Notes de Prod. : Les Bureaux De Dieu

    en DVD le 16 Novembre 2009

Entretiens Dalle - Garcia

Béatrice Dalle

Comment vous êtes-vous retrouvée sur ce projet ?
Je ne connaissais pas le cinéma de Claire. Elle a cherché à me contacter. On s’est rencontrées. On a bu un verre ensemble, on a discuté, elle m’a parlé de son film. Je n’ai pas lu le scénario : comme d’habitude, ce n’est pas le sujet qui me motive, mais le réalisateur qui me donne envie ou non de travailler avec lui.

Vous étiez très au fait des actions du Planning familial ?
Pas du tout. Je n’avais jamais mis les pieds dans un Planning familial. Je savais à peu près de quoi il s’agissait, mais c’est tout. J’ai peut-être eu de la chance par rap- port à d’autres jeunes filles qui ont eu ce genre de problèmes... En tout cas, je me suis retrouvée dans un univers qui ne me parlait pas du tout.

Comment avez-vous travaillé avec Claire Simon sur le plateau ?
J’ai eu beaucoup de difficultés avec le texte et cette manière de parler qui n’est pas la mienne. En vingt ans de cinéma, c’est un des dialogues les plus difficiles que j’ai eu à apprendre. Le parti pris du plan-séquence n’est pas un souci, mais le fait de travailler sur un entretien retranscrit, avec une manière de parler qui est vraiment propre à quelqu’un, cela m’a assez perturbée. Par ailleurs, lorsque Claire cherchait à modifier quelque chose, j’étais complètement perdue, incapable d’improviser, d’avoir une réaction à moi, je ne comprenais rien à rien. Alors je suivais les indications de Claire, qui étaient toujours très précises. J’étais à l’écoute, comme un instrument ; parce qu’un acteur, c’est cela, en définitive : un instrument.

Nicole Garcia

Quelles étaient vos premières impressions à la lecture du scénario ?
Ce qui m’a troublée et émue, c’est le scénario dans sa longueur, sa durée, la répétition de ces entretiens. Cette aide, ce recours, ce désarroi, cet échange multiplié entre les conseillères et ces femmes... Comme une vague, des voix différentes, toutes liées au Féminin. Il y avait quelque chose d’unique, proche du chant.

Comment avez-vous travaillé avec les actrices non professionnelles ?
Professionnelles, non professionnelles... C’est une « différence » vite effacée, parce qu’elles sont capables d’enchaîner les prises au même titre que nous. Et savoir ré- péter, refaire des choses autant de fois qu’on le demande, c’est vraiment le fait des acteurs. Même si Claire nous replaçait dans cette différence en mettant les actrices pros en position de mise en scène. On jouait, mais pour l’autre, afin qu’elle ait le territoire le plus large possible. Notre jeu ne devait exister que dans cette écoute, c’est en tout cas comme ça que je l’ai vécu. C’était très émouvant de se retrouver face à elles. On ne connaissait pas vraiment leur vie, mais les histoires qu’elles jouaient semblaient être en écho avec la leur. Il y avait une similitude, une passerelle entre les rôles, les places tenues par chacune. Avec, au cœur du dispositif, ce texte appris par les unes et les autres, comme un élément de partage, de communion.

Cela vous semblait important de parler du Planning familial, aujourd’hui ?
Non, parce que c’est quelque chose qui m’apparaissait comme assez lointain, attaché aux années 70 – ce qui est faux. Mais ce qui m’intéressait, au-delà de ça, c’était cette façon de parler du féminin dans tous ses états et ses déclinaisons : la demande de pilule, de contraception, d’interruption de grossesse, de désir d’enfant. Toutes ces questions posées à travers le film, et partagées par toutes les femmes.

Notes de tournage...

Le 9 Novembre 2007 - Une ribambelle d’actrices dans Les Bureaux de Dieu

Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré et Béatrice Dalle sont toutes réunies dans le prochain film de Claire Simon dont le tournage a lieu en ce moment à Paris. Catherine Frot et Déborah François avaient été envisagées pour le film, mais n’ont pas été retenues pour le projet.

Processus de fabrication

Comme tout un(e) chacun(e) je croyais connaître le Planning familial, lorsque j’ai été en contact avec le centre de Grenoble il y a maintenant 9 ans. À ce moment-là j’y ai passé quelques jours et tout ce que je croyais connaître s’est éclipsé devant ce que j’y ai vu. Voilà ce que je leur écrivais à l’époque : « En venant vous voir j’ai découvert un lieu extraordinaire et actuel de la transmission entre femmes. Alors que je suis plutôt du genre à redouter les confinements entre femmes, j’étais fascinée de voir différentes générations de femmes se parler, s’écouter, s’interroger dans le secret de ce lieu que vous avez inventé petit à petit, et qui n’est pas tout à fait une institution, ni seulement une association. Ici, loin de la famille et des amis, on parle de sa vie privée, on essaye de comprendre et de faire face à ce corps par où passent nos destinées, on s’occupe de ce qu’il y a de plus intime et de plus public dans nos propres vies. (...) J’ai envie de peindre toutes les femmes que j’ai vues au Planning, leurs visages, leurs gestes, leurs silences et pas seulement leurs paroles, les jeunes et les moins jeunes, celles qui passent, et celles qui les reçoivent, la lassitude et l’enthousiasme, le café sans sucre, l’envie de parler d’autre chose et les fils que les conseillères tirent avec douceur. »

Entretiens Baye - Boujenah

Nathalie Baye

Comment s’est déroulée votre rencontre avec Claire Simon ?
La rencontre a d’abord eu lieu via le travail de Claire. Il y a très longtemps, j’avais vu un documentaire à la télévision sur un médecin de campagne qui vivait sa dernière semaine dans l’exercice de ses fonctions. Ça s’appelait Les Patients, et j’avais trouvé ça tellement beau que j’avais écrit à Claire Simon pour le lui dire, ce que je fais assez rarement. Plus tard, j’ai vu d’autres films d’elle. Du coup, quand elle est venue me proposer de travailler avec elle sur ce projet, la rencontre s’est faite très naturellement... Elle m’a parlé de son film, et comme je connaissais son travail, je n’ai pas hésité à dire oui.

Entretiens Brakni - Carré

Rachida Brakni

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de Claire Simon ?
On m’a parlé du film pour la première fois il y a plus d’un an. J’ai rencontré Claire, et j’ai lu le scénario d’une traite. Ces entretiens m’ont d’emblée fascinée, notamment par ce qu’ils racontaient sur la vie du Planning. J’ai été également séduite par le parti pris du plan-séquence, qui crée quelque chose de particulier, de l’ordre du bloc. Pour un acteur, ce n’est pas toujours évident de tenir un plan-séquence de bout en bout : il peut y avoir à tout moment une sorte de dépression, une chute de tension. Et puis il y avait un facteur « x », la confrontation avec un non-acteur, qui rendait cette gageure encore plus excitante.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 407 entrées
  • 1ère semaine IDF : 15 501 entrées
  • Cumul IDF : 28 548 entrées

  • 1ère semaine France : 46 870 entrées
  • Cumul France : 108 707 entrées