De l’univers enchanté de
Le Petite Princesse aux sortilèges et potions magiques d’
Harry Potter Et Le Prisonnier D'Azkaban, de l’élégante transposition moderne des
De Grandes Esperances à l’humour mordant de
Et Meme Ta Mere !, aucune histoire ne semble hors de portée d’
Alfonso Cuaron.
Ces films portent l’empreinte d’un réalisateur surdoué, mettant au service de la fiction tous les outils du langage cinématographique, et chacun nous dévoile un peu plus de sa personnalité.
Le Tournage
Ayant apprécié la qualité des équipes anglaises durant le tournage de
Harry Potter Et Le Prisonnier D'Azkaban,
Alfonso Cuaron était décidé à tourner
Les Fils De L’homme en Angleterre. Les producteurs avaient d’ailleurs promis très tôt à P.D. James que le film préserverait son contexte britannique (…). Cuaron choisit de tourner la majeure partie du film en plans-séquence, à travers le regard de Theo. Utilisant à cette fin de longues focales et une caméra portée, « fouineuse » et extrêmement mobile, il s’imposa à l’ensemble de l’équipe une chorégraphie très complexe, au service d’une esthétique quasi documentaire.
Pour répondre aux demandes du réalisateur, le cadreur George Richmond travailla caméra à la main pendant seize semaines, suivant au plus près les déplacements et l’évolution morale de Theo au long de son périlleux voyage.
Les principaux extérieurs ont été réalisés à Londres (Fleet Street, The Tae Modern, Trafalgar Square…), ainsi qu’a la Résidence Jean Paul Getty, dans l’enceinte de la base RAF d’Upper Heyford et sur l’ancienne ligne ferroviaire reliant Alton et Alresford. L’Angleterre des
Fils de l’homme est une société en décomposition où cohabitent les symboles du proche passé (notre présent) et d’un monde futur militarisé. C’est une contrée dévastée, post-apocalyptique, habitée par des hommes et des femmes qui se contentent de survivre. Les décors, costumes et accessoires reflètent ces chocs temporels, sans forcer sur la note « futuriste », du seul fait que les voitures, vêtements et autres composantes de notre quotidien n’auront guère changé d’apparence d’ici vingt ans.
Les chefs décorateurs
Geoffrey Kirkland et
Jim Clay se chargèrent de créer un environnement réaliste, fourmillant de détails auxquels Cuaron était particulièrement attaché. « Tous ces éléments viennent de lui », révèle
Michael Caine. « Je l’ai vu, par exemple, consacrer dix minutes à placer derrière nous de simples cartes postales dont nous n’avions que faire, mais dont la présence contribuerait au look du film et lui paraissait donc utile. »
« Observer Alfonso sur ce tournage était une expérience fascinante, car il demandait à ses acteurs, producteurs et techniciens le maximum, et avait la vision la plus lucide et la plus exacte de ce film », complète
Hilary Shor.