Comment êtes-vous devenu Clément Mathieu ?
Je connais
Christophe Barratier depuis assez longtemps. Nous avons en commun le goût pour le vieux cinéma français, avec tous ces acteurs qu’on appelait “les Excentriques”, dont Noël-Noël, pour lequel j’ai une admiration sans borne. Un jour, donc, Christophe m’a parlé de son envie de réaliser sa version de La Cage aux Rossignols. J’ai commencé par lui dire que c’était formidable mais peut-être aussi une idée “à la con”, ce type qui fait chanter des enfants et qui les sauve de la solitude par la chorale !... Il fallait donc arriver à faire un film moderne mais qui se déroule dans un proche passé, parce que si on avait situé l’histoire aujourd’hui, on aurait transformé mon personnage en éducateur qui apprend à rapper dans les banlieues. Cela risquait de devenir extrêmement racoleur. Finalement Christophe a démarré l’écriture du scénario en ayant l’intelligence de situer l’action à l’époque très forte de l’immédiat après-guerre, avec, cependant, une séquence très émouvante qui se passe de nos jours, où un personnage se penche sur son passé et s’aperçoit qu’il doit sa réussite à quelqu’un qu’il a oublié, qu’il a laissé passer. C’est très nostalgique, extrêmement sincère, atypique tout à fait dans la lignée de ce que produit
Jacques Perrin.