Notes de Prod. : Les Dents de la nuit

    en DVD le 18 Février 2009

Rencontre Avec Les Comédiens

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet ?

Patrick Mille : « Ce sont l’originalité, l’humour et le ton résolument atypique qui m’ont attiré. Je suis attaché au projet depuis longtemps, j’étais le premier. Je l’ai vu évoluer. La base était excellente, mais les réalisateurs lui ont apporté leur univers et leur humour vraiment décalé. Ils ont ajouté ce que j’aime dans les comédies anglo-saxonnes, le rythme et un premier degré dans l’action. Nous comédiens, nous devions vraiment jouer les scènes en les prenant au sérieux. Même si c’était le délire autour, on y croyait ! Le résultat est encore plus réjouissant pour ceux qui regardent. Ils ont aussi développé des personnages très drôles qui existent et qui ressemblent à beaucoup de personnes que l’on connaît tous dans notre entourage ! »

Vincent Desagnat : « J’affectionne particulièrement les comédies – et c’en est une vraie ! J’ai tout de suite aimé l’idée d’un film d’épouvante drôle. C’est un humour totale- ment proche du mien, absurdité et premier degré poussés au paroxysme. C’est ce qu’il y a de mieux dans la vie – avec le skate-board ! »

Frédérique Bel : « Je suis fan des films de genre. Les films de vampire sont pour moi une grande passion ! De tels sujets sont rares en France, surtout traités avec un luxe pareil, alors forcément j’ai sauté sur l’occasion.» Julie Fournier : « J’ai adoré le scénar, l’humour complètement déjanté, les différents niveaux de lecture des répli- ques, les délires, le non-sens, le joyeux mélange de tout ce qui me fait rire ! C’est un film de genre qui innove dans le cinéma français par le mélange de comédie et d’horreur. J’adhère à 100 %.»

Sam Karmann : « J’ai beaucoup ri en lisant le scénario. J’ai pensé à La Cité De La Peur et à d’autres comédies comme Shaun Of The Dead qui jouent sur les codes des films d’horreur. En tant qu’acteur, j’aime faire des expériences, des tentatives. Tout ce que je fais dans ce film est nouveau ! Je n’ai jamais eu cette tête-là, mais j’aime bien. J’adore être ridicule. Avec la gueule que j’avais, je ne pouvais pas me permettre de jouer les héros au premier degré ! Je me suis amusé comme un petit fou ! »

Hélène De Fougerolles : « Je me suis démenée pour obtenir ce rôle et je ne le regrette pas. Je m’amuse énormément. Pour jouer cette histoire, il fallait y aller à fond. J’avais fait deux ou trois choses avec les Nuls dans La Cité De La Peur, mais là, c’est vraiment très hardcore ! »

Julien Boisselier : « J’ai déjà vu pas mal de films de genre qu’on essayait de faire « à la française ». Ils n’étaient finalement que des sous-films américains. Celui-ci est très original, avec des gens remarquablement pointus à l’écriture qui ont beaucoup travaillé leur base. J’avais envie de tourner ce type de film depuis longtemps et j’ai été heureusement surpris que l’on pense à moi pour un tel sujet alors que je suis plutôt cantonné dans les jeunes premiers romantiques. J’ai de plus en plus de mal avec le “cinéma social” qui nous ramène à nos problèmes quotidiens... »

Tchéky Karyo : « C’est la virtuosité de cet animal étrange qui m’a attiré dans cette folie ! »

Stéphane Freiss : « Le projet était forcément tentant : du drame, du délire, un humour qui rappelle aussi celui de The Party ou du film Le Bal Des Vampires. Ce n’était pas tant l’intrigue que la folie qui était attirante. J’étais aussi très excité à l’idée d’avoir à jouer toutes ces choses assez inhabituelles : sucer le sang de cette pauvre Hélène de Fougerolles, hurler à la mort... Comment vivre tout cela et le faire exister pour le spectateur ? Toutes ces petites choses n’ont l’air de rien mais vous amènent à repenser ce métier autrement. »

Parlez-nous de votre personnage...

Patrick Mille : « Sam ne vit que pour faire la fête. Son existence est rythmée par les soirées dans lesquelles il s’incruste s’il n’est pas invité. Il profite de la vie, sans attaches. Pour lui, la Nuit Médicis est un Graal, une fête mythique dont rêvent tous les clubbers. Cette fois, le jeu ne va pas consister à y entrer mais à en sortir, et sans traces de dents sur le cou ! Cette fête-là va le faire mûrir un grand coup. Il va devenir un héros malgré lui. Cette évolution en une nuit est intéressante. Je me souviens d’une époque pas si lointaine où je ressemblais un peu à ce personnage. Je ne m’intéressais qu’à ce qui se passerait le soir ! Retrouver cette énergie et cette philosophie ne m’a posé aucun problème ! Avec ses deux amies, Sam est celui auquel le public peut s’identifier dans cette histoire de dingues. »

Frédérique Bel : « Alice est une prof de sport au grand cœur. C’est une trentenaire parisienne typique, dynamique, qui adore sortir avec sa copine Prune et avec Sam. Alice est aussi une éternelle romantique plutôt naïve qui se laisse facilement rouler dans la farine. Elle tombe toujours amoureuse de garçons qui la font souffrir. Au début du film, elle se remet juste d’une rupture, mais elle attend déjà son prochain amour. Au départ, Alice est un peu coquette et rêveuse mais devant le danger, elle va retrouver sa nature sportive... »

Julie Fournier : « Avec Sam et Alice, Prune est un peu le fil rouge du film. On la suit tout au long de cette incroyable nuit. Du trio, Prune est sûrement celle qui a le plus les pieds sur terre. Carrée et droite, elle n’hésite pas à prendre les choses en main dans l’action. Pourtant, cette fois, elle va être confrontée à deux ou trois choses qui la dépassent ! Elle va du coup se révéler encore plus face à l’adversité. J’aime beaucoup son côté déterminé, je m’y retrouve ! »

Vincent Desagnat : « Edouard est un boulet absolu. Dès qu’il rencontre quelqu’un, il en fait son meilleur ami. Il s’impose aux autres et ne les lâche plus ! Il est aussi gentil que collant. Du coup, personne n’ose l’envoyer balader. Pour cette fête, c’est le seul qui ait acheté son invitation sur Internet ! Tout ce qu’il voulait, c’était se faire des nouveaux copains. C’est un gros con tout à fait sincère ! »

Sam Karmann : « Krinine est le dentiste des stars. Comme il l’explique à tous ceux qu’il croise, il est stomato, chirurgien-dentiste, orthodontiste et prothésiste. Passionnant donc. Sa meilleure pub, c’est son sourire surnaturel. A cette soirée, il est invité par des gens pour qui les dents sont très importantes... Sa mère lui a conseillé d’accepter d’y aller pour enfin trouver une épouse. Avec son bronzage UV et ses trucs ridicules pour draguer, Krinine ressemble à un vieux chanteur ringard des années soixante. Un vrai bonheur ! »

Hélène De Fougerolles : « Jessica est aussi blonde que stupide. Compagne d’un mafieux qui lui a flanqué un garde du corps, elle est décidée à s’éclater dans cette soirée. C’est une truffe complète et c’est fabuleux à jouer ! Quitte à incarner une tarte, autant y aller franchement, d’autant que les dialogues sont gratinés... »

Julien Boisselier : « Mon personnage s’appelle « le play-boy ». C’est lui qui repère Alice et l’invite à la soirée. Il lui court après pendant tout le film. Il y a un décalage complet entre ce qu’il est, les situations et ce qu’il éprouve pour cette jeune femme. Il est amoureux d’elle à la façon d’un vampire... »

Stéphane Freiss : « Je joue un dandy d’une autre époque, assez précieux, sûr de lui, qui tombe raide dingue d’une blonde stupide. Elle est débile et lui fin de race ! Jouer un personnage tellement décalé et ridicule est jouissif pour un acteur. Je voulais lui ajouter en plus une pointe de naïveté qui le crétinise encore. Lorsqu’il devient loup-garou, il a des réactions d’animal, qu’il soit blessé ou en rut ! C’est à la fois très étrange et drôle à jouer car selon la situation, il faut savoir qui prend le dessus, de l’homme ou de l’animal... »

Tchéky Karyo : « Pour le duc de Journiac, l’éternité finit par être longue. On sent une lassitude chez ce personnage. Son neveu lui donne des soucis et son homme de main a des pratiques étranges qui lui pèsent... Comme chaque année, le duc offre un somptueux buffet de chair fraîche à ses semblables. Il a soigneusement orchestré la fête afin que tout ce qui bouge de jeune et de branché soit là pour la célèbre Nuit Médicis. De l’autre côté du miroir, il observe avec ses invités. Il y a deux camps, ceux qui voient à travers le miroir sans s’y refléter et les autres qui s’y reflètent sans voir à travers... Les héros du film vont avoir du fil à retordre pour sauver leurs globules rouges... »

Comment avez-vous travaillé avec les réalisateurs ?

Vincent Desagnat : « Vincent et Stephen ont le sens du tempo, de l’absurde. Ils se complètent bien. Ils aiment ce qu’ils font, ils partagent leur enthousiasme et sont capables de rester très concentrés tout en s’amusant. Tout en travaillant sérieusement, on s’amuse énormément. »

Patrick Mille : « Leur direction d’acteurs va tout à fait dans le sens de mes références cinématographiques. Ils privilégient un jeu super vrai sur une situation totalement absurde. Ils ne nous laissent pas surjouer et nous ramènent toujours au sentiment juste, à l’action cohérente et à une sincérité naturelle. Mais le tout est cerné par un contexte délirant. Leur sens esthétique est impressionnant, comme les décors. La démesure des lieux et la qualité des maquillages des vampires nourrissent notre jeu. On est dans l’univers de films que nous aimons tous ! »

Frédérique Bel : « C’est la première fois que je tourne avec deux réalisateurs et j’avoue que je me demandais comment ça allait se passer, mais Stephen et Vincent sont sur la même longueur d’onde et c’est plus simple que je ne le pensais. Ils ont un univers B.D., très visuel, dans l’énergie et le gag. On sent qu’ils travaillent pour le public, ils se demandent toujours comment ce qu’ils imaginent sera perçu. »

Sam Karmann : « Vincent et Stephen sont formidablement complémentaires. Ils ont un sens extrêmement aiguisé du détail. Ils avaient storyboardé leur film et avaient donc une vision très précise de ce qu’ils voulaient. C’était indispensable pour un tel projet. Le découpage, le rythme des plans, les valeurs de plans, tout cela était très construit. On tournait beaucoup de plans, presque toujours avec deux caméras. Je comprenais la précision de leurs demandes, inévitable dans ce genre d’exercice. »

Hélène De Fougerolles : « Stephen et Vincent sont aussi efficaces qu’agréables. Ils ont un excellent regard sur la comédie, le rythme et ils savent ce qui fonctionne. Travailler avec deux réalisateurs était un peu étrange au départ, mais ils ont su installer une excellente ambiance sans jamais perdre leur propos de vue. »

Stéphane Freiss : « Leur sens graphique, leur goût du cinéma, leur envie de développer ce projet étaient évidents et font beaucoup de bien au film. Leur passé et leur culture s’inscrivent exactement dans ce genre de projet. C’était rassurant pour nous. Ils font partie d’une nouvelle génération de metteurs en scène qui ne se laisseront pas emprisonner dans les préjugés et les a priori. Ils auront l’audace d’aller loin. Nous ne sommes là que pour servir l’histoire, eux la feront vivre. »

Julie Fournier : « Ils sont adorables et on s’amuse beaucoup ! J’ai déjà travaillé avec un binôme de réalisateurs et j’aime ça. Ils se complètent et peuvent se reposer l’un sur l’autre. Ils réagissent, se confrontent, ce qui leur permet d’aller toujours plus loin et de ne rien laisser passer. Ils ont aussi chacun leur personnalité et c’est pour nous beaucoup plus riche au niveau de la relation humaine. »

Julien Boisselier : « C’est la première fois que je travaille avec deux réalisateurs à la fois. Stephen et Vincent se connaissent, s’entendent et se complètent. Ils évitent ainsi toute baisse de régime, ce qui est très agréable pour les comédiens. J’avais l’impression d’avoir face à moi des gens qui avaient déjà fait cinq films, avec une exigence aiguë à tous les niveaux. Pour nous comédiens, tourner avec des gens qui font leur premier long est agréable parce qu’ils y mettent le maximum d’énergie, artistiquement ou même physiquement. Leur culture cinématographique et leur univers visuel sont énormes. Ils savent raconter en images. C’est la première fois que je travaillais avec des gens de cette génération aussi forts. Ce sont aussi de vrais directeurs d’acteurs qui me disaient des choses très intéressantes sur mon jeu, sur la façon dont je devais interpréter mon personnage. Nous étions tous assez bluffés ! »

Tchéky Karyo : « Nous avons travaillé en toute amitié et avec beaucoup de respect. Leur style est impossible à décrire, il faut venir voir le film. Ils ont un traitement de l’action au premier degré. Tout est joué comme si c’était vrai. L’humour potache-trash prend alors toute sa dimension. »

Pouvez-vous nous parler du ton particulier du film ?

Hélène De Fougerolles : « C’est un mélange particulier dans un contexte luxueux. Les vampires sont impressionnants, ils sont vraiment effrayants et rien n’est fait à moitié. Le film est très riche en décors, en effets spéciaux, en mise en scène. Même après l’avoir vu quatre ou cinq fois, il restera encore des trucs que l’on n’aura pas remarqués, parce qu’il se passe des choses dans tous les coins de l’image. »

Frédérique Bel : « C’est un sujet qui n’avait encore jamais été tourné en France, surtout avec de tels moyens ! Je suis une grande fan de Shaun Of The Dead, Hot Fuzz, ou de la série des scary movies. C’est un cinéma qui manque en France. La comédie de genre est le vrai reflet de ce qui se passe dans notre avant-garde ! »

Sam Karmann : « Comme La Cité De La Peur à son époque, Les Dents De La Nuit est un ovni. C’est un film de genre, une comédie qui se joue des films d’épouvante, mais ce n’est pas une parodie car les vampires existent et les gens comme Krinine aussi ! »

Patrick Mille : « On part d’un préambule qui pourrait être un film d’horreur, un film de genre, mais en même temps certaines séquences sont terriblement drôles, avec un humour anglo-saxon que l’on ne voit presque jamais en France. Ce film peut être lu comme une B.D., avec des personnages qui existent vite et fort, une esthétique soignée. Il y a vraiment une volonté d’ensemble pour offrir à voir quelque chose de drôle et d’inhabituel. »

Julien Boisselier : « L’une des forces du projet est d’associer des comédiens venus d’horizons très différents qui jouent dans un style éloigné de celui qu’ils ont habituellement. C’est d’autant plus fort qu’en France on est assez cloisonné. Il y a des films de genre et des familles d’acteurs qui ne peuvent pas entrer dans certains types de films. Là, j’étais face à des réalisateurs qui avaient une vision très précise de leur casting, mais sans aucun snobisme ou idée préconçue. Ils ont su voir en chacun de leurs comédiens ce qu’il pouvait y avoir d’original qui n’avait encore jamais été exploité. C’est aussi ce mélange qui fait l’originalité du film. »

Tchéky Karyo : « La production s’est donné les moyens de faire vivre cette histoire dans toute sa dimension, d’abord en choisissant ces deux metteurs en scène pleins de talent, des cinéphages capables de s’approprier l’histoire et le genre avec une dextérité hors du commun. »

Comment s’est passé le tournage ?

Hélène De Fougerolles : « J’attendais toutes les scènes avec impatience ! C’était un vrai plaisir de comédienne. Les deux metteurs en scène étaient tellement ouverts aux propositions que l’on trouvait toujours des petits trucs en plus à la dernière minute. On travaillait sur tous les niveaux. »

Vincent Desagnat : « Il y a tout ce que les spectateurs vont découvrir à l’écran, mais il y avait aussi les préparations. Je devais combattre à l’épée contre Julien Boisselier. Nous nous sommes entraînés de façon intensive. Il m’a tué le genou ! Il se bat bien. Il est si beau quand il se bat ! Il me fait voyager ! »

Patrick Mille : « Nous étions en bonne compagnie. Avec des gens comme Vincent Desagnat, Julie Fournier et Frédérique Bel, il est quelquefois difficile d’échapper au fou rire ! Avec les filles, nous sommes censés être amis d’enfance et nous avons eu la chance de tout de suite bien nous entendre. J’avais l’impression de les connaître depuis dix ans ! Nous avons des rapports de potes et c’est bien pour le film. Ce sont de bons acteurs qui se mettent tout de suite dans la situation. Ce que nous avions à tourner n’était pas anodin : des cris, de la peur... Cela a certainement contribué à nous rapprocher encore plus ! »

Julie Fournier : « Il était souvent difficile de garder son sérieux. On rigolait un bon coup et après, on s’y remettait. Mon personnage est moins dans la comédie que les autres. C’est le plus sérieux et je devais moi aussi garder mon sérieux. Ce n’était pas toujours évident... »

Julien Boisselier : « Il y a eu des combats à l’épée pour lesquels il nous aurait fallu quinze jours de répétitions, mais nous n’avions pas le temps. On a répété comme des dingues. J’ai mis un coup sur la rotule de Vincent, mais il l’avait cherché ! Il y a eu aussi des cascades pour les moments où j’ai une force surhumaine et où je le balance partout. Tout cela nous oblige finalement à retomber en enfance, à être super impudiques. Il est beaucoup plus facile de jouer le quotidien que de se dire « je suis un vampire et j’ai envie de dévorer cette femme ». Le travail avec Vincent Desagnat était agréable car il a conservé en lui une part d’enfance. Il est incroyable ! Il a une générosité naturelle. Nous avions de nombreuses scènes ensemble et c’était un plaisir de bosser avec lui ! Ce tournage est un vrai bon souvenir. »

Sam Karmann: « Ce n’est pas un film facile car on ne peut s’appuyer ni sur le texte, ni sur le jeu comme on peut le faire dans une scène dramatique. On ne jouait que sur la réaction. On pouvait tourner cinq jours et ne prononcer que quatre phrases ! On devait tout le temps être à fond dans la peur et la tension. Gérer physiquement la tension était vraiment difficile. A la lecture, je savais qu’un des enjeux serait de tenir, de ne pas parler tout en faisant croire au public qu’il se passe des choses terribles. Parce que même si les gens vont se poiler, les personnages vivent un drame absolu ! Pour eux, c’est un enfer ! »

Comment avez-vous travaillé avec vos partenaires ?

Stéphane Freiss : « Toutes mes scènes sont avec Hélène de Fougerolles, et je ne rencontre les autres acteurs que trop brièvement dans une salle de bains. Un grand moment ! Hélène est très drôle et elle a une manière de jouer qui me fait beaucoup rire. Avoir face à soi quelqu’un qui est vraiment dans son personnage et qui donne autant, vous donne envie de donner plus vous aussi. »

Hélène De Fougerolles : « Nous avons la chance de former un groupe homogène qui aime bien se marrer, au sein duquel personne ne prend plus de place qu’un autre. Nous venons d’horizons différents mais l’esprit était le même. Nous avons vraiment joué les uns avec les autres. Professionnellement et humainement, c’est une expérience très positive et je suis ravie. Même si les journées de travail pouvaient commencer à 6h30 et se terminer à 21 heures, me retrouver avec toute cette bande était un vrai plaisir. »

Vincent Desagnat : « Ce sont tous de grands malades et c’était très drôle. Frédérique et Julie ont été de vraies complices. Je connaissais Patrick Mille depuis un bout de temps mais je n’avais jamais tourné avec lui auparavant. J’avais croisé Hélène De Fougerolles sur Les Aristos de Charlotte de Turckheim où elle avait un rôle extraordinaire. Pour devenir fan de Sam Karmann, il suffit de le rencontrer ! Quelle classe ! Rencontrer Julien Boisselier a été très agréable aussi, sauf que je dois venger mon genou... Celui-là, si je le retrouve... »

Frédérique Bel : « En arrivant, je ne connaissais personne mais nous avons vite formé une joyeuse bande. J’avais envie d’en rencontrer certains depuis longtemps, notamment Vincent. Il est totalement lunaire. Dans la vie, nous aimons bien nous amuser, et le film nous en donne l’occasion. Ce film reste comme une très belle série de rencontres. »

Sam Karmann : « Tout s’est bien passé avec cette bande de jeunes acteurs. Je ne les connaissais pas. Je crois être le doyen. Les premiers jours, il était difficile d’échapper aux fous rires. Mais on ne peut pas rire tout le temps et on s’habitue. Quand j’ai vu la tête de Stéphane Freiss en loup-garou, c’était quelque chose ! Il m’a carrément fait peur ! »

Tchéky Karyo : « Nous avons travaillé en parfaite complicité, en particulier avec Gilles Gaston Dreyfus qui joue mon comptable aux mœurs douteuses... »

En quoi ce film est-il différent pour vous ?

Frédérique Bel : « Sans parodier les codes des films de genre, Les Dents De La Nuit les contourne et les dépasse. C’est un grand plaisir d’actrice et un challenge physique ! Je ne suis pas une actrice qui compose et ne le serai d’ailleurs jamais. Je me dis que ce qui arrive au personnage, c’est moi dans telle situation. C’est moi au douzième siècle, moi en cosaque, moi pourchassée par les vampires ! »

Hélène De Fougerolles : « J’aime l’idée d’aller encore plus loin dans un registre que je n’avais exploré qu’avec les Nuls. Et puis juste avant ce film, j’avais tourné un polar très noir, presque intello, et je suis heureuse de m’amuser à rebondir avec ce type de film. Mon plaisir de comédienne est de pouvoir passer d’un univers à l’autre sans barrière. »

Tchéky Karyo : « J’ai toujours rêvé d’être dans un film de genre de cette sorte. Je trouve bien que des Français se distinguent dans ce type de cinéma. Je ne suis pas près d’oublier les heures passées dans le fauteuil de maquillage. J’aime cette tête de vampire, ces yeux étonnants, toute cette humanité qui étrangement, tient dans cette monstruosité... »

Stéphane Freiss : « Au-delà des situations, c’est la première fois que je joue avec un maquillage aussi lourd. Il ne faut pas être claustrophobe, surtout au moment du moulage de votre visage ! On se retrouve totalement étouffé par cette matière qui se réchauffe et se resserre. Il faut rester la bouche fermée pendant une heure et demie, avec juste une petite paille dans le nez pour respirer. Très spécial... En sortant de cette séance, on commet la grosse erreur de croire que le plus dur est fait ! C’est oublier qu’il faut compter cinq ou six heures pour chaque séance de maquillage. Je n’avais encore jamais porté de lentilles et c’est assez douloureux. Mais cela valait la peine parce que le résultat est saisissant. Le travail de Pierre-olivier Persin et de son équipe est remarquable. En tout cas, j’ai réalisé un rêve d’enfant en me cachant derrière ce personnage aussi dingue, réalisé avec autant de talent. »

Quel est votre souvenir le plus marquant ?

Stéphane Freiss : « Lorsque je me suis retrouvé à marquer mon territoire – au sens animal du terme – autour d’Hélène De Fougerolles ! Il n’y a aucun manuel pour vous dire comment ferait un loup-garou dans ce cas-là. Le metteur en scène et l’équipe sont le miroir et c’est dans leurs yeux qu’on cherche à vérifier si on est dans la bonne voie. Parce que tout est nouveau, il faut y aller. On est dans le domaine de l’invention. C’est un peu flippant mais c’est extrêmement jouissif à jouer. »

Hélène De Fougerolles : « J’ai tellement de souvenirs sur ce tournage... Il faut dire que me faire renifler les fesses par un loup-garou ne m’est pas arrivé souvent. J’ai quelques souvenirs d’anthologie sur ce film. »

Frédérique Bel : « Dans ma première scène, je pleure – ce qui ne correspond pas du tout au ton du film. J’avais la sensation de tourner un film dramatique ! Du coup, j’ai essayé de mettre de la dérision dans le chagrin ! Puis, dans un crescendo de jeu, nous sommes passés à la peur puis à l’action. J’aime beaucoup les personnages qui évoluent. Souvent, le problème des films choraux est le grand nombre de personnages qui n’ont ni le temps, ni la place d’évoluer. Mais dans celui-ci, tous vont se révéler face à des circonstances très déstabilisantes. »

Sam Karmann : « Avec la tête que j’ai dedans, je ne suis pas près d’oublier ce film ! Au début, à cause de mes dents, j’ai eu peur de devoir me post-synchroniser tellement j’avais du mal à parler, mais j’ai réussi à m’y faire ! »

Du Sang Frais Dans Le Cinema

Thierry De Ganay, producteur, explique : « C’est un film différent, à la fois film de genre et comédie, comme on en fait très rarement en France. Nous étions dans un mélange des genres, un univers particulier. La rencontre avec les deux réalisateurs a été un élément déterminant. Tout cela rendait le projet beaucoup plus intéressant qu’un film habituel. »

Mordre L’histoire A Belles Dents : Le Casting

Vincent Lobelle : « Il y a plus d’une dizaine de personnages principaux que l’on croise, que l’on suit et qui tous, font avancer l’intrigue. Nous avons veillé à laisser à chacun la place d’exister et d’agir. Il fallait leur assurer leur propre terrain et leur donner une typologie, un caractère particulier. »

Des Têtes A Faire Peur De Rire : Les Maquillages

Pierre-olivier Persin, créateur des effets spéciaux de maquillage, confie : « Il y a très peu de films de genre en France. C’est la première fois, en treize ans de supervision, que l’on m’en propose un. Il y avait un enjeu absolu de plaisir, et un nombre impressionnant d’acteurs, principaux ou figurants, à transformer. Les personnages devaient par moments être comiques, presque ridicules, mais il ne fallait jamais trahir leur côté létal, dangereux. Cet équilibre nécessitait un vrai design, même si ce mot peut paraître prétentieux. Avec les réalisateurs, on a travaillé là-dessus en établissant une sorte de bible visuelle de ce que nous voulions obtenir pour l’apparence des vampires. » Pierre-olivier Persin ajoute : « Il y a différents types de vampires dans le film. Certains maquillages sont réalisés sur mesure et recouvrent les comédiens principaux du buste au sommet de la tête - Stéphane Freiss et Tchéky Karyo en particulier. Il s’agit de prothèses qui demandent une très grosse préparation et une séance de pose qui peut durer cinq heures. Tous nos maquillages ont pour base un gel de silicone, matière encore très peu usitée en France, plus difficile à utiliser que d’autres matériaux mais qui donne un effet plus réaliste visuellement. Quand vous avez un comédien comme Tchéky Karyo, vous ne devez pas le noyer sous le maquillage au risque de nuire à sa finesse de jeu. Les réalisateurs demandaient à leurs comédiens de jouer au premier degré et les maquillages devaient eux aussi être au premier degré. Par moments, nous devions équiper jusqu’à vingt-cinq vampires et nous sommes même montés à soixante pour une des séquences. »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 233 entrées
  • 1er jour IDF : 2 122 entrées
  • 1ère semaine IDF : 12 857 entrées
  • Cumul IDF : 19 816 entrées

  • 1ère semaine France : 54 229 entrées
  • Cumul France : 77 997 entrées