Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec
Film à partir de 10/12 ans
Genre : Aventure - Durée : 1H47 mn
Sortie en salles le 14 Avril 2010 - en VOD/DVD le 24 Novembre 2010
Presse
Spectateurs

Entretien avec Louise Bourgoin, interprète d’Adèle Blanc-Sec

Connaissiez-vous l’univers de Tardi avant que ne vous propose le rôle d’Adèle Blanc-Sec ?
Oui, j'avais lu les neuf albums de la série que j’adore. Adèle Blanc-Sec est l’une des rares héroïnes féminines de la bande dessinée qui ne soit pas idiote ou sexy. Elle est plutôt misanthrope, elle est assez dure, assez forte et c’est ce qui me plaît chez elle. Quant à Tardi, je trouve sa manière de raconter les histoires assez délirante. Les fins sont toujours très surprenantes, les événements arrivent de manière chaotique. Le fait qu’il dessine sans un scénario très figé donne un côté assez libre et souvent insolent et original à sa bande dessinée.

Parlez-nous de votre rencontre avec ?
Son assistante m'a appelée en plein milieu de semaine pour me proposer de le rencontrer, sans m'en dire plus. Je l'ai rencontré dès le lendemain. Il m'a donné le scénario que j’ai lu le soir même… et le soir même, j’ai appelé Luc pour lui dire que je voulais absolument le faire. Le lendemain, il m’a donné rendez-vous pour me dire : « Adèle, c’est toi ! ». Cela s’est passé en vingt quatre heures. J'étais très fière qu'il me confie un rôle aussi riche, qu'il me fasse confiance malgré une filmographie aussi maigre. J'avais hâte de répéter et Luc étant perfectionniste et travailleur, j’étais ravie de pouvoir préparer ce film des mois auparavant.

Comment s’est passée votre collaboration ?
Dans la mesure où j’avais en face de moi une sorte de surhomme qui dort trois heures par nuit, qui monte, qui tourne, qui est toujours disponible pour sa famille, ses acteurs, son équipe, qui reste concentré, objectif, qui ne lâche jamais, j’avais intérêt à assurer…
Tout cela pour dire que travailler avec Luc a été une expérience exceptionnelle. Nous avons beaucoup travaillé le personnage d’Adèle. Physiquement d’abord, j’ai même appris à marcher d’une manière plus rigide. Mon rôle aussi, j’ai appris le scénario en entier avant le tournage et j’ai répété mon texte jusqu’à plus soif. Luc me disait que si j'arrivais à répéter mon texte sans être perturbée par ses mouvements autour de moi, c'est que je le connaissais. Donc, pendant que je faisais les cent pas en répétant mes dialogues, il s'amusait à murmurer "tididi, tididi" pour me déconcentrer, jusqu'à ce que je ne le sois plus et donc, là, cela signifiait que je le connaissais.

Comment avez-vous abordé l’interprétation d’un personnage de bande dessinée ?
Ce qui m'a interpelée, c'est avant tout l’aspect physique d'Adèle Blanc-Sec. Elle a un visage singulier, un nez retroussé, des taches de rousseurs. Elle se moque totalement de ses tenues, elle a toujours des chapeaux informes, mais elle s'en fout complètement. C'est assez agréable d'être confrontée à un personnage féminin qui est en dehors des normes qu’on nous inflige habituellement.

Sur quelles caractéristiques avez-vous abordé le rôle d’Adèle Blanc-Sec ?
Pour ce qui me concerne, je pense que cela aide énormément d’être un peu « transformée » pour s’approprier un personnage. C’est vraiment un appui pour le jeu. Dans l’absolu, j’ai toujours aimé me déguiser parce qu’enfant, ma mère ne me prenait en photo que lorsque j’étais déguisée. Je ne sais pas pourquoi mais le déguisement valait photo et comme j’adorais cela, je me déguisais tous les jours en Davy Crockett, en fée, en coccinelle…

Parlez-nous du personnage d’Adèle Blanc-Sec dans le film de
Je dirais que l’Adèle de Luc est un peu moins antipathique que dans la bande dessinée. Elle est plus humaine, elle a une vraie sensibilité. Au fil de l’histoire, on se rend compte qu’il y a des choses qui la blessent, qu’Adèle a des failles qu’elle essaye évidemment de dissimuler. Elle est opiniâtre, effrontée, touchante, franche et elle a beaucoup d’humour.
C'est une sorte d'Indiana Jones au féminin. Tout au long du scénario, elle vit des aventures rocambolesques comme chevaucher un ptérodactyle, réveiller des momies, naviguer sur le Nil dans un sarcophage, sauver le Président de la République et traverse des moments plus intimes, plus émouvants, avec sa sœur notamment. C’est agréable de jouer une héroïne aussi physique et aussi courageuse. C’est rare dans ce genre de cinéma. Les femmes sont plus souvent les faire-valoir des hommes. Elles répondent à des stéréotypes, elles sont les passe-plats du rôle principal qui est la plupart du temps masculin. Dans le film de Luc, il y a une héroïne qui contrôle l’histoire du début à la fin. C’est un vrai beau rôle !

Quelles ont été vos relations avec les autres acteurs ?
Ils ont tous tourné très peu de jours. C’était donc un peu frustrant car je n’ai pas vraiment eu le temps de les connaître en dehors de qui interprète le rôle d’Agathe, la sœur d’Adèle, et avec qui je suis devenue amie. En fait, je rêvais de tourner avec , Dieuleveult dans le film. Mon rêve s’est réalisé mais étant donné que Mathieu portait une sorte de masque en latex et des lunettes noires, j’avais l’impression de jouer avec quelqu’un de désincarné. C’était une sensation assez curieuse. On se rend compte que c’est très difficile de jouer sans le regard de l’autre, sans cet appui. , Espérandieu dans le film, qui est un acteur incroyable m’a beaucoup fait rire. Je n’ai que de très bons souvenirs de jeu.

Que pensez-vous des décors d’Hugues Tissandier ?
En tant qu'ancienne élèves aux Beaux-arts, j'avoue que j'ai été sidérée par les décors d’Hugues Tissandier. J’ai eu un choc en pénétrant dans la tombe de Ramsès II. L’appartement d’Adèle, sa chambre, sa baignoire, tous les objets sont très inspirés de la bande dessinée. Hugues a fait un travail exceptionnel.

Parlez-nous des costumes du film…
Ils sont somptueux ! J’ai dix huit costumes différents dans le film. Olivier Beriot s’est inspiré des gravures de l’époque pour certains et d’autres sont sortis directement de son imagination lorsque les documents d’archive manquaient : le costume de tennis par exemple ou la saharienne que je porte dans le désert. C’est vrai qu’en 1912, il y avait très peu de joueuses de tennis, c’était un sport essentiellement masculin, du coup, il y a peu d’images. Les costumes d’Adèle sont un compromis entre la mode de l'époque et les besoins du film et je dois dire que c’était passionnant de voir les choses se créer petit à petit, je voyais mon personnage apparaitre progressivement.

Quelles sont vos scènes préférées ?
A la lecture du scénario, c’était incontestablement celle avec le policier bègue dans le commissariat. Cette scène est à mourir de rire. Je rêvais de la jouer et je me suis mis une telle pression que j’ai du la refaire plusieurs fois car au départ je n’étais pas très bonne… La scène avec Patmosis, la momie ingénieur en physique nucléaire, qui sort d’une vitrine dans mon appartement en demandant une tasse de thé n’est pas mal non plus. La scène du tennis est assez drôle et esthétiquement très gracieuse. En 1912, une femme devait jouer au tennis d’une manière élégante. J’ai dû prendre des cours pour apprendre les mouvements de l’époque : transformer un coup droit, un revers, un smash ou un service en une sorte de chorégraphie aérienne, envoyer la balle en montant la jambe en arrière et rester en suspension sur la pointe des pieds. C'était plutôt compliqué mais assez joli à l’image.
Et puis évidemment, il y a la scène où Adèle chevauche le ptérodactyle ! Luc a trouvé un dresseur de ptérodactyle, d’ailleurs je ne savais même pas que cela existait encore (rires !) et je me suis entrainée pendant trois mois à voler à dix mètres au dessus du sol pour progressivement atteindre le haut de la Tour Eiffel, sans selle et sans harnais… J’avoue que je suis assez fière de moi, à côté le chameau en Egypte c’est du pipi de chat !

Sur le tournage d'Adèle Blanc-Sec

Le 1er juillet 2009 - Luc Besson et Adèle Blanc-Sec
À l’instar de Tintin pour Peter Jackson et Steven Spielberg, Luc Besson va s’atteler au tournage de Adèle Blanc Sec très vite ! En effet, le fondateur d’EuropaCorp. réalisera et produira cette adaptation de la bande dessinée de Jacques Tardi à partir de mi-août, selon un communiqué de presse.
Le film, déjà parti pour faire une trilogie, racontera les aventures d’Adèle Blanc-Sec, romancière Parisienne, femme entremetteuse et dont la beauté en fait tomber plus d’un.
Louise Bourgoin tient le rôle principal, tandis que Gilles Lellouche interprète l’inspecteur Caponi, Jean-Paul Rouve y joue un aventurier, et le rôle du méchant est réservé à Mathieu Amalric.

Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec : Notes de Luc Besson

La rencontre avec Tardi
C'est une longue d'histoire. En fait, je suis tombé amoureux de son personnage il y a une dizaine d'années. J'avais essayé de contacter Tardi une première fois mais malheureusement il voulait faire Adèle avec un autre metteur en scène. Sur le moment, j’étais un peu triste mais comme c’était un « grand » réalisateur, j’ai trouvé cela bien et lui ai souhaité bon courage. J’ai attendu avec impatience un film qui n’est jamais venu.

Entretien avec Tardi, auteur d’Adèle Blanc-Sec, la BD

Comment vous est venue l’idée du personnage d’Adèle Blanc-Sec ?
Les éditions Casterman avaient vu mes premiers travaux et m’ont demandé de faire une série. Il fallait un personnage principal qui en serait le moteur. A vrai dire, je n’avais pas beaucoup d’idées. Nous étions dans les années soixante dix et à l’époque j’avais plus envie de faire des albums qui n’aient pas de liens entre eux. Malgré tout, le concept était séduisant, alors j’ai commencé à regarder un peu les personnages qui existaient déjà dans la bande dessinée.

Entretien avec Virginie Besson-Silla, productrice d’Adèle Blanc-Sec

Pouvez-vous nous parler de la genèse du film ?
Cela faisait dix ans que nous essayions de récupérer les droits d’adaptation de la bande dessinée de Tardi. Luc a toujours été passionné par Adèle Blanc-Sec, ce personnage hors du commun. A l’époque, les droits avaient été cédés à un réalisateur de renom mais le projet n’a jamais vu le jour. Quand nous avons appris que les droits étaient de nouveau disponibles, nous n’avons pas hésité une seconde et tout s’est fait très vite.
Remonter