Notes de Prod. : Les Choristes

    en DVD le 27 Octobre 2004
« Nous affectionnons les images liées à l’enfance, aux premières émotions. Plus tard, le souvenir des événements vécus durant cet apprentissage de la vie prend toute son importance. Rien n’était donc anodin. Joies fugitives, peines inconsolables, tout passe mais rien ne s’efface. Et si une note de musique, un chant, une chorale sont liés à ces plus lointaines évocations, leur empreinte est assurément plus forte. Sans doute est-ce ce qui m’a profondément ému dans le projet de Christophe Barratier “Les Choristes”.
Une pension sévère, des enfants rebelles, une chorale qui les rassemble, représentation émouvante d’une enfance symbolique. »
Jacques Perrin

Entretien avec Christophe Barratier

Pourquoi avoir choisi de vous inspirer du film La Cage aux rossignols (Jean Dréville, 1945), pour votre premier long-métrage ?
Après mon court-métrage, Les Tombales, je cherchais un sujet de long-métrage. Je me suis rendu compte que les notes que je prenais étaient plutôt liées à ma petite enfance, aux émotions que j’ai ressenties entre quatre et huit ans. Par ailleurs, j’avais très envie, ayant eu une formation musicale, de traiter une histoire se rapportant à la musique. Ce sont donc ces deux thèmes, l’enfance et la musique, qui m’ont logiquement amené à me souvenir de La Cage aux rossignols. J’avais vu ce film à sept ou huit ans en 1970-71, sur une des deux chaînes de télévision de l’époque. Il m’avait profondément touché. Presque oublié, le film a néanmoins conservé son charme. En outre, il n’est pas sacralisé comme un “chef d’oeuvre” du cinéma français, ce qui rend l’adaptation moins périlleuse.

Entretien avec Gérard Jugnot

Comment êtes-vous devenu Clément Mathieu ?
Je connais Christophe Barratier depuis assez longtemps. Nous avons en commun le goût pour le vieux cinéma français, avec tous ces acteurs qu’on appelait “les Excentriques”, dont Noël-Noël, pour lequel j’ai une admiration sans borne. Un jour, donc, Christophe m’a parlé de son envie de réaliser sa version de La Cage aux Rossignols. J’ai commencé par lui dire que c’était formidable mais peut-être aussi une idée “à la con”, ce type qui fait chanter des enfants et qui les sauve de la solitude par la chorale !... Il fallait donc arriver à faire un film moderne mais qui se déroule dans un proche passé, parce que si on avait situé l’histoire aujourd’hui, on aurait transformé mon personnage en éducateur qui apprend à rapper dans les banlieues. Cela risquait de devenir extrêmement racoleur. Finalement Christophe a démarré l’écriture du scénario en ayant l’intelligence de situer l’action à l’époque très forte de l’immédiat après-guerre, avec, cependant, une séquence très émouvante qui se passe de nos jours, où un personnage se penche sur son passé et s’aperçoit qu’il doit sa réussite à quelqu’un qu’il a oublié, qu’il a laissé passer. C’est très nostalgique, extrêmement sincère, atypique tout à fait dans la lignée de ce que produit Jacques Perrin.