Notes de Prod. : Les enragés

    en DVD le 02 Juillet 2008

Interview de Zoran Drvenkar et Gregor Tessnow

Comment vous est venue l’idée de Knallhart et en quoi est-elle liée à votre expérience personnelle ?
Gregor Tessnow : Comme Polischka, j’ai grandi à Zehlendorf dans les années 80. J’ai appris à devenir maçon dès l’âge de 15 ans : j’étais très feignant et me suis fait virer de l’école très rapidement. Je me suis donc retrouvé en apprentissage. Mais je suis parti avec l’idée de revenir à l’école plus tard pour devenir ingénieur. C’était la première fois que je quittais vraiment Zehlendorf. Le milieu du bâtiment était tout à fait nouveau pour moi. Tout à coup, je voyais ces gars aux cheveux longs, il y avait 3 ou 4 alcooliques dans ma classe, certains avaient déjà été en prison, ce qui ne me posait aucun problème. Sauf que je remarquais qu’il y avait une sorte de "mentalité de victime". Si quelqu’un sentait que tu te comportais en victime, tu étais très rapidement isolé. Je me suis alors demandé comment me comporter – si on te fait chanter, est-ce que tu le dis à ta famille? Au directeur de l’école ? À la police ? Je me disais que si je le faisais, rien n’arriverait de toute façon à mes agresseurs. Ils avaient fait bien pire et pourtant ils étaient toujours libres. Je me disais que si je parlais, je me ferais encore plus battre. Ce roman est donc le fruit de mes réflexions sur ce qu'il faut faire dans ce type de situation. Il s’est écrit tout seul ! Polischka se laisse porter tout au long du roman. Tout au long de la rivière, pour utiliser une image, il y a des choix à faire ou ne pas faire. De temps en temps il les fait, d’autres fois non. Chaque décision qu’il prend le fait avancer un peu plus jusqu’à ce qu’il arrive à une chute d’eau où là il ne peut plus reculer.

Quelle est votre expérience de la violence?
Gregor Tessnow : La dernière fois que je me suis battu, j’avais 7, 8 ou 9 ans, et je n’ai jamais connu la vraie violence. Quand j’étais chauffeur de taxi, j’ai aperçu peut-être deux scènes d’une extrême violence...
Zoran Drvenkar : Des intellectuels sont venus me voir à Munich et m’ont dit qu’une telle violence n’était pas réaliste. Mais ce n’est pas le problème ! Tu vois ces jeunes et tu sais de quoi ils sont capables. Ce n’est plus comme autrefois. Autrefois ils se seraient tapés dessus. Mais les choses ont changé. Tu vois à quelle vitesse la violence peut surgir quand ils sont en groupe.
Gregor Tessnow : J’avais une amie qui travaillait au service social du tribunal pour enfants de Spandau (quartier de Berlin). Elle m’a raconté plusieurs histoires de jeunes de 13/14 ans qui avaient déjà commis de graves crimes. Pas une fois comme ça, mais 20 à 25 fois !
Ou bien qui avaient été accusés de tentative de viol à 13 ou 14 ans. Le job de mon amie était de les défendre et d’essayer de les remettre dans le droit chemin.

Quel type de recherches avez-vous fait ? Notamment sur la mafia de la drogue ?

Gregor Tessnow : J’ai rencontré plusieurs dealers. Puis tu as tendance à embellir un peu ce qu’ils te racontent. Je suis fasciné par les mondes parallèles. Si tu es sur la place Winterfeld à Berlin, tu vois tous ces beaux magasins et ces jolis petits cafés. Et puis tu fais 200 mètres vers la place suivante et tout devient affreux, tu ne vois plus que des junkies partout. Ces deux mondes ne pourraient pas être plus opposés.

Interview de Detlev Buck

Avant de réaliser ce film sur la condition actuelle des adolescents dans les quartiers pauvres de Berlin, cet acteur, scénariste et réalisateur a fait beaucoup de recherches, fréquenté les écoles, les rues et les lieux de rencontre des jeunes... Son film est une adaptation du roman éponyme "Knallhart".
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 1 316 entrées
  • Cumul IDF : 1 316 entrées

  • 1ère semaine France : 3 237 entrées
  • Cumul France : 3 237 entrées