
Comme tout un(e) chacun(e) je croyais connaître le Planning familial, lorsque j’ai été en contact avec le centre de Grenoble il y a maintenant 9 ans. À ce moment-là j’y ai passé quelques jours et tout ce que je croyais connaître s’est éclipsé devant ce que j’y ai vu. Voilà ce que je leur écrivais à l’époque : « En venant vous voir j’ai découvert un lieu extraordinaire et actuel de la transmission entre femmes. Alors que je suis plutôt du genre à redouter les confinements entre femmes, j’étais fascinée de voir différentes générations de femmes se parler, s’écouter, s’interroger dans le secret de ce lieu que vous avez inventé petit à petit, et qui n’est pas tout à fait une institution, ni seulement une association. Ici, loin de la famille et des amis, on parle de sa vie privée, on essaye de comprendre et de faire face à ce corps par où passent nos destinées, on s’occupe de ce qu’il y a de plus intime et de plus public dans nos propres vies. (...) J’ai envie de peindre toutes les femmes que j’ai vues au Planning, leurs visages, leurs gestes, leurs silences et pas seulement leurs paroles, les jeunes et les moins jeunes, celles qui passent, et celles qui les reçoivent, la lassitude et l’enthousiasme, le café sans sucre, l’envie de parler d’autre chose et les fils que les conseillères tirent avec douceur. »