour faire une trilogie, racontera les aventures d’Adèle Blanc-Sec, romancière Parisienne, femme entremetteuse et dont la beauté en fait tomber plus d’un.
Louise Bourgoin tient le rôle principal, tandis que Gilles Lellouche interprète l’inspecteur Caponi, Jean-Paul Rouve y joue un aventurier, et le rôle du méchant est réservé à Mathieu Amalric.

Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec : Notes de Luc Besson

La rencontre avec Tardi
C'est une longue d'histoire. En fait, je suis tombé amoureux de son personnage il y a une dizaine d'années. J'avais essayé de contacter Tardi une première fois mais malheureusement il voulait faire Adèle avec un autre metteur en scène. Sur le moment, j’étais un peu triste mais comme c’était un « grand » réalisateur, j’ai trouvé cela bien et lui ai souhaité bon courage. J’ai attendu avec impatience un film qui n’est jamais venu.

Entretien avec Tardi, auteur d’Adèle Blanc-Sec, la BD

Comment vous est venue l’idée du personnage d’Adèle Blanc-Sec ?
Les éditions Casterman avaient vu mes premiers travaux et m’ont demandé de faire une série. Il fallait un personnage principal qui en serait le moteur. A vrai dire, je n’avais pas beaucoup d’idées. Nous étions dans les années soixante dix et à l’époque j’avais plus envie de faire des albums qui n’aient pas de liens entre eux. Malgré tout, le concept était séduisant, alors j’ai commencé à regarder un peu les personnages qui existaient déjà dans la bande dessinée.

Entretien avec Louise Bourgoin, interprète d’Adèle Blanc-Sec

Connaissiez-vous l’univers de Tardi avant que ne vous propose le rôle d’Adèle Blanc-Sec ?
Oui, j'avais lu les neuf albums de la série que j’adore. Adèle Blanc-Sec est l’une des rares héroïnes féminines de la bande dessinée qui ne soit pas idiote ou sexy. Elle est plutôt misanthrope, elle est assez dure, assez forte et c’est ce qui me plaît chez elle. Quant à Tardi, je trouve sa manière de raconter les histoires assez délirante. Les fins sont toujours très surprenantes, les événements arrivent de manière chaotique. Le fait qu’il dessine sans un scénario très figé donne un côté assez libre et souvent insolent et original à sa bande dessinée.
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