" Valentin c’est le bonhomme à l’ancienne, comme il y en avait dans le cinéma autrefois. Il est obsédé par l’idée de la justice, par la droiture, par son métier aussi. En même temps, il est très pudique. Il a une véritable dimension héroïque. (…). Avec eux, il se comporte comme un patron, mais il est un patron humain. Il a l’autorité, mais il est lié à eux par une amitié forte et pudique, c’est une relation fraternelle. J’ai profondément aimé faire ce film car j’ai rarement connu une telle harmonie sur un tournage. Le dernier jour, je buvais un verre avec
Olivier Gourmet et je me souviens de lui avoir dit “Voilà un type qui va me manquer - Valentin - plus que d’autres personnages." Et Olivier m’a répondu que Terrasson aussi allait lui manquer. Moi, c’est vrai que j’aimerais le retrouver un jour, mon personnage. "
Pujol Selon Edouard Baer
" Pujol, on ne connaît pas son prénom. Les policiers n’ont pas de prénom, quand on demande à Pujol quel est son nom, il répond inspecteur Pujol. On imagine que c’est un ancien voyou, il l’est encore un peu d’ailleurs puisque sa femme (Léa) est une prostituée qu’il met dans le lit de certains personnages pour les faire parler, pour obtenir des aveux.
C’est un type un peu trouble, sec, violent parfois, pas forcément sympathique. On sent que les lois du milieu guident encore certains de ses actes. (..) . Il a des règles, un code d’honneur, qui sont plus proches de ceux du milieu que de la police. Pourtant, il est au service du bien, évidemment. Ca m’amusait de faire un personnage plus sombre que ceux que j’ai interprété jusque là, un personnage qui souriait un minimum. (…). Pujol, je le vois comme un personnage de flic américain contemporain, mais en costume d’époque.
J’aimais bien, également, que ce rôle soit un peu physique, parce qu’il se bat avec une canne. (..) l’avantage des films dits policiers - qui sont un prétexte à faire des portraits humains quand même - c’est qu’on a une mission ! C’est agréable, dans un personnage, d’avoir des choses concrètes contre lesquelles lutter. "
Terrasson selon Olivier Gourmet
" Terrasson c’est un personnage qui m’amuse beaucoup parce qu’il est solaire et très expansif. Il est loquace, jovial, il a de l’humour. D’habitude on ne me fait pas jouer ces rôles-là. Alors avec Terrasson, il y a une partie de moi, qu’habituellement je dois réprimer, que je peux enfin laisser aller ! Pour toutes ces raisons, je sais que je vais avoir beaucoup de mal à le quitter ce personnage, il va me manquer, c’est inconscient, mais c’est comme ça. Terrasson, il a un accent. Moi j’ai toujours eu du mal avec les accents au cinéma. (..) Alors, j’ai essayé et quand j’ai commencé à m’amuser avec ce personnage, très vite, je ne l’ai plus imaginé sans accent. Ca participait totalement du personnage : solaire, qui parle avec les mains, avec le corps, qui est généreux. Il a une autre philosophie de la vie que Valentin et Pujol. C’est plutôt un paysan du sud qui voit la vie avec une certaine distance. Il attache de l’importance à d’autres choses que ses collègues, il a une famille et est très attaché aux valeurs familiales. Terrasson c’est un bon bougre, c’est le bon sens en action. "
Bonnot selon Jacques Gamblin
" Bonnot, Jules, 1 mètre 59. Un homme ayant existé et qui a marqué l’histoire. Gangster, anarchiste, révolté, ayant soif de pouvoir. Froid, déterminé, violent quand il faut. Dans le film, un peu Robin des Bois. Il n’est pas marié, n’a pas d’enfant, il est amoureux de Constance, passionnément. "
“Il défend un idéal et pour cela s’associe à des anarchistes pour former la célèbre Bande à Bonnot, ils vont détrousser les riches pour donner aux pauvres enfin, pas vraiment. "
" Mais Bonnot, c’est surtout un type qui sait qui va mourir. (..) la mort de Bonnot, a été un moment épique dans l’histoire : 2000 policiers, un siège de 9 heures autour de sa planque, des milliers de gens qui arrivaient de partout, de Paris, en banlieue, pour voir mourir celui qui les avait terrorisés pendant des années. "
" Le grand génie de Bonnot, c’est de s’être servi du modernisme. Il a utilisé des voitures pour braquer, voitures dont les flics, à l’époque, étaient très mal équipés. (..) C’est une des raisons pour lesquelles il reste dans les mémoires (..). "
“Bonnot est un personnage emblématique dans Les Brigades du Tigre parce qu’il défend une position qui est à peu près similaire à celle de l’inspecteur Valentin sauf qu’ils ne sont pas du même bord. Alors, idéologiquement, il y a quelque chose de fort qui se passe entre eux. "