Notes de production
Ecrit et réalisé par
Noah Baumbach, qui a récemment été nommé à l'Oscar pour le scénario,
The Squid And The Whale a été nommé au Golden Globe du meilleur film, à celui du meilleur acteur pour
Jeff Daniels et à celui de la meilleure actrice pour
Laura Linney. Au Festival de Sundance 2005, le film a remporté deux prix majeurs, le Prix
Waldo Salt pour son scénario, et le Prix de la meilleure mise en scène pour un film dramatique.
The Squid And The Whale a remporté plusieurs autres prix et citations majeurs.
Noah Baumbach, auteur et réalisateur de
Kicking And Screaming et de
Mr. Jealousy, et coscénariste de
La Vie Aquatique avec
Wes Anderson, signe ici son troisième film en solo. Il dresse le portrait subtil d'une famille écartelée, en lutte pour se redéfinir. A travers les conflits, les peurs et les émotions de chacun de ses membres, Baumbach explore les rouages de cette émouvante évolution. Il a puisé son inspiration dans ses propres souvenirs d'enfance à New York, dans le quartier de Brooklyn.
Le tournage
- Les décors
Le tournage a commencé à l'été 2004, et
Noah Baumbach est alors revenu sur un sol familier, celui du quartier de Park Slope, à Brooklyn, où il a grandi dans les années 80.
Noah Baumbach raconte : « Le film tire son titre du diorama du Muséum d'Histoire naturelle. Il me fascinait lorsque j'étais enfant. Il m'attirait et me terrifiait en même temps. J'adorais me torturer en m'en rapprochant…
« Je ne sais pas ce que j'aurais fait si nous n'avions pas pu tourner au Muséum ; pour moi, c'était évident qu'il fallait filmer là-bas. On m'a dit à un moment qu'il ne fallait même pas songer à y tourner, qu'ils n'autorisaient pas les tournages, ou alors que cela coûtait énormément d'argent
Spider-man 2 a été tourné là-bas… Mais ils ont été très coopératifs. Tout s'est bien passé. Nous avons eu beaucoup de chance, parce qu'il n'y avait pas d'autre alternative, et que c'est un lieu essentiel pour le film. »
Plusieurs scènes ont également été tournées au Midwood High School, où Baumbach a fait ses études secondaires. Il raconte : « Le directeur du département d'anglais de l'époque où j'y étais est devenu maintenant proviseur ! Il était ravi de me revoir et d'accueillir notre équipe. C'était formidable ! »
Certains lieux de tournage à Brooklyn sont aussi des endroits particulièrement familiers pour le réalisateur. Ils ont en effet été fournis par des amis ou des connaissances, notamment la maison des Berkman, où se déroule la plus grande partie de l'action.
Noah Baumbach explique : « La maison dans laquelle nous avons tourné appartient à mon ami d'enfance Ben et à son épouse Molly. Avec générosité, ils nous ont laissé transformer leur maison en allant s'installer ailleurs pendant que nous tournions chez eux ! Filmer dans des endroits qui avaient un sens pour moi m'a aidé à me sentir encore plus proche de l'histoire, sur un plan viscéral et créatif. »
- Les Costumes
Le réalisateur précise : « Il y a une autre touche personnelle, qui concerne les costumes :
Jeff Daniels porte les vêtements de mon père. Ce n'est pas parce que j'avais envie de recréer mon père, mais parce qu'être entouré de toutes ces choses m'a rapproché des personnages et de l'histoire, m'a impliqué davantage, et que c'était une chose à laquelle j'aspirais vraiment. »
L'ambiance
Le réalisateur explique : « Tourner en Super 16 plutôt qu'en caméra numérique a permis de donner au film une touche 80 authentique. En fait, nous n'avons pas voulu utiliser une technologie qui n'existait pas à l'époque.
« Je voulais tout filmer à la caméra à l'épaule, mais avec une stabilité d'image pour que le spectateur ne se sente pas ballotté. Il y a juste un soupçon de mouvement. En utilisant une caméra plus petite, il était plus facile de nous approcher des acteurs et de les suivre. Et puis le grain de l'image me rappelle les films que j'ai aimés quand j'étais au lycée dans les années 80, ceux des frères Coen, de
Jim Jarmusch et de
Spike Lee. Certains de ces films étaient tournés en Super 16, comme beaucoup de films indépendants à l'époque. J'aime qu'on ait la sensation de regarder un film plus ancien. »
Le réalisateur précise : « Lorsque j'ai écrit cette histoire, je ne cherchais pas de référence particulière, mais cela a changé durant la préproduction. Je n'ai jamais eu envie de m'approcher d'un style documentaire, mais j'ai quand même regardé le cinéma direct des années 70, Maysles, Pennebaker et Wiseman, et j'ai réfléchi à la manière dont ces films étaient construits, au style de montage, au travail de caméra. La Nouvelle Vague française aussi m'a influencé, parce que ces images étaient captées dans la vie, dans la rue. Je voulais que mon film donne cette impression. Nous avons volé des plans, nous avons tourné à Brooklyn pour capter une véritable atmosphère - comme pour les scènes dans le métro : nous sommes juste descendus y filmer sans demander aucune autorisation. »
Noah Baumbach précise : « Nous n'avions pas un gros budget, je voulais éviter d'avoir des tonnes d'intermédiaires. Nous ne pouvions pas nous permettre d'avoir quantité d'assistants de production, alors j'ai décidé de faire confiance à des débutants. Je donne aussi des cours à Vassar, et j'ai demandé à mes étudiants de venir donner un coup de main. »
Le réalisateur poursuit : « Le plus difficile a été de réussir à tourner en seulement 23 jours. Il arrivait qu'à un moment bien avancé de la journée, je me dise qu'on avait bien travaillé, que c'était une bonne journée bien remplie… et puis je consultais le planning et il y avait encore deux scènes majeures à tourner ! Même si ça n'a duré que 23 jours, à la fin du tournage, j'avais l'impression d'avoir travaillé une bonne centaine de jours ! »
Noah Baumbach raconte : « Un adage du cinéma dit qu'il ne faut travailler ni avec des enfants, ni avec des animaux. Il y a une scène où Frank donne le chat à Walt, Walt le lâche, et le chat monte les escaliers en courant puis disparaît. Quand nous avons tourné ce plan, chaque fois que Jesse lâchait le chat, l'animal s'asseyait tranquillement et se mettait à ronronner. C'est la seule fois du tournage où j'ai vraiment paniqué, je ne savais pas du tout comment nous allions faire… Et puis le dresseur m'a dit… « Vous savez, j'ai un chat qui sait courir, et qui ressemble exactement à celui-là ». A ce jour, je ne sais toujours pas pourquoi nous avions utilisé un chat dressé à s'asseoir pour une scène destinée à un chat qui doit courir… Mais une fois que nous avons eu le bon chat, tout s'est déroulé à la perfection. »
Noah Baumbach et le monteur Tim Streeto ont défini un rythme particulier. Le réalisateur raconte : « Le rythme du montage a été presque une surprise... Une fois que nous avons monté la scène de tennis qui ouvre le film, j'ai réalisé qu'elle plongeait directement le public dans l'action du film et j'ai voulu prolonger ce sentiment. Plus j'assemblais les plans, plus je ressentais cela. Le film ne vous lâche jamais, et à la fin cela vous laisse l'impression d'être en apesanteur, dans le temps… Je voulais juste que les gens n'aient pas le temps entre deux émotions. »